| Accueil du Site | Copyright | Fil RSS Articles Fil RSS Commentaires La Marmotte Chut!
Archives Liens F.A.Q. Contacts Presse & Médias
|
Pseudo : Mot de passe : Autoconnexion       S'inscrire  |   Mot de passe perdu?
Articles par sujets

Découvrez mes livres


Maman, est-ce que ta chambre te plaît?

Editions Privé / Michel Lafon
(Sortie le 09/04/09)
Commentez le!
- - - - - - - - - - - - - - - - -

Quel beau métier vous faites!

Editions Privé / Michel Lafon
(Sortie le 06/11/08)
Commentez le!
- - - - - - - - - - - - - - - - -


La Chambre d'Albert Camus - Nouvelle édition augmentée (Poche)

Editions J'ai Lu
(Sortie le 06/11/08)
Commentez le!
- - - - - - - - - - - - - - - - -


La Chambre d'Albert Camus et autres nouvelles

Editions Privé / Michel Lafon
(Sortie le 07/12/06)
Commentez le!


リンクス

Une page de pub



Qui est en ligne
2 utilisateur(s) en ligne (dont 2 sur Articles)

Membre(s): 0
Invité(s): 2

plus...

Nouveaux membres
love 28/10/2008
julien75001 26/10/2008
nahel 22/10/2008
Paul2551 22/10/2008
Tadou 19/10/2008
quine 10/10/2008
snaken 1/10/2008
dominoas71 1/10/2008
Avery 28/9/2008
o\'brien 26/9/2008

Commentaires
Re: Echange de maison 7/10/2013 9:06
Re: Echange de maison 27/8/2013 9:27
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 12:06
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 10:04
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 9:36
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 9:04
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 7:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 1:38
Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 0:35
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 23:15
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 22:37
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 22:35
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 21:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 21:37
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 20:43
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 20:22
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 19:52
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:45
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:16
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:02
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:20
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:18
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:14
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:09
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 14:48
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 14:10
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 13:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 12:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 12:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 11:52
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 11:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:47
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:25
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 9:11
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 9:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 8:40
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 8:36
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 7:15
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 6:44
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 4:03
Re: Promo 31/10/2008 3:03
Re: Soirée Diapo (4) Hong Kong : 13 000 bouddhas, et moi ... 31/10/2008 2:59
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 2:48
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 2:35
Ils semblent murmurer à ton oreille... 31/10/2008 0:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 30/10/2008 23:53

Saga de l'été : Les médusés (15 : L'autre)
Posté par Ron le 9/8/2007 6:00:00
Saga de l'été

Previously : Ron en pince pour Michael (surnommé Mailleki), le leader local des manifs étudiantes.

Quitterie et Orchata se foutait régulièrement de ma poire lorsqu’elles me voyaient rougir jusqu’à la pointe des cheveux en voyant Michael passer, Orchata concédant qu’il avait un je-ne-sais-quoi de Gentil organisateur menant les foules aux attractions à EuroDisney, si propre sur lui, si gendre idéal, qu’on ne pouvait décemment rien lui refuser, mais qu’il méritait un meilleur prénom, moins tarte que Michael. Elle chercha un temps et le rebaptisa Mailleki, qui nous plût aussitôt et devint un nom de code pour mon futur mari, pardon, meilleur proche ami, je n’en oubliais pas les convenances et mes gênes à l’époque, j’étais bisexuel, bien sûr, totalement et complètement bisexuel, d’ailleurs ce ne devait être qu’une mauvaise passade qui allait, euh… passer.

Si je fantasmais sur Mailleki, je n’étais pas le seul. La concurrence n’était pas nombreuse mais elle était sacrément bien armée. Un type superbe, qui faisait du sport, et qui avait des sous, et qui savait s’habiller, et qui était toujours bien entouré d’amis drôles et tendances (n’en jetez plus, vous le détestez déjà) avait lui aussi des vues sur mon futur mari. Je ne m’étais pas trop rendu compte de l’embrouille, au départ, et je croyais naïvement que ce fils à papa traînait auprès des prolos contestataires pour récupérer des affiches gauchisantes afin de décorer sa chambre. Dès que je m’approchais de Mailleki, en AG, au restau U, ou en cours, sur les quelques heures que nous avions en commun (et qui faisaient remonter sacrément ma moyenne d’assiduité trimestrielle, quelle aubaine !) le Louis débarquait aussitôt, rarement seul, sentant la fleur nouvelle, les lèvres si finement serrées qu’on les aurait dites sur un visage de cire du Grévin, mais un visage réussi, qui ne brillait pas, au teint mat éclatant, et ce dandy sortait un bon mot, ou une phrase si spirituelle que Mailleki tournait la tête vers lui et riait de bon cœur.

