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Re: Echange de maison 7/10/2013 9:06
Re: Echange de maison 27/8/2013 9:27
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 12:06
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 10:04
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 9:36
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 9:04
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 7:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 1:38
Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 0:35
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 23:15
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 22:37
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 22:35
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 21:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 21:37
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 20:43
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 20:22
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 19:52
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:45
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:16
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:02
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:20
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:18
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:14
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:09
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 14:48
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 14:10
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 13:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 12:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 12:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 11:52
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 11:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:47
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:25
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 9:11
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 9:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 8:40
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 8:36
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 7:15
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 6:44
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 4:03
Re: Promo 31/10/2008 3:03
Re: Soirée Diapo (4) Hong Kong : 13 000 bouddhas, et moi ... 31/10/2008 2:59
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 2:48
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 2:35
Ils semblent murmurer à ton oreille... 31/10/2008 0:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 30/10/2008 23:53

Musique : James Bond (1962/2003) (6)
Posté par Ron le 12/12/2019 8:10:00
Musique

1996 une excellente cuvée 007. L’embarras du choix. Et même plus encore. Pour faire court, David Arnold, un compositeur fou de Bond depuis des lustres, tente un coup de poker en enregistrant un album de reprises Bondesques « Shaken and stirred », aidé par une foule d’artistes. J'en reparlerai plus tard.

Les producteurs de Bond, alléchés par ce petit génie qui fait du Barry sans demander son salaire, l’embauchent aussi sec et le font plancher rapidement sur la BO du prochain 007 « Tomorrow never dies ». Une diva est engagée, Arnold lui écrit un thème flamboyant, sûrement le plus beau de la série depuis des décennies, et il compose sa bande originale autour de cette chanson.

KD Lang « Surrender » est, de l’avis de tous ceux qui y ont prêté une oreille, THE générique bondien par excellence. Oui mais voilà. La diva est lesbienne, et, dans le monde machiste du plus british des espions, il est hors de question de confier un générique à une femme qui se refuserait à Monsieur Kiss Kiss Bang Bang. Ecoutez "Surrender" dans l'audioblog et soyez honnêtes, qui prefere encore la version de Sheryl Crow ?

Exit KD Lang, donc, poussée en générique de fin, imposant de fait à la musique du film une tonalité totalement différente du générique officiel choisi.
Et là, il y a bagarre. Pulp écrit un thème (en écoute dans l’audioblog : Tomorrow never Lies) qui sera rejeté et c’est finalement Sheryl Crow, appâtée par un gros chèque et la pression de sa maison de disques, qui lui promet un éclairage mondial, qui s’y colle. Banco ! La chanson est un tube.

Elle écrit en cinq minutes dans sa cuisine un générique (pas mal du tout, ne boudons pas le plaisir) qu’elle ne chantera plus jamais par la suite, reniant à vie ce tube qui reste pour elle complètement secondaire dans son œuvre. Dommage, elle interprète fort bien « Tomorrow never dies » et le clip est une petite merveille.

Moby revisite avec talent le thème général, plaçant une des meilleures répliques de la série :
007: Do you expect me to talk?
Goldfinger: No, Mister Bond, I expect you to die!

Pour les fans de détails : Teri Hatcher, de Desperate Housewives, joue Paris Carver, enceinte jusqu’aux yeux, elle n’est filmée qu’au dessus de la poitrine. Refusant catégoriquement de jouer dans un film de mecs, son mari la supplia à genoux en lui disant qu'il serait le plus fier des hommes si sa femme était choisie pour être une Bond Girl. Elle accepta le rôle mais, vu son état, dut se contenter d'un petit morceau du gateau. Je vous parlais de l’importance des « love thème » dans les Bond, en voici un de premier ordre « Paris & Bond», deux petites minutes à la Barry, magnifique.


Michelle Yeoh, alliée Chinoise de Bond, aurait du avoir son propre film, spin-off de la série, qui ne s’est jamais fait, comme beaucoup de projets touchant à l’agent Anglais. Elle exécute elle-même toutes ses cascades.
Le méchant (interprété assez peu finement par Jonathan Pryce) est une caricature du magnat de la presse Rupert Murdoch.
Et les scènes du pré générique, censées se dérouler en Afghanistan, furent tournées dans les Hautes Pyrénées, avec des acteurs locaux, à Peyragudes. Un des deux seuls endroits au monde à posséder un altiport (avec Tignes), c'est-à-dire une piste d’atterrissage en pente permettant aux avions d’atterrir en pleine montagne.
Oui, j’ai des photos d’époque avec ma tête dessus, mais NON, je ne les scannerais pas !

