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Re: Echange de maison 7/10/2013 9:06
Re: Echange de maison 27/8/2013 9:27
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 12:06
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 10:04
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 9:36
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 9:04
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 7:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 1:38
Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 0:35
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 23:15
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 22:37
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 22:35
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 21:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 21:37
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 20:43
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 20:22
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 19:52
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:45
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:16
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:02
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:20
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:18
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:14
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:09
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 14:48
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 14:10
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 13:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 12:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 12:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 11:52
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 11:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:47
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:25
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 9:11
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 9:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 8:40
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 8:36
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 7:15
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 6:44
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 4:03
Re: Promo 31/10/2008 3:03
Re: Soirée Diapo (4) Hong Kong : 13 000 bouddhas, et moi ... 31/10/2008 2:59
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 2:48
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 2:35
Ils semblent murmurer à ton oreille... 31/10/2008 0:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 30/10/2008 23:53

Histoire d'en rire : Le Fumeur du Val (2/2)
Posté par Ron le 25/4/2007 6:00:00
Histoire d'en rire

Un peu fatigué de me creuser quelques secondes le ciboulot un soir sur deux mais déjà gros fumeur à l’époque, je décide de passer à la vitesse supérieure et de faire travailler mes aînés. Après tout, me dis-je avec un certain aplomb, il ne sert à rien d’inventer des vers alors que le meilleur est derrière nous et que d’autres ont déjà tout dit, tout écrit, bien, bien avant moi.

Une bibliothèque, un stylo bic, un peu de chance, et je trouverai tout aussi stylé tout aussi beau…et tout prêt.
Et, pour mon premier vol, mhum, hommage, hommage, bien sûr, je m’étais décidé pour un petit truc pas connu d’un jeune auteur plein de promesses du siècle dernier nommé Victor Hugo.
En substance, ça donnait ça :

La lune était sereine et jouait sur les flots. -
La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
La sultane regarde, et la mer qui se brise,
Là-bas, d'un flot d'argent brode les noirs îlots.

De ses doigts en vibrant s'échappe la guitare.
Elle écoute... Un bruit sourd frappe les sourds échos.
Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos,
Battant l'archipel grec de sa rame tartare ?

Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
Et coupent l'eau, qui roule en perles sur leur aile ?
Est-ce un djinn qui là-haut siffle d'une voix grêle,
Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?

Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ?
Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
Du lourd vaisseau, rampant sur l'onde avec des rames.

Ce sont des sacs pesants, d'où partent des sanglots.
On verrait, en sondant la mer qui les promène,
Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine...
La lune était sereine et jouait sur les flots

® Victor Hugo.

Et j’avais ajouté ma propre touche de génie, retoquant ça et là les vers qui me semblaient un peu léger pour introduire une note personnelle dans ce poème un peu, euh, impersonnel :
La lune était sereine et jouait sur les flots. -
La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
L’Espagnole regarde, et la mer qui se brise,
Là-bas, d'un flot d'argent brode les noirs îlots.

De ses doigts en vibrant s'échappe la guitare.
Elle écoute... Un bruit sourd frappe les sourds échos.
Est-ce un lourd rugbyman qui vient des eaux de Cos,
Battant l'archipel grec de sa rame tartare ?

Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
Et coupent l'eau, qui glisse vite vite sur leur aile ?
Est-ce un djinn qui là-haut siffle d'une voix grêle,
Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?

Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ?
Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
Du lourd vaisseau, rampant sur l'onde avec des rames.

Ce sont des sacs pesants, d'où partent des sanglots.
On verrait, en sondant la mer qui les promène,
Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine...
Narta, je t’aime.

® Ron Weasley.

C’est chiadé, non ?
J’aimais beaucoup l’effet du truc qui glisse sur l’eau, et surtout la dernière rime, que je trouvais pas mal riche : « humaine- t’aime » ouais, j’aimais bien, j’étais fier de moi, j’avais bien bossé au moins cinq minutes. Et mérité mon paquet entier de Marlboro Light.

Le lendemain, je lui rends le précieux manuscrit, non sans avoir brûlé au briquet Bic chaque coin, donnant au papier clairefontaine un délicat rendu « parchemin usé» si caractéristique des roucoulades adolescentes. Costes asperge alors un peu la missive de « Scorpion pour homme », un délicat parfum acheté au Leclerc du coin, qui aurait soulevé un mort tellement il débouchait la chiotte et nous envoyions la lettre, après avoir dessiné d’atroces cœurs fluos sur les bords.