Sans penser à mal, Mailleki m’ôtait parfois une banderole des mains pour la confier à l’autre, afin que nous terminions le travail ensemble; à d’autres moments, accaparé par la discussion, il en oubliait totalement ma présence et Quitterie, une fois, dût feindre un malaise sans gravité (quelle comédienne) pour que le groupe se retourne sur nous, quelques secondes. Quand elle eut récupéré ses esprits, cette sale fouine de Louis attrapait déjà Mailleki par le coude pour lui faire découvrir un livre de slogans et d’affiches communistes qu’il avait chiné je ne sais où, on aurait dit, tant le livre semblait incongru dans ses mains, tel alligator faisant la visite du Stand des Cartouches à Sales Bêtes du Bon Marché, espérant trouver le calibre idéal pour percer une peau de saurien. Du grand n’importe quoi. Mais je n’étais pas dupe. Mailleki, si.

Un soir, ça devait bien faire une semaine que j’avais eu son numéro de chambre et que je n’en avais rien fait, nous nous retrouvons tous autour de la machine à café, après un cours ou une AG (je ne voyais plus la différence, pris dans la tempête amoureuse de la révolution en marche : « Fillon, ta réforme dans ton fion ») quand je vois Mailleki un peu triste, assis sur le rebord des marches, fumant seul sa cigarette. Je me mets un coup tout seul dans les coudes, devançant d’une seconde celui de Quitterie, et je m’approche de lui, un peu gêné. Je lui demande avec les yeux si ça va…Il me répond, las :
- Oh, approche, viens t’asseoir, Ron, viens t’asseoir.
- Tu n’as pas l’air d’avoir le moral, dis.
- Non. Mais ça passera, je n’aime pas me plaindre.
- Raconte, que se passe-t-il ?
- Des problèmes médicaux, ma mère, tout ça. Tu t’y connais en médecine ?
- Non. Je déteste ça. Sauf les maladies de peau, j’adore. Si j’avais su, j’aurais fait dermato. Elle a quoi, ta mère ?
- Une maladie de hodgkin.
- Connais pas. Ca craint ?
- Ouais. Du boudin. Du gros boudin.
- Et tu t’entends bien avec ?
- Oui. Elle m’a élevé seul. Je n’ai pas connu mon père.

A ces mots, mon petit cœur d’assistante sociale se fend et j’imagine déjà combien heureux cette presque pupille de la nation, ce rejeton de la DDASSS, ce Rémi sans famille et sans amis, combien heureux il serait s’il habitait avec moi. Je cuisinerais, je coudrais, je nettoierais, je ferais même la vaisselle et même je laverais les assiettes (des deux côtés), tiens, s’il le fallait, voilà tout de même un signe pour moi que, vraiment, ce garçon allait compter dans ma vie. Mailleki se perd dans ses pensées. Je m’enhardis un peu…
- Tu veux faire un truc, ce soir ? On se programme un bowling, une sortie ciné, un théâtre ?
- Oui, pourquoi pas…

Une voix que je connais bien et que je déteste depuis peu nous interrompt tout deux :
- Michael, salut ! Tu n’as pas oublié que c’était ma soirée d’anniversaire, ce soir ?

Nous tournons la tête vers, évidemment, Louis, qui nous regarde tout sourire, habillé comme un prince italien, une petite cigarette indienne aux lèvres, sentant toujours aussi bon, à deux pas derrière nous.
- Ah, ta soirée, euh…J’avais complètement zappé, pour tout t’avouer…
- Pas grave, du moment que tu viens…
- C'est-à-dire…Je venais de dire à Ron qu’on allait peut-être faire un truc pas prise de tête tous les deux, sans histoire et…Je ne me vois pas le laisser tomber là tout de suite.

Le Louis, sans se départir de son sourire pepsodent, et sans me regarder, même pas une demi-seconde, fixe Mailleki et lui dit lentement :
- Parfait. Vous n’avez qu’à venir tous les deux. Tu connais l’adresse, elle n’a pas changé depuis que je t’ai donné la carte. 20h, ok ?
- On verra.
- Je compte sur vous deux.

C’est un peu à ce moment-là que les coquilles me tombent de devant les yeux, le nez, les oreilles, la bouche et les trous de la tête qui aèrent les neurones. Merde, je crois que je ne suis pas le seul sur le coup. Y’a Tom Cruise en plus grand et mieux sapé qui veut piquer mon mari. Je dois absolument parler à Quitterie. Mailleki se lève et me fait signe qu’il doit repartir en cours :
- Je passe te prendre ? Tu es sur le cours Clémenceau, non, toi ?
- Comment tu le sais ?
- Tu me l’avais dit. Je passe en scoot et on y va tous les deux ?
- Bah, j’ai une mobylette, tu sais.
- Ouais, je sais, on aurait du mal à la rater. Mais non, je préfère qu’on rentre à deux, comme ça si je suis trop bourré tu conduiras et on dormira chez toi.

