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Re: Echange de maison 27/8/2013 9:27
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 12:06
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 10:04
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 9:36
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 9:04
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 7:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 1:38
Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 0:35
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 23:15
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 22:37
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 22:35
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 21:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 21:37
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 20:43
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Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 19:52
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Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:16
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Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:38
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Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 12:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 12:08
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Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 11:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:47
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:32
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Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 9:11
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 9:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 8:40
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 8:36
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 7:15
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 6:44
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 4:03
Re: Promo 31/10/2008 3:03
Re: Soirée Diapo (4) Hong Kong : 13 000 bouddhas, et moi ... 31/10/2008 2:59
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 2:48
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 2:35
Ils semblent murmurer à ton oreille... 31/10/2008 0:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 30/10/2008 23:53

Vie Quotidienne : Télécharge les meilleures sonneries en appellant le 3637
Posté par Ron le 11/5/2006 6:00:00
Vie Quotidienne

Je me rappelle de la première personne que j’ai vue avec un téléphone portable, c’était Agnès B, pas la couturière, non, la nana de ma promo, qui téléphonait à son mec les résultats du diplôme d’état.
Assez excité par mon classement, je sautais partout et elle me tendit son Sagem pour que j’appelle quelqu’un, quelque part, afin d’annoncer à mon tour la bonne nouvelle. Nous étions en décembre 1998 et je passai mon premier coup de fil dans la rue, comme ça. Sans être relié au combiné qui était relié à la prise murale qui était reliée au central.

Dingue, je trouvais ça dingue et même un peu prétentieux, à l’époque. J’avais coutume de dire que les gens qui téléphonaient sur des portables se la pétaient un peu parce qu’à part être des biznessmen, je voyais pas vraiment l’utilité de pouvoir téléphoner partout.

J’étais conforté dans mon idée par les articles de Libé qui trouvaient également cette nouvelle mode uber-ridikule, vouée à disparaître rapidement, comme si le grand public allait vouloir payer aussi cher, tous les mois, juste pour pouvoir appeler quelqu’un. Non mais attends. Un fil à la patte à ce prix ? N’importe quoi. Tout le monde à la campagne trouvait ça risible, inutile, gadget, quoi.

On avait, pour les plus urbains d’entre nous (je rappelle que j’habitais une ville de 80.000 habitants à 900 kilomètres de Paris) des pagers Tam-tam accrochés à la ceinture du jean et ça nous suffisait largement.
888 voulait dire appelle-moi de suite
999 voulait dire rendez-vous reporté
666 voulait dire Tu es Diabolique, je te reconnais bien là
421 voulait dire Oh et si on jouait à Moi dans Toi ce soir ?
069 voulait dire que vous aimiez dormir tête bêche chez votre Tante Sophie, ce que vous faisiez rarement, d’ailleurs.

Les coutumes en vigueur, lorsqu’on se donnait un rendez-vous, étaient d’attendre à un point très précis pendant une période donnée mais puisque personne n’avait de portable, tout le monde arrivait. Et à l’heure. Sinon ça bardait. Ou alors votre rencard était mort en route, forcément, sinon quelle excuse pour ne pas venir à un rendez-vous ?

Les plus courageux se fixaient des barrières mentales évoluant selon le type de rencard ou le sexe de la personne attendue.
J’attends un pote pour boire un verre ? 10 minutes
Pour le ciné ? J’attends 15 minutes avant le film, mon ticket à la main.
Un premier rencard pouvant éventuellement conclure sur un roulage de pelle ? 25 minutes, top chrono. Allez, 50, plutôt. On va dire que j’attends encore une heure et j’y vais, alors.
Un deuxième rencard, caleçon propre, lavé dessus dessous partout pouvant éventuellement mener au frott’frott’ des pilous-pilous ? 20 minutes, et avec la gaule, en plus.