Mort de rire.

Mais mon bonheur fut de courte durée.
Ce couillon, en seconde scientifique, ou à vocation scientifique, n’avait qu’une poignée d’heures de français par semaine. Et il en bavait, énormément. Il s’endormait régulièrement et rendait des copies illisibles, truffées de fautes, qui lui valaient des notes lamentables et mon mépris à peine déguisé.

Un jour, sa prof, sosie de Sigourney Weaver et support infini de branlettes nocturnes pour ados internes boutonneux en surdosage hormonal, bref, Sigourney demande à la classe pour le mardi suivant un devoir un peu spécial. Sur le thème de l’amour impossible, chaque élève doit rédiger une poésie, en vers, poème qui sera noté, note qui comptera dans la moyenne trimestrielle.

Ce génie de Costes, sentant la note sublime approcher, celle qu’il n’avait jamais obtenue et celle qu’il n’aurait jamais, fit le geste le plus intelligent de sa courte carrière de poète. Plutôt que de me demander un autre « original », il recopia le dernier en date, une vague histoire de lendemain, à une heure où le soleil se lève sur la rosée, un type qui s’en va retrouver sa Narta d’amour, qui commençait ainsi « Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne » et se terminait par ce quatrain sublime :

« Je ne regarderai ni l'or du soir qui luit,
Ni les voiles au loin descendant vers Bordeaux,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ton lit
Un bouquet de fleurs vertes et ta super Nintendo »

Sans me dire un mot, il rendit, fier comme Artaban, sa copie et attendit en silence son moment de gloire.

Une semaine après, je vis arriver au trot Loïc Perreux, un mec de sa classe, qui m’aimait bien parce que je lui avais enregistré un album des Négresses Vertes et deux trois morceaux de JS Bach pour finir la cassette.

Perreux me fait signe de la main de me planquer derrière le mur :
- Putain ! Putain ! Tu n’as pas encore vu le Costes ?
- Non, pourquoi ?
- Il veut te tuer, il veut te tuer, il s’est pris six heures de colle et un zéro à cause du devoir de français, il a dit que tu t’es foutu de sa gueule et qu’il va te tuer à la main.
- Hein ??
- Ouais, t’as dû lui filer un faux poème qu’il a rendu à la prof, elle l’a lu devant toute la classe en lui demandant s’il la prenait pour une idiote, que même un débile savait que Victor Hugo avait écrit le poème.

Je déglutis.
Je commence à réaliser ce que l’autre couillon a fait.
Je commence surtout à réaliser que mes heures sont comptées.
Un rugbyman veut ma peau.
Et il a des amis.
Plein.


Je pourrais bien sûr vous raconter que j’ai fini dignement par calmer la situation, par lui faire entendre raison et conclure sur une bonne chute sympa, genre « ron vous fait un conte moral, les amis, appréciez la fable »
Je pourrais, c’est vrai, enjoliver la fin, et vous dire que ce pauvre Costes fut endormi par mes paroles et rit de bon cœur de mon arnaque, souhaitant presque accomplir dans la joie ses heures de colle pour réviser un peu plus ses maths, et qu’il ne m’en voulait pas le moins du monde.

Mais je préfère vous dire la vérité.
Celle que l’on tait, bien souvent.
Non seulement je me suis aplati comme une merde quand il apparut devant moi.
Mais j’ai dû ramper comme rarement pour éviter le gnon (mérité) dans ma face. Et je n’utilise pas le verbe ramper au sens figuré.

Non, le pire, sûrement, c’est que, par la suite, je dus m’acheter mes clopes moi-même… mais qu’en plus, je devais pondre un poème original chaque lundi et chaque jeudi, pour l’autre couillonne d'ibère, gratos !
Et ça devait rimer, je te le dis, ça devait rimer im-pe-ca-ble-ment, la brute surveillant chaque allitérations comme un comptable son bilan annuel.

Ma plus belle production se trouve sûrement quelque part, à l’heure actuelle, dans une boîte à chaussures, tout au fond du grenier d’une ferme, près de Valladolid.
Pfff, monde cruel.

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