Les derniers mots vont exploser mes tympans et je manque défaillir dans le couloir… « On dormira chez toi »…Merdalors ! Que répondre, que dire, que penser, que faire ? Je me concentre une demi-seconde pour trouver le comportement adéquat qui me rassure de suite...Mhum, voilà. Je vais acheter un aller simple sur Columbia au départ de ce soir et finir par me creuser un trou lunaire en plein milieu du cirque Hipparque qui, paraît-il, a besoin d’un clown. Au moins, là-bas, personne ne viendra m’emmerder.

La musique est si assourdissante qu’on l’entend déjà, sur l’avenue, en tournant à droite pour entrer dans le lotissement chic des hauteurs de Bigarros, nous n’avons pas à chercher longtemps, la maison de Louis est la plus grande, la plus éclairée, celle devant laquelle sont garées toutes les voitures et surtout celle qui va attirer toutes les brigades anti-bruits du pays si personne ne pense à baisser de mille décibel la chaîne stéréo. En enlevant mon casque, je regarde Mailleki qui vraiment, ce soir, broie du noir. Peiné, je lui lance :
- Tu es sur de vouloir y aller ? On peut rester peinard ailleurs, tu sais…
- Ca va peut-être me faire du bien, de voir du monde…
- Ok, alors.

Les étudiants sont massés par petits groupes un peu partout, du portail à la porte de l’entrée, puis dans le salon, sur l’escalier, au fond vers la cuisine et à droite dans le salon. Nous ne connaissons presque personne, si ce n’est deux trois types, de vue, des mecs de la fac de droit, plutôt riches, plutôt snobs, moi je les avais repéré au physique, Mailleki dit bonjour en espérant recruter pour les manifs. Rien de bien sensationnel, jusqu’à l’entrée du maître des lieux, fantastiquement en valeur dans ses petites fringues de bourges, qui lève les bras au ciel et nous accueille d’un grand cri de guerre indien que je trouve totalement ridicule. Mailleki esquisse un sourire gêné. Personne ne se soucie de moi, ou si peu. Alors que le Louis passe son bras sur l’épaule de Mailleki et l’emmène vers le salon, pour le faire boire, j’essaie de m’acheter une contenance en étudiant les dizaines de bouteilles posées sur les étagères, calligraphiées en japonais pour la plupart, en verre gris, en faïence, en porcelaine. Je ne sais pas qui collectionne ces japoniaiseries mais je pense que ça doit coûter bonbon. Il y en a partout. Certaines ont même une étiquette jaunie apposée sur le coté, indiquant, toujours en japonais, une année et un commentaire que je ne comprends pas.

Sirotant mon coca en grignotant des olives que j’ai chipées sur une table, je m’avance en étudiant la collection quand, d’un coup, mes deux dernières olives m’échappent. Je me baisse un peu vite pour les ramasser et je me relève plus vite encore, donnant un grand coup involontaire d’épaule sur un coin de meuble qui en tremble soudain, me paraissant bien frêle pour supporter toutes ces bouteilles. L’une des plus moches, tout en haut, vacille durant une longue seconde puis, au ralenti, se penche comme une tour de Pise partant en vacances et, alors que j’arrondis ma bouche de stupeur, sans lever un seul muscle tellement je ne sais plus quoi penser, je vois la bouteille tomber. Contre une autre bouteille. Qui elle-même explose celle d’à-côté. Et ce sont les six de l’étagère qui s’étalent, dans un boucan d’enfer, la plaquette les exposant étant en verre. La dernière se brise net et je crains un instant que la plaquette ne se casse, créant une réaction en chaîne qui va détruire tout le meuble. Non, ça s'arrête là. Bilan, une bouteille explosée, cinq avachies.

Dans le vacarme incroyable de la fête, personne n’a vraiment prêté attention à ma bêtise et je ne sais comment réagir. Une nana qui passe à ce moment, un pétard à la main, un verre de martini dans l’autre, éclate de rire puis se reprend aussitôt :
- Lalaaaaa ! Comme le père de Louis va péter un câble quand il va découvrir ça ! T’es un homme mort ! Tu l’as dit à Louis ? Tu l’as dit à Louis ?
- C’est bon, ça va, j’y vais ! Je suis pas débile !
- T’as intérêt d’y aller sinon j’y vais.
- Conasse ! (que je dis en maugréant mais pas trop fort non plus, rapport à son mec qui fait deux fois ma taille juste à côté).

En partant vers la cuisine, je me dis que je vais sûrement trouver le Louis en pleine drague de mon Mailleki mais que ça lui fera les pieds, un peu, quand je vais lui raconter que j’ai niqué un pan de sa collection Japonaise. J’essaie de trouver une phrase un peu fanfaronne et puis j’abandonne, après tout, c’est nul d’en vouloir à ce type, je ne le connais pas et il veut juste le même garçon que moi, point. C’est pathétique d’être aussi maladroit. J’ai même plutôt intérêt à la jouer humble si je veux pas que Mailleki me prenne pour un gros bourrin pas éduqué.

Format imprimable Envoyer cet article à un ami Créer un fichier PDF à partir de cet article