Je m’attarde un peu plus sur ce film, un de mes préférés. Puisque la BO était encore en cours d’enregistrement alors que le disque devait être dans les rayons (chose assez courante), la première édition CD ne vit apparaître que les 2/3 de la musique. Il fallut attendre trois années supplémentaires pour savourer l’intégralité de la musique composée David Arnold et quelques morceaux de bravoure comme « Backseat driver », produit par les Properllerheads (écoutez cette fin, ce riff de guitare, ces cuivres, ces dernières mesures Jazzy, donnant à Bond toute sa suavité et son assurance animale !). L’interview d’Arnold est également dispo ici, pour les anglophiles.

BMW réussit à griller Aston Martin et imposa deux modèles pour le film, une voiture increvable (au sens propre & figuré) et une moto...qui posa d'énormes problèmes aux cascadeurs, devant réaliser avec la scène la plus dangereuse jamais filmée pour un film : une moto sautant par dessus un hélicoptère en vol. Souci de taille, l'engin refilé par la marque pesait son poids, n'était absolument pas fait pour le tout-terrain et, surtout, son look n'était pas négociable. Pas grave, la cascade se fit, en une prise, et on passa à autre chose.















Musique : James Bond (1962/2003) (5)
Posté par Ron le 9/12/2019 5:10:00
Musique

1989 marque la fin du (court) règne de Dalton dans le rôle de 007. La musique du générique, massacrée par Gladys Knight, s’oublie aussi rapidement que l’immonde BO de (feu) Michael Kamen, qui, entre deux coups de cymbales, tente d’écrire une mélodie mais échoue lamentablement. Exit « Licence to kill ».


Il faut attendre six longues années au lieu des deux habituelles pour retrouver 007, en 1995, dans un rôle repris, pour le bonheur de tous, par Pierce Brosnan. Celui-ci avait déjà signé pour le rôle en 1987 mais n’avait pu, pour des raisons contractuelles, se libérer de « Remington Steele » et avait regardé le train partir sans lui.
Jamais aimé ou soutenu par Barbara Broccoli (la productrice) pour une vague histoire de fesses qui ne regarde qu’eux, Brosnan repris le flambeau fièrement là ou Moore l’avait enseveli, une décennie plus tôt, donnant à son personnage une noirceur, une épaisseur et un aplomb incroyable. Personne ne peut en douter : Pierce Brosnan est James Bond.
Bono et The Edge, bizarrement, se chargent du générique et pondent un sous- Goldfinger, « Goldeneye » que chante une Tina Turner un peu endormie, l’effet de la Suisse où elle demeure désormais, sûrement. La fin, hommage ou simple copié collé à la Bassey, réveille un peu tout le monde mais, hélas, mille fois hélas, il faut faire avec…
Eric Serra.
Le tâcheron de Besson, qui doit coucher avec ses synthés pour y être ainsi scotché, massacre 80 % de la BO du film, passant à côté d’images superbes, d’un scénario béton et d’une réalisation de qualité (le réal reprend d’ailleurs du service pour Casino Royale, sortie fin 2006). Son thème est si mauvais qu’on demande même à un remplaçant de réécrire les scènes de poursuite. Surnagent quelques moments de grâce, ça et là (sur la plage, je vous mets le morceau "we share the same passions") coulés par le générique de fin, une horreur. Quand Serra chante, même la couche d’ozone en prend un coup. Pitié.
On note la seule James Bond Girl a avoir fait carrière depuis des lustres : Famke Jensen (Nip-Tuck, X-Men) et une scène très amusante à Monte-Carlo, où Brosnan devait conduire une Aston martin vintage, n’y arrivait pas, produisait une fumée terrible, calait sans arrêt, faisant enrager toute l’équipe.
Avant qu'un technicien ne lui fasse remarquer qu’il roulait depuis le début avec le frein à main.
Le détail qui tue : comme dans tout 007 réalisé depuis des lustres, un oiseau ou une colombe a un rôle à jouer dans le film.
Le deuxième détail qui tue : Goldeneye est également le nom de la propriété de Ian Flemming en Jamaique dans laquelle furent tournées les scènes du film précédent.

En écoute dans l'audioblog.



edit : commentaire d'un lecteur "très cher ron, savais-tu pour tes petites infos perso que ce même titre que tu dis détester "licence to kill" (que moua j'adoooore! les gouts et les couleurs...) devait etre chanté à l'origine par qqun que tu sembles adorer aussi: ce très cher Rick Asltey!!! mais les essais furent tellement mauvais qu'on l'a remplacé par miss glady knight qui en a fait aussi un tube à l'époque, tu es dur avec ce titre ! L'ingénieur du son a dit de rick qu'il ressemblait non seulement à un porcinet, mais qu'on l'entendait aussi grouindre (le cri du porc non? mdr) dans le micro !"


