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Re: Echange de maison 27/8/2013 9:27
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 12:06
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 10:04
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 9:36
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 9:04
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 7:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 1:38
Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 0:35
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 23:15
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 22:37
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 22:35
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 21:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 21:37
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 20:43
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 20:22
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 19:52
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:45
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:16
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:02
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:20
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:18
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:14
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:09
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:05
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Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 12:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 12:08
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Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 9:11
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 9:05
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Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 8:36
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Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 4:03
Re: Promo 31/10/2008 3:03
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Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 2:48
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 2:35
Ils semblent murmurer à ton oreille... 31/10/2008 0:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 30/10/2008 23:53

Italia Vostra : L’Italie by Samantha Déi
Posté par Ron le 4/7/2006 14:00:00
Italia Vostra

Un texte de Samantdi


Quand je suis en Italie, les gens me prennent pour une fille du coin, sous prétexte que je parle avec les mains et que j’ai la tête qui va avec.

Pourtant je hais ce pays de comédiens et de frimeurs. Les types en vespa m’insupportent, en particulier ceux qui portent des lunettes noires à branches droites. Je n’aime pas davantage les séminaristes vaticans et par respect pour les Saintes Ecritures, je ne dirai rien du déguisement des Suisses chargés de la garde rapprochée du pape.

Quand on me propose de passer des vacances en Italie, je dis « non merci, j’ai déjà donné ! » et je raconte comment, à cause de Luigi, je me suis fâchée avec mes amis parisiens.

Ceci se passait en des temps très anciens : je fréquentais des parisiens désinvoltes et légers. Ils lançaient la mode et connaissaient assez de monde pour remplir les villas XIXème que leurs parents possédaient sur les hauteurs de Marly. A certains, il fallait leur comptant de poudre dans le nez et nombre d’amuseurs divertissants. J’en étais, au titre de cousine de province à la langue acérée et à l’accent odorant. Je les regardais avec des yeux d’affamée qui n’a jamais rien vu, j’étais prompte à transformer en anecdotes dont ils s’amusaient leurs turpitudes et leurs mesquineries. Le cercle était clos et roulait sur lui-même comme une barrique de vin. Dorothée, sourire carnassier et poitrine généreuse, couchait avec Yann, le cousin de Sonia tout en préférant Astrid, laquelle brillait de mille feux en tant que maîtresse des lieux. Par capillarité familiale, elle fréquentait Brad, un acteur à la mode et Frédérique, son ex, une fille à la taille fine qui se réveillait au Fringanor.

J’avais connu ce groupe très en vue par l’intermédiaire de Léonard, un copain de fac qui cumulait les particularités d’être homo, timide et fils de gendarme. Peut-être pour ces raisons, il entretenait une liaison avec un petit rebeu voleur de voitures.

Dorothée, elle, fréquentait un désigner romain nommé Luigi. Elle disait que le membre de Luigi était plus long que le nez de Pinoccio et qu’il savait s’en servir. L’histoire dura quelques mois, le temps d’alimenter les conversations. Le designer vint à Paris et sa munificence éblouit le gotha marlychois. Il portait des rouflaquettes et offrit à Dorothée une bague de chez Cartier. Elle rit de sa demande en mariage et le renvoya à ses fourneaux : il était collant.

A quelques temps de là, la tribu décida d’aller passer quelques jours en Italie, à l’invitation d’amis artistes qui vivaient en communauté dans une ferme toscane. Bien sûr, je fus de la partie, d’autant plus que l’on avait besoin d’un véhicule en état de faire la route et de sa conductrice, le Parisien étant, c’est bien connu, inapte à prendre le volant.

Dorothée décida de venir, quitte à briser le cœur du malheureux romain, qui, disait-elle, ne se remettait pas de leur rupture et hantait la ferme toscane.

Après des heures de route et mille incidents qui me firent pressentir un séjour houleux, nous arrivâmes fourbus et affamés dans une jolie maison au milieu des collines. Nous y passâmes quelques jours fort agréables, rythmés par la préparation de la pasta et de fréquentes visites à Florence. Giuseppe et Faustine se montrèrent des hôtes attentionnés et joyeux. Mes craintes se dissipèrent dans les vapeurs du Chianti et du Martini.

Au matin du sixième jour, Faustine nous annonça que nous étions conviés le lendemain à une grande fête chez un artiste conceptuel. Cet artiste réalisait des « jardins déambulateurs » qu’il faisait voyager de ronds-points en aire d’autoroute et qui créaient du lien social. Face à ces œuvres, en effet, de parfaits inconnus n’hésitaient pas à se parler, en général pour se demander ce que faisaient ces plants de carottes défraîchis agonisant au fond d’un panier rempli de terreau.
Luigi serait de la fête : il était fort ami avec le jardinier nomade qu’il avait connu aux Beaux-Arts.

