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Quel beau métier vous faites!

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Re: Echange de maison 7/10/2013 9:06
Re: Echange de maison 27/8/2013 9:27
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 12:06
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 10:04
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 9:36
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 9:04
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 7:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 1:38
Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 0:35
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 23:15
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 22:37
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 22:35
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 21:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 21:37
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 20:43
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 20:22
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 19:52
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:45
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:16
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:02
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:20
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:18
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:14
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:09
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 14:48
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 14:10
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 13:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 12:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 12:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 11:52
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 11:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:47
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:25
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 9:11
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 9:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 8:40
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 8:36
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 7:15
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 6:44
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 4:03
Re: Promo 31/10/2008 3:03
Re: Soirée Diapo (4) Hong Kong : 13 000 bouddhas, et moi ... 31/10/2008 2:59
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 2:48
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 2:35
Ils semblent murmurer à ton oreille... 31/10/2008 0:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 30/10/2008 23:53

Vie Quotidienne : 53 La deuxième mer
Posté par Ron le 13/9/2008 7:20:00
Vie Quotidienne

(Vous m’avez envoyé une photo qui vous touche, je la commente en écrivant un texte, comme si elle était mienne. Demain, une autre photo).





Maman dit "c'est très bien, mon chéri, marin", mais je sens dans sa voix qu’elle n’aime pas et qu’elle voudrait que je fasse autre chose, comme papa, un métier avec une cravate et des souliers cirés et une mallette en cuir. Un métier ennuyeux. Un métier où il faut rentrer le soir à la maison. Mais moi j’ai envie d’être seul, la plupart du temps, moi j’ai envie de voir des couchers de soleil sur l’océan tous les soirs, et moi je n’aime pas parler. Maman ne le comprend pas, ça, que je n’aime pas parler avec les gens. Je crois que je vais lui faire plaisir, je vais faire semblant de choisir comme elle veut mais je partirai quand même, un jour, même si je l’aime, je partirai quand même sur un bateau. C’est pour ça que sa voix est déjà triste, je crois qu’elle l'a compris.

Arnaud, 7 ans, Juillet 2005, St Jean de Luz.


Vie Quotidienne : Photos de bonnes choses
Posté par Ron le 12/9/2008 13:30:00
Vie Quotidienne

J'ai une question ou deux dont je n'ai pu trouver la réponse.

Qu'est-ce qui a empêché Hitler de ne pas envahir la Suisse en 1940 ? Ils avaient un accord ? Je suis désolé de poser une question bateau comme ça mais j'ai eu beau fouiller, rien de concret.

Quel temps fait-il en Andalousie, début Octobre ?

Qu'est-ce que je pourrais faire ou dire qui ferait vraiment plaisir, là, dans les jours à venir ? Ca me ferait plaisir de faire plaisir à quelqu'un.

Sinon, envoyez moi votre plus belle photo, d'un lieu, d'un paysage, d'une personne, faite par vous ou par quelqu'un d'autre, sans le moindre commentaire. Taille maxi 750 x 750 pixels.
Je vais écrire dessus, sur ce qu'elle m'inspire, je mettrai mon texte près de votre photo sur le site et, une fois que je l'aurai fait, vous aurez la possibilité, dans les commentaires, de dire pourquoi elle vous est chère. J'ai envie de montrer des belles choses, ici, dans les semaines qui viennent. Envoyez moi uniquement quelque chose qui vous touche, anonymat garanti.