Sexe : Les ruptures d'Elo (1) et hop sur la voiture!
Posté par Ron le 6/12/2019 1:10:00
Sexe

Elo, son truc à elle, c'est les ruptures.
Les mecs, elle sait pas les garder, ses histoires, elles ne sont pas terribles, mais ses ruptures, ça, elle les bichonne avec affection, avec soin, car après elle les raconte aux copines, et on en rit toujours des années après.

Rupture et Vernis à Ongles

" J'ai quitté ce connard en rentrant de Bali, tellement il m'avait gonflée pendant 12 jours. T'imagines, on était dans la suite de Mick Jagger, avec vue sur l'océan Indien, à 50 000 balles la nuit, et lui il me causait de son ex. Qu'elle était extraordinaire, bien foutue, drôle, sympa, une bombe... et qu'il me trouvait nulle et grosse à côté d'elle... 12 jours à entendre ça...
J'ai fait une petite déprime. Puis je me suis révoltée. Mentalement.
Non, mais ça va pas lui, dans sa petite tête de macho de merde !
Bref, on rentre à Paris et je le largue, ce naze avait réussi à me gâcher 12 jours paradisiaques.
Un soir, un peu torchée, avec des copines, je ruminais ma colère et je propose une action vengeresse sur sa voiture. Je me torture la tête pour trouver une saloperie choc à commettre et je trouve ça :

- Hey les filles! On va aller écrire en énorme UCOC sur son pare-brise à la peinture, comme ça, quand il partira bosser demain matin, tout le monde verra dans son rétro ce qu'il est vraiment, un peu comme le Samu ou une ambulance.

Tout le monde éclate de rire.
Mais va trouver de la peinture à deux heures du mat un samedi soir. Il n'y a que les pharmacies d'ouvertes à cette heure. Ma copine Farah me propose d'aller à tour de rôle, toutes les 5, dans une pharmacie de garde et d'acheter chacune 10 vernis à ongles, pour qu'il y en ait assez. Idée adoptée, nous voilà parties pour une pharmacie de garde dans le 16ème.
Le type, jeune, nous voit entrer à tour de rôle, plutôt circonspect, et regarde notre petit manège.
Au bout du 20ème vernis à ongle vendu, il me demande
- Mais c'est pour de la drogue, votre truc ?
- Non, c'est... c'est pour une vengeance de fille (je rougis)
- Ah, une vengeance! (Il éclate de rire)...Mais vous allez pas aller loin avec ça, mon chou. Attendez...
Il se retourne vers son collègue dans l'arrière-boutique
- Jean Pierre ? On a du permanganate de potassium ? Et du chlorure de benzine ? (je change volontairement les noms)... oui. Ah, parfait.
- C'est quoi? (Je commençais à halluciner grave que le type veuille m'aider)
- C'est un petit mélange fort sympathique que vous allez devoir répandre sur la voiture et qui laissera un souvenir impérissable au Monsieur. Bonne chance!

Et nous voilà, toutes les 5, planquées sur le trottoir, dans une rue déserte, nos lunettes noires pour ne pas êtres reconnues (à 3h du matin... mais on étaient saoules, aussi, hein), Farah et moi faisons le mélange, et nous déversons sur le rétroviseur une demi bouteille du truc.
PSCHIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIT
Fumée incroyable, le rétro commence à se tordre et à puer horriblement... J'en mets alors sur les essuie-glaces, puis sur la capote de la voiture... Odeur d'enfer, le plastique se tord dans tous les sens. Caro prend même des photos de nous en train de le faire, on est fières et hilares... (j'ai honte) Tant bien que mal, j'arrive à tracer les lettres UCOC sur le verre du pare-brise, et nous nous enfuyons dans la brume du petit matin, nous retenant de nous pisser dessus de rire.

L'année dernière, je le recroise au réveillon d'une amie commune, et on en vient à parler voiture.
Il me raconte, sans ciller, qu'il a pété la gueule à un ennemi du bureau le lendemain de mon forfait, car il était sûr que c'était lui...
Je lui demande pourquoi il était sûr.
- Oh ben, j'avais couché avec sa femme lors d'une de ses absences et il l'avait toujours mal pris, il avait même essayé de me griller au bureau. Il a rien voulu reconnaître pour la voiture ce connard, et il m'a quand même pété deux dents dans la bagarre, et ça m'a coûté 20 000 balles de bridge, pour les faire refaire.

Je me suis fait toute petite et j'ai bu mon champagne en savourant le coup de poing qu'il n'a jamais eu mais qu'un autre lui a mis."


Vie Quotidienne : Le petit chat est mort
Posté par Ron le 5/12/2019 5:50:00
Vie Quotidienne

Je me suis juré de ne plus jamais avoir de chat à la maison à la mort du dernier. Nous en avions eu deux, le premier ayant été écrasé par la nationale, assez rapidement après sa venue, très rapidement même puisque je ne me souviens plus de son nom. Le second nous a fait seize ans, ce qui est un âge plus que respectable pour un chat.