De toute façon, je ne parle pas aux gens qui m’attendent plus de trente minutes, ce sont des pauvres types. Ouais, je sais, ça fait pimbêche des Quartiers Ouest quand je dis ça mais je le pense, personne ne devrait attendre personne au-delà d’une période donnée.

Quatre mois après, j’avais pris un portable, chez SFR, rue Porte-Dijeaux, dans Bordeaux. J’en avais pas vraiment besoin, pas vraiment du tout, mais tout le monde commençait à en avoir un, tout le monde. Et ça gueulait grave à la maison quand la facture France Télécom arrivait. Je me souviens encore de mon premier numéro de téléphone 06…, qui était arrivé par Minitel, dans la boutique, après une attente insupportable. De ma joie dans la rue. De l’avoir regardé des heures se recharger. Et du plaisir de pouvoir dire enfin, moi aussi, comme tout le monde :
- Je t’appelle de la voiture, tu es prête, j’arrive ?

Personne ne m’avait expliqué le T9 à l’époque, personne, et j’ai dû attendre ma première année avec La Marmotte pour découvrir la façon dont il composait si vite ses textos. Je le prenais pour un virtuose du clavier. Il m’apprit le truc. (Oui, vous en concluez que je ne connais le T9 que depuis un an…)

Stupéfiant. L’écriture semi intelligente, l’invention la plus cool depuis la tranche de jambon d’York individuelle et la lingette à cul-pas-net, si vous voulez mon avis. Vous tapez trois lettres et vous voilà avec un alexandrin, prêt à poster.

Le stade suivant a été le portable sans antenne. L’hallu. Plus besoin de déployer le bidule pour se parler, dis, ça captait partout, même dans les immeubles. A peu près au même moment, ma batterie a dépassé le stade des 12 heures d’autonomie, j’entends par là que je pouvais parler oh bien vingt-cinq minutes d’affilée sans être coupé. Une nuit de recharge et zou c’était reparti !

Ca a un peu stagné pendant un temps et puis j’ai découvert qu’on pouvait faire des photos, ouais, des plus moches que celles de Niepce mais des photos quand même. Qu’on devait payer en Kilo-octets pour les envoyer sur son mail mais qu’elles avaient été faites avec amour, et avec un téléphone, dingue.

L’autre jour, alors que nous étions en panne de batterie et lui et moi, que nous ne savions plus le numéro de l’autre (sérieux, vous connaissez un seul numéro par cœur, vous ? Même le vôtre, je suis sûr que vous avez du mal) et que nous attendions dans la rue, comme deux cons, je me suis demandé comment faisaient les gens, avant.

Sérieux.
Comment faisions nous ?
Pour prévenir des retards.
Pour vérifier s’il reste du pain.
Pour larguer par texto (c’est pas glorieux, ça).
Pour dire non sans avoir l’air impoli au téléphone.
Pour être réellement injoignable.
Pour demander à nouveau le digicode au pied de l’immeuble.
Pour savoir si Belle-maman n’avait pas oublié le gâteau.
Pour que tu me rappelles ta pointure de shoes rapport à la pompe de Gravis mortelle que je viens de voir à 25 euros chez Paris Folies, en solde de chez solde.
Pour dire à l’autre qu’on l’aime, en réunion, planqué d’une main sous la table, tapotant son texto.
Pour oser écrire des trucs qu’on osait pas.
Pour dépenser 85 euros par mois, tous les mois, dans un truc virtuel.

Je ne sais plus.
J’ai appris deux trucs, pendant ces six années.
1) Ma vraie liberté, la plus belle, la plus folle (c’est dire…) est de le laisser à la maison.
2) On peut parfaitement pisser, cuisiner, relever ses mails et se prendre l’oreille en photo une fois de plus sans le vouloir, tout en téléphonant.

Pour le reste, je crois que j’aimerais autant ne jamais avoir connu ce truc. C’est l’usine à stress la plus moderne que je connaisse.

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