Dorothée tournicotait comme une chatte qui cherche le coin le plus confortable pour y faire ses petits. Elle s’isolait et entretenait de longs conciliabules avec Léonard, confident universel et dispensateur de conseils avisés.

Quant à moi, je n’entendais rien à ces complications jusqu’à ce que Faustine m’éclaire à demi-mot : Dorothée espérait que Luigi partirait à sa reconquête. Il était joli garçon, et c’était un bon parti. L’affaire avait peut-être été expédiée trop vite. L’Italie avait des charmes dont Dorothée n’avait pas pris la mesure, du haut de son sixième sans ascenseur , mais qui lui apparaissaient mieux maintenant qu’elle était sur place.

Le soir de la fête, je me croyais dans un de ces téléfilms où les acteurs ont tous un petit air de Bernard-Henri Lévy et les femmes la silhouette d’Arielle Dombasle. Je ne savais pas trop quoi faire, je buvais des Martinis en fumant et en bavardant avec Léonard, tout en jetant des coups d’œil sur les autres invités. Dorothée avait disparu.

A moment donné, un brun aux traits un peu mous tapa sur l’épaule de Léonard en l’appelant par son prénom. Il paraît un français parfait, avec une légère pointe d’accent italien : « Comme je suis heureux de te retrouver ! Faustine m’avait prévenue de votre arrivée… Quelle bonne mine tu as… Comment va ton ami ? » Léonard se rembrunit. Rachid venait de tomber pour trafic d’armes et son casier était aussi chargé que son dossier médical. Pour faire diversion, il se tourna vers moi : « Tu ne connais pas Samantha ? » « Oh ! dit Luigi en m’embrassant, j’ai tellement entendu parler de toi… Enchanté ! »

Voilà donc Luigi, me dis-je alors qu’il disparaissait déjà vers d’autres invités. Je ne devais le revoir qu’au petit matin. L’assemblée s’était éclaircie quand je me retrouvais dans la cuisine avec lui, à la recherche d’une tranche de citron. Nous étions tous les deux passablement éméchés et je ne sais quel détail sans importance nous fit piquer un beau fou-rire, le nez dans le bac à légumes du frigidaire. Nous en sortîmes triomphalement une courgette. Entre temps, nous avions trouvé le moyen de nous embrasser.
Je ne rentrais pas chez Faustine cette nuit-là. Ni les suivantes d’ailleurs.

Luigi se montra un parfait compagnon de jeux et un type adorable. Il me paraissait évident que notre historiette ne dépasserait pas le cadre, fort agréable, qui lui était imparti, et j’entendais en profiter.

Etait-ce naïveté ou cynisme, il ne me vint pas à l’esprit que Dorothée prendrait ombrage de ce chassé-croisé estival. Nous n’étions ni l’une ni l’autre des modèles de vertu, c’était une époque et un milieu où les filles n’étaient pas farouches, où les partenaires, comme les jardins, déambulaient au gré des saisons.

C’est pourtant avec une colère froide qu’elle m’accueillit, quand je revins chez Faustine, m’accusant de l’avoir trahie, de n’être qu’un pion dans le jeu de Luigi qui voulait la récupérer, et qui m’avait utilisée à cette fin. Comment pouvais-je avoir cru, ne serait-ce qu’un instant, plaire à un garçon d’une telle classe, se demandait-elle.

Je lui ris au nez. Si Luigi avait eu de tels plans machiavéliques, il cachait bien son jeu. Nous n’avions pas quitté sa chambre de trois jours, puis il avait repris un avion pour Rome. Quant à moi je comptais me mettre au volant de ma voiture et rentrer en France. Elle pleura, s’emporta : j’avais gâché ses chances de retrouvailles.
Elle m’apparut telle que je ne l’avais jamais vue, bête, méchante et égocentrique.

Nous rentrâmes tous fâchés. Léonard regarda le bout de ses chaussures en refusant de prendre parti. Il ne manqua pas de nous entretenir chacune en particulier des palpitations que lui causait cette brouille. Quant à moi, c’était la première fois de ma vie que j’endossais le rôle de la salope, je prenais du galon.

Mon bal des débutantes finit là : je cessais d’envier les coteries parisiennes, je revins dans mon pays moins sotte que je n’en étais partie, avec de jolis souvenirs. Je revis encore une ou deux fois cette assemblée, mais quelque chose s’était cassé. La magie avait disparu, le charme n’opérait plus.

Quand on me propose de passer des vacances en Italie, je dis « non merci, j’ai déjà donné ! » mais ceux à qui je raconte ma petite histoire s’emploient souvent à me faire changer d’avis, c’est pourquoi je fais de fréquents séjours dans ce pays.

Un texte de Samantdi

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