Il fut attrapé un soir par une voiture, en traversant la nationale, et je me souviens du cri de ma mère, lorsqu’elle vit le reflet de ses pupilles, dans l’herbe, de la fenêtre qui donnait sur le jardin. Le chat s’était traîné, le train arrière brisé, péniblement, sur quelques mètres, pour s’approcher de la maison. Le vétérinaire l’opéra, on lui mit une attelle et par-dessus un bandage, qui sentit assez vite l’urine. Le chat boitait de l’arrière train mais oublia son handicap et sautilla comme si de rien n’était pendant quelques semaines, nous suivant du bord de la piscine à la table du déjeuner. Il s’allongeait généralement dessous pendant le repas, entre nos pieds, risquant à chaque instant de se prendre un involontaire coup d’espadrille. Cela ne l’effrayait pas. Je pense qu’il comprit le danger de la route après cet accrochage et que nous pûmes ainsi savourer sa présence une décennie supplémentaire.

Trois ans avant sa mort, il se fit prendre la patte arrière, de nouveau, dans un piège à renard ou à ragondin, en chassant la musaraigne dans un champ de maïs. Il tira de toutes ses forces pour arriver à s’extraire du piège et finit par s’arracher la partie de la patte en dessous de son « genou », qui resta, elle, dans le piège.

En claudiquant, et en pissant son sang comme si de rien n’était, il vint se réfugier sous le lit de ma mère, arrosant généreusement la moquette jaune qu’il aurait fallu de toute façon changer depuis bien longtemps. On prit la vieille voiture, et en roulant vite, on arriva juste avant la fermeture du cabinet. Le vétérinaire ne réfléchit pas bien longtemps. Soitte on le piquait et on n’en parlait plus.
Soitte on l’envoyait dans une clinique chirurgicale près de Bordeaux pour amputer la patte. L’opération coûtait une fortune mais nous garantissait de retrouver l’animal vivant, après deux semaines d’hospitalisation.
Je ne sais qui accepta (ou capitula) en maugréant, signant le premier chèque, sûrement ma mère, mon père ayant toujours refusé assez lâchement de prendre ce genre de décisions bien que la bestiole passait le plus clair de leur temps, en journée, entre ses jambes ou sur lui, lorsqu’il lisait son journal.

L’animal, de retour, assez fragilisé, me sembla plutôt laid, sur ses trois jambes. Le chirurgien avait coupé net à la hanche et le poil mit des semaines à repousser pour couvrir l’affreuse cicatrice. Le chat se lécha longuement, nous obligeant à payer une infirmière pour nettoyer la plaie qu’il entretenait un peu plus chaque jour, à grands coups de langue râpeuse et infectée. Finalement, un matin, il n’y parut plus et Bouchon reprit sa course dans le jardin, sur trois pattes. Il était laid à regarder mais c’était toujours notre animal, alors nous l’aimions quand même. J’évitais cependant soigneusement de passer ma main sur son coté amputé lorsque je le caressais pour ne pas ressentir un accès désagréable de chair de poule dans tout mon être, tant je trouvais cette opération sordide et somme toute assez égoïste : il fallait être un humain pour penser qu’un félin vivrait heureux sur trois pattes, en vieillissant.

Les années passèrent et il eut de l’arthrose. La douleur le paralysait de plus en plus et il ne put monter, un jour, sur le canapé. Il fallu alors, à chaque fois qu’il miaulait, et il miaulait souvent, que quelqu’un vienne le prendre dans ses bras pour le poser délicatement sur le fauteuil club en vieux cuir noir qu’il avait annexé d’autorité. Il se pissait dessus de plus en plus, avait du mal à finir ses repas et, un jour, en tremblant de tout son être, ma mère (à qui il faut reconnaître un courage certain) l’emmena chez le vétérinaire pour le faire piquer.

J’habitais alors en Alsace (ou ailleurs, je ne sais plus, mais du moins suffisamment éloigné pour ne venir plus que quelques fois dans l’an, au prix fort, toujours, ceux qui utilisent Air France régulièrement pour traverser l’hexagone de part en part sans passer par Paris sauront de quoi je parle) et alors que je posais ma valise dans l’entrée, me plaignant comme à l’accoutumée du froid qu’il régnait dans la maison (car on oublie toujours à habiter en appartement la différence de température sidérante qui sépare la maison de campagne du T3 citadin), je remarquais l’assiette vide du chat, posée sur le rebord de l’évier. Je m’agaçais aussitôt (comme on peut le faire avec ses parents) :
- Oh, mais il mange sur la table ou l’évier, désormais ? C’est vraiment n’importe quoi !
- Non, mais tu sais bien… Voyons… Il est mort…
- Hein ? Mais quand ?
- L’autre jour, je te l’ai dit… (et la voix de ma mère se brisa quelque peu, je me mis à éviter ses yeux)… Tu ne m’écoutes jamais quand je te parle.