Exemple de la taille maxi de la photo :







Vie Quotidienne : 54 Ouvre la bouche, ferme les yeux
Posté par Ron le 12/9/2008 6:50:00

(tu verras ça glissera mieux)


(C'est pas moi qui le dis, c'est Régine chantant Gainsbourg)

Rien ne m’est plus pénible que d’endurer ce que je fais supporter à mes patients, au quotidien.
Je dois être à jeun, pour une prise de sang, ce matin, et je déteste ça. Je vais tricher, bien sûr, ce n’est pas un petit nespresso qui va changer le cours du monde ou mes résultats.
Lorsqu’on m’arrache un pansement, j’insiste toujours pour qu’on y aille doucement, le plus doucement possible alors que j’ai tendance à penser qu’il vaut mieux y aller d’un coup sec… sur les autres, parce que ça fait moins mal.
Je déteste avaler des pilules, des comprimés, j’ai la nausée au bout de quatre, péniblement déglutis un à un alors que j’enfourne des pleines cuillères de Diffu-K (le plus GROS médicament du monde, on dirait un Zeppelin) dans les bouches de mes patients, qui ne mouftent pas.
Je déteste les piqûres et les prises de sang, c’est pour cette raison que je ferme les yeux chaque fois que je pique mes petits vieux : beurk, la vue du sang me dégoûte.
Mais non, la dernière, c’est pas vrai, bandes de brêles.

Une fois, à une de mes patientes, alors que j’étais plutôt pressé :
- Allons, allons, on boit tout… Allez, allez, un effort… Allez, c’est pour votre bien… Mhum, Fraise des Bois, j’en ai l’eau à la bouche, la chance que vous avez… Oh, quel cinéma vous me faites, ça ne peut pas être aussi mauvais que ça, pourquoi faites vous la grimace ? C’est bon comme tout… Allons,allons, mettez-y un peu du vôtre, aussi !
- VOUS Y AVEZ DÉJÀ GOUTE AU MOINS ?
- Euh… Non…
- Alors pourquoi me dites-vous que c’est bon ?
- Euh…
- Goûtez-y, allez…
- Euh… Mais, c’est-à-dire…
- S’il vous plaît.
- Ok.

Bien décidé à lui montrer que le dégoût, c’est dans la tête, que Madame est trop exigeante et que surtout son médoc existe en onze goûts différents (Vanille, chocolat, fraise…), je pars me chercher une bouteille de son complément alimentaire et je l’ouvre devant elle, avant de la porter à ma bouche. « Mangue », il y a écrit dessus. Je m’envoie une rasade.

- POUAAAAAH MAIS C’EST INFECT !
- Allons, allons, un effort, monsieur l’infirmier, ça ne peut pas être aussi mauvais que ça, pourquoi faites vous la grimace ?

Plus jamais je n’ai fait le moindre commentaire enjoué sur ce que je mettais en bouche de mes patients.


Vie Quotidienne : 55 La tour prends garde
Posté par Ron le 11/9/2008 20:20:00

Le onze septembre 2001 (contrairement à ce que je raconte dans « La Chambre d’Albert Camus »), j’ai travaillé normalement, le matin, dans mon service de cardio, à Mulhouse, et puis je suis rentré sur Saint-Louis, à deux pas de la frontière suisse. J’ai garé ma voiture près du marchand de journaux et, en choisissant un mag, comme je le faisais alors à l’époque un jour sur deux, j’ai entendu une dame dire à une autre dame qu’un avion était tombé sur une tour, aux Etats-Unis. Je n’y ai pas prêté plus attention que ça. J’avais envie de pisser, je me suis dépêché de rentrer, j’ai allumé la télé pour programmer un truc sur le magnétoscope et c’était LCI.



J’ai dû rester plus d’une heure assis sur le pouf, à moins d’un mètre de la télé, sans bouger.
Quand j’ai eu mal aux yeux, hypnotisé, je me suis reculé et je me suis assis sur le canapé, dont je n’ai plus bougé jusqu’à minuit. Je ne mangeais pas, je ne buvais, je regardais, fasciné, la télé et je zappais d’une chaîne à l’autre. C’était la fin du monde et c’était en direct, là, tout de suite, dans ma vie à moi.

À minuit, ma vessie me faisait tellement mal que je suis enfin allé pisser. J’ai dû prendre un cachet pour dormir et, le lendemain, je me souviens encore de la une de Libération. Non, je n’avais rien rêvé, la veille. Tout le monde ne parlait que de ça, tout le monde, partout, tout le temps, tout le monde. La saturation a mis du temps à s’installer, peut-être une grosse semaine.