Personne n’avait pu se résoudre à jeter la vieille assiette en plastique Titi & Grosminet dans laquelle le chat avait mangé pendant seize années. Une assiette que j’oubliai totalement jusqu’à l’an passé, alors que je dus, mandaté par mes parents, aller rencontrer les Italiens à qui ils avaient échangé le domicile, prenant le leur près de Vérone, Italiens qui ne savaient comment éteindre le nettoyeur de la piscine qui tournait sans arrêt et dont le bruit commençait à rendre nerveux tout le voisinage.

En garant ma voiture dans l’allée, je vis la famille déjeuner à l’endroit même où nous déjeunions tous, pendant mon enfance et mon adolescence et, pendant un instant, je me plus à croire que j’étais tombé dans un monde parallèle où mes souvenirs de cette maison n’avaient jamais existé, comme si ma vie et celle de mes parents n’était tout au plus que la vague réminiscence d’un roman lu et oublié à moitié. Chassant cette pensée, je m’imaginais alors vieux, très vieux, revenant dans la maison de mon enfance et y trouvant un couple, des enfants, toujours les mêmes arbres, et la même table au même endroit pour profiter de l’ombre, et cette allée, et ces gravillons.

L’Italien m’adressa la parole :
- Vous êtes le fils de Madame Weasley ? Je suis heureux de vous voir, nous n’arrivons pas à éteindre cet aspirateur de piscine…

Alors que je saluais sa femme, mon regard tomba sur l’assiette dans laquelle leur plus jeune enfant mangeait sa salade de tomates arrosée d’huile d’olive. J’eus un instant l’envie de parler, puis une bouffée d’émotion m’assaillit.

Titi & Grosminet. Personne n’avait voulu jeter le dernier souvenir de notre chat et, sans des étrangers chez nous, personne n’aurait jamais osé se servir de l’assiette à nouveau. J’avais alors pleuré dans la voiture, en rentrant chez moi, pleuré toutes les larmes que je n’avais pas pu verser deux ans plus tôt. Je ne sais pas qui disait que la mort d’un animal est plus pénible encore que celle d’un homme, car on ne se dispute jamais avec un animal, car un animal ne vous trahit jamais, car un animal ne vous ment jamais. Je ne veux plus de bestiole dans ma vie car j’ai déjà donné tout l’amour que je pouvais à celui qui n’est plus.


Musique : James Bond (1962/2003) (4)
Posté par Ron le 3/12/2019 6:30:00
Musique

1987 est une année intéressante pour l’agent le plus connu de sa majesté. Timothy Dalton reprend le rôle, avec une noirceur et un sérieux plus vu depuis 1969, le scénario de « Tuer n’est pas jouer » recèle des trésors d’audace et d’invention pour l’époque. Quelques cascades marquent les esprits (l’Aston martin sur le lac gelé, le combat accroché à un sac au cul de l’avion à 10000m d’altitude) et la musique de Barry, explosive, sensuelle, sublime, magnifie des images léchées et cadrées avec amour par un John Glenn au sommet de son art.

Seul bémol, et de taille, Barry ne peut pas blairer les trois merdeux de A-Ha, groupe pour teenagers en tête des charts depuis quelques mois, très désireux de passer dans la cour des grands en écrivant le meilleur thème de tous les temps. Il ne faut pas sous-estimer les talents d’écriture de Paul Waaktaar-Savoy qui composa de superbes morceaux pour le groupe pendant plus de quinze ans, pondant ça et là des titres que ne renieraient pas un Coldplay (surtout en ce moment) comme "Summer Moved On".

Paul proposa deux titres à Barry, qui, traditionnellement, construisait sa BO autour de la chanson phare. Le premier fut « The blood that moves the body » et le second « The Living daylights ». Les séances d’enregistrement furent tellement houleuses que Barry claqua la porte plusieurs fois du studio, furieux d’être traité sans égard par un groupe de jeunes qui ne connaissaient rien à la musique, selon lui.

Demandant de l’aide auprès de la production (et créant de fait la « jurisprudence Barry ») il obtint des producteurs qu’un second groupe phare, les Pretenders, compose également une chanson pour le film, chanson qui, même si elle fut reléguée au générique de fin, obtint largement l’aval de Barry qui s’en empara pour ses thématiques. Barry compose souvent des « love thème » pour ses films, morceaux désignant les moments tendres entre 007 et sa douce (de la soirée), ses love thèmes constituant un ensemble de morceaux dignes à eux seuls d’une écoute attentive…ca viendra. Exemple ici avec "Kara meets Bond", une superbe version au hautbois(?) du morceau des Pretenders.

Les Pretenders, à qui on avait promis la lune, obtinrent, en dernière minute, qu’une seconde chanson (du jamais vu !) « Where has everybody gone » soit incorporée au film, ce qui constitua un casse-tête redoutable pour les scénaristes. Le problème fut résolu simplement : le tueur écoute la chanson sur son walkman et se sert du casque pour étrangler les gens. Cool.

Je reste partagé entre ces deux excellents titres. Pour la première fois, je mets donc les deux en écoute dans l’audioblog. Celle des Pretenders mérite sa place dans le top 10 des grandes chansons de 007.
Et l’ouverture du film « Excercice à Gibraltar » est LE meilleur pré-générique de Bond jamais écrit. Brillant.Je l’affirme.
En écoute, pour la peine. Faites vous votre propre idée : 6.22 mn de bonheur. 1987, John Barry, « The Living Daylights ».













Musique : James Bond 1962/2003 (3)
Posté par Ron le 29/11/2019 13:30:00
Musique

1981 : Sheena Easton, sur une musique de Bill Conti et des paroles de Michael Leeson, interprète « For your eyes only », une ballade très vite oubliable, assez nunuche. Elle demeure à ce jour la seule chanteuse à avoir son visage dans le générique, en gros plan, scènes qu’elle raconte avec humour dans le Making-Of du film. « Je devais rester des heures, immobiles, mes lèvres arrondies, peinturlurées d’un rouge que Maurice (Binder) ne trouvait jamais assez vif, la bouche en cul de poule, nue et frigorifiée sous un vison blanc. »
Maurice Binder a mis en scène pendant plus de vingt ans les génériques des Bond, souvent à la dernière minute, de façon très personnelle, donnant à chaque film une couleur et un ton précis, parsemant d’indices pour les spectateurs la teneur du show que nous allions découvrir. Sa mort fut un problème pour l’équipe Wilson-Broccoli (gendre et fille de Cubby, le producteur légendaire) qui trouvèrent alors un autre artiste, doué…en copié collé. Je ne cite pas son nom, j’aime les hommages mais pas les faussaires. Carole Bouquet, sortant du tournage d’un Bunuel, fut très surprise par son premier film Hollywoodien mais ne le renia pas. Son accent eut-il été meilleur que sa carrière aurait pris un autre tournant (je rate ma concordance des temps, là non ?) Hélas, elle est doublée, et assez mal.
Sa composition est sculpturale, tragique (elle joue une Electre orpheline, motivée par la vengeance) et détonne sacrément avec un Roger Moore privé de ses blagues habituelles et qui se permet, enfin, un moment de noirceur…Il dégomme, de sang froid, un tueur et n’en revient pas lui-même. Et oui, James Bond est une brute épaisse, et non un playboy en smoking passant du Casino au lit des blondes. Dans les romans, 007 n’est qu’un fonctionnaire gagnant mal sa vie (d’où le casino pour arrondir les fins de mois), qui a économisé un peu après la guerre pour se payer péniblement sa petite (mais puissante) voiture. Il séduit une femme par livre et c’est déjà bien assez.

1983, c’est le grand retour de Maud Adams en Octopussy (titre impossible à chanter pour de vulgaires raisons que je ne traduirais pas !) malgré sa mort en 1974 dans « L’Homme au pistolet d’or ». Un français fait le méchant (après Michael Lonsdale), un Indien irascible et joueur de dés. Louis Jourdan, paisible pépère fait donc face à Roger Moore, paisible pépère également, et même la musique de Barry semble s’ennuyer ferme. Tim Rice (LE Tim Rice de Broadway) écrit les paroles d’une sombre merdouille chantée par (mondieucéki ?) Rita Coolidge, « All Time High », mais la chanson plait et monte dans les charts, laissant sa trace dans le langage commun. A noter un très beau moment de tension dans le film, le seul, lorsque Bond, grimé en clown, tente désespérément de stopper une bombe dont le compte à rebours s’arrête sur…007 secondes ? Non, pas ça, il nous l’a déjà fait. Vous verrez bien quand ça repassera à la télé, au moins une fois par an. C’est très tendu à regarder, excellente scène.


Ah ! Du sérieux, en 1985, et une très forte collaboration entre Duran Duran et John Barry, pour le hit mondial « A view to a kill ». En français « Dangereusement votre », le dernier film de Moore (pas trop tôt) qui est doublé dans toutes les scènes un peu secouantes, et il y en a, dans un Bond. Un jeu assez amusant est de compter les plans sans sa doublure, ce qui réduit le temps de Roger à quelques minutes pour tout le film ! J’exagère à peine.
John Barry fut enchanté de collaborer avec Simon Le Bon et composa une excellente BO, toute en plein et en délié, en osmose totale avec l’histoire déchantée et un peu romantique de ce Bond « fin de règne ». J’aime énormément les scènes avec Patrick McNee (chapeau melon et bottes de cuir) qui meurt assez vite, tué par la tigresse Grace Jones, à peine remise de son saut en parachute de la Tour Eiffel.
Pour la petite histoire, le saut fut parfait dès la première prise mais le second cascadeur restant sur sa faim décida d’aller sauter aussi, sans autorisation, au petit matin. Il s’élança, apprécia la descente de sa vie et fut cueilli sans ménagement par des flics excédés et une préfecture de police outrée. Le film fut à deux doigts de s’arrêter et le (légendaire) cascadeur appris amèrement ce que lui avait coûté sa petite séance privée : le plateau des 007 lui serait dorénavant fermé à jamais. Ce qui, dans ce métier, constitue la pire des punitions, la saga Bond étant la seule à fournir des cascades filmés jamais encore vues, une aubaine pour des professionnels qui travaillent dessus. Le clip du générique est tourné dans Paris, sur la Tour Eiffel, entre autres, et la chanson reste à ce jour un des standards du groupe qui ne peut faire un concert sans la jouer.
Et c’est aussi la dernière apparition de Maud Adams, regardez bien le tramway, à San Francisco, dans la foule…Trois 007 pour une seule femme, record battu et inégalé !


Musique : James Bond 1962/2007(2)
Posté par Ron le 23/11/2019 14:40:00
Musique

1977
On doit patienter trois années pour enfin découvrir le générique suivant, mais l’attente valait largement la peine. Carly Simon transcende les trois minutes de « nobody does it better », 1977, pour en faire un classique, instantané. C’est le générique parfait par excellence, orchestrations, voix, arrangements, mélodie. La chanson rate l’oscar de peu (c’est « You light up my life qui l’emporte ») mais devient dans la cœur des fans et le cœur du public un « gold » qui supporte encore et toujours les écoutes répétées, la phrase passant même dans le langage courant. Le film, heureusement, vaut le détour, même s’il demeure un copié collé de « You only live twice », même histoire, même ressort. Roger Moore, dans son meilleur film, fait alliance avec la femme de Ringo Starr, la bandante Barbara Bach, une russe éperdue de vengeance (ce salaud de James a tué son mari, faut la comprendre, elle est "colère" !) pour déjouer les plans du méchant de service, dans son repaire du fond de l’océan. Le vilain « Jaws » (Requin) et ses mâchoires de fer fait sa première apparition.

1979, James Bond part dans l’espace, oui madame, dans le vrai espace, à bord d’une navette Columbia euh « Moonraker » comme ils l’appellent dans le film. Obsédé par le succès de Star Wars, le producteur décide de faire le 007 le plus cher de la série et envoie l’espion valser à Venise, à Rio, au Brésil, en Californie et, bien sûr, en apesanteur, entre la lune et la terre. Portée par des paroles de Hal David, Shirley Bassey, pour son troisième thème (et son dernier à ce jour) envoûte l’auditeur, qui est déjà raide dingue de la BO, une des meilleures de John Barry, vraiment. Si vous ne deviez en posséder que trois, avec celle de « Out Of Africa » et « Dance with wolves », Moonraker serait celle-là. Le film est mauvais ou irrésistible au quarantième degré, selon votre état et votre fatigue. Une des plus belles Bond Girls à ce jour, le Docteur Goodhead, la sublime Lois Chiles, et, c’est rare, une version française largement supérieure à l’originale. Ecoutez les échanges entre Moore et Chiles, les doubleurs ont vraiment fait un travail extraordinaire.
Pour les fans de détail…Le centre Beaubourg, dernier étage, juste après le café, a servi de décor au cabinet du Dr Goodhead. Et George Beller a deux répliques. Presque autant que Jean-Pierre Castaldi, en garde du corps du méchant, combinaison spatiale jaune. Si, si.
Une version disco est dispo sur le cédé, mais je préfère la calme.
Lois Chiles, premier émoi sexuel à l'époque :



24 heures : déces
Posté par Ron le 31/10/2019 8:00:00

embrouilles vols magouilles pompes funèbres escroc charlatan larmes interdites c'est dur
cancer de l'oeil enfant


Paul McCartney : 35 ans de musique (1)
Posté par Ron le 20/6/2014 21:20:00
Paul McCartney

Trente billets pour évoquer 35 ans de carrière solo. Voici mon petit plaisir qui débute aujourd’hui, celui de raconter l’histoire d’un homme, qui, entre 1970 et 2006, aura marqué son temps, ses pairs et son public.
Paul McCartney.
Vision subjective d’un fan.





En 1969, Paul McCartney (que je vais appeler Macca désormais pour éviter de me fader son nom à écrire toutes les cinq lignes) quitte les Beatles, de son propre chef, épuisé par des mois de querelles financières autour d’un empire éclaté (Apple, leur maison de disque) et lassé de devoir porter seul un fardeau bien trop lourd pour lui, le défunt groupe le plus génial de la galaxie. Il veut continuer, explique son amertume et le poids de la tâche dans « Carry that Weight », morceau du dernier album des Beatles.
Las ! John fait de l’avant-garde, Ringo s’essaie au cinéma (avec Peter Sellers) ou aux reprises de jazz (avec succès, qui plus est) et George s’enferme dans de longues sessions nocturnes avec ses potes (Billy Preston, Eric Clapton) qui vont déboucher l’année suivante sur un triple album mythique.

Paul tente de sauver le groupe puis renonce et met cap au nord, dans sa fermette d’Ecosse, accompagné de Linda, sa récente épousée et de la fille de cette dernière, Heather. Là, dans une ruine sans eau courante, sans électricité, il compose à la lueur des bougies et se délecte de ses premiers moments de solitude et d’amour depuis des siècles.

Chaque instant passé loin d’un monde qui l’adule le conforte dans son choix, il veut désormais être seul, il veut désormais composer pour lui, il veut chanter pour lui et surtout, surtout, il ne veut plus se battre et tenir à bout de bras le passé : exit les Beatles.

L’album est enregistré dans une pièce de la bicoque, sur un magnéto 4 ou 8 pistes, alimenté par un groupe électrogène. Linda ou Heather entrent et sortent dans la pièce au grè de leurs occupations. On les entend parfois en fond sonore sur certaines pistes.
Paul enregistre seul tous les morceaux et joue de chaque instrument, appellant Linda à la rescousse pour les chœurs.

Quelques titres émergent néanmoins du passé, comme Junk, composé en 1968 lors du séjour en Inde des Beatles (Lennon fera de même en 1980, exhumant Child of Nature* de ses mêmes sessions pour le transformer en Jealous Guy), comme Teddy Boy, pénible chanson dont les autres ne voulaient pas (à juste titre) sur l’album « Let It Be ».

Un morceau m’éblouit par sa simplicité, « The Lovely Linda », petite ritournelle d’amour jouée à la guitare et qui finit sur un éclat de rire. Mais tout l'album n'est qu'une longue et douce chanson d'amour pour celle qui vient de transformer sa vie, sa Linda. Si la plupart des titres sonnent comme des démos, il en ressort néanmoins comme une douce et plaisante promenade au pays d'un type simple, amoureux de sa blonde, lui composant ses petites musiques, presque pour eux deux.
Un seul morceau (instrumental) résume son mal-être : "Kreen Akrore"

Le plus grand moment de l’album reste bien sûr « Maybe I’m Amazed *», tube imparable. Joué systématiquement par Paul depuis 1972 dans tous ses concerts, à toutes ses tournées, il marque son entrée dans l’âge adulte, celui de la solitude de l’artiste, celui de la carrière solo qui commence, solo devant la scène, solo devant les critiques, solo devant son public qu’il ne connaît pas vraiment, habitué à entendre hurler son nom depuis plus 8 ans.

Paul est nu et il le chante, « he doesn’t really understand » et il a besoin d’amour pour comprendre ce qui lui arrive.

Il ne le sait pas, mais le succès va être énorme, pas tout de suite, mais énorme. Dépassant même celui des Beatles.
Dans 6 ans, il remplira les stades Américains. Mais pour le moment, il n’est plus personne, il n’a plus d’argent (un comble pour un Beatles) et il sort son premier disque.

La presse l’attend au tournant. Pour la contrer, il met dans chaque copie une déclaration officielle, faite de questions réponses « Pourquoi je quitte les Beatles ». Il est le premier à l’annoncer, la presse mondiale le titre à la une le lendemain, le monde est sous le choc, c’est la fin des années 60.

Artist: Paul McCartney
Title: McCartney
Orignal Release: April 1970
Reissue: 1993
Label: Parlophone
Catalog #: CDP 7 89239 2
Producer: Paul McCartney

Note 6/10

Pour écouter des extraits de l’album, c’est par ici.

Les + de Ron :

*Maybe I’m Amazed
*Maybe I’m Amazed (Live 1979 inédit)
*Child Of Nature (Demo Beatles 1968/ Jealous Guy)

Les fichiers sont en ligne 10 jours.
Achetez l’album ici :


Blogs : Désormais, c'est par là...
Posté par La Marmotte le 1/11/2008 18:00:00
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Il faut mettre à jours vos agrégateurs, vos liens et Dieu sait quoi car on se donne désormais rendez-vous soit ici:

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