À ce jour, je ne peux voir la vidéo du deuxième avion s’encastrer dans la tour sans être parcouru de frissons dans tout le corps. Je suis autant bouleversé aujourd’hui qu’à l’époque. Ces connards ont changé mon monde, mes contemporains, ma façon de penser et de voyager, même aussi. C’est impardonnable. J’aurais aimé ne pas connaître ce truc de mon vivant pour pouvoir bénéficier du recul des années, j’aurais aimé que ce truc soit un événement du passé mais non, j’ai dû vivre avec, il m’a ancré un peu plus dans une société folle et malade que je déteste, qui détruit tout sur son passage, au nom du fric, du pouvoir, du pouvoir du fric. Le 11 septembre est pour moi une des premières marches qui mènent à la fin de notre civilisation, comme les Mayas, comme les Romains, comme tant d’autres avant nous. Je suis ravi de ne pas avoir fait d’enfants, avec un peu de chance, je ne serai pas là pour voir tout s’éteindre d’un coup. Le mal-être est déjà difficilement supportable, je souhaite sincèrement mourir avant de connaître la fin. Je suis sûr d'une chose : le capitaliste l'homme est tellement con qu'il n'a que ce qu'il mérite.



Vie Quotidienne : 56
Posté par Ron le 10/9/2008 19:30:00
Vie Quotidienne

Comment tu manages une fille qui n'a ni diplôme, ni éducation, ni conscience, ni morale et qui te tire la langue quand tu lui fais remarquer que son attitude n'est pas professionnelle ? Comment tu bosses avec des gens qui n'ont aucune formation, aucune envie de faire avancer les choses, qui sont là pour un salaire minimum, en sachant que les vieux ne trouveront rien à redire si la toilette est expédiée ou mal faite ou pas faite du tout ?

Prise la main dans le sac, alors qu'elle n'avait pas fait son job, la nana me balance :
- C'est ton problème, pas le mien, si tu n'es pas content.

Que veux-tu répondre à ça ? Elle n'a pas conscience de son rôle, du mien, des textes de loi qui régissent ses actes et les miens, elle ne sait rien des patients, de leurs attentes, de leurs limites et pourtant on lui donne tout pouvoir, contre salaire minimum. C'est la catastrophe. Le soignant niveau zéro. Aucune de mes collègues sous ma responsabilité (aucune) n'est qualifiée à minima pour le poste : elles sont toutes auxillaires de vie mais par chance, la majorité sont des filles bien. Auxilliaires de vie alors que j'aurai besoin d'aides-soignantes. Ah, les aides-soignnates...Elles coutent cent euros de plus par mois et elles sont presqu'introuvables. Mais elles sont formées pour observer, noter, rapporter, obéir aux consignes passées et travailler en équipe.
Je déteste avoir à passer en force et quelque chose me dit, en moi, que ça ne servirait à rien, en plus. Comment manager une fille qui n'a peur de rien, qui n'écoute rien, qui ne veut rien entendre et qui est limitée ? C'est désespérant.
Je suis comme ces enseignants en ZEP : on ne me laisse pas bosser dans des conditions correctes, mon message ne passe pas car il est ignoré, non pas pour des raisons politiques, stratégiques ou intellectuelles, non, il est ignoré par la loi du plus fort, la loi de la jungle, il est écrasé par la bêtise. Mon métier n'est actuellement excerçable que si je regarde ailleurs en marchant dedans.


Vie Quotidienne : 57 Les filles me racontent
Posté par Ron le 9/9/2008 15:00:00
Vie Quotidienne

J’avais subi une intoxication médicamenteuse, l’hiver passé, avalant stupidement un médicament que je connaissais mal et que j’avais trouvé au travail, dans la boîte d’un vieux, décédé la semaine d’avant. On allait le jeter, je n’aime pas gâcher, et me voilà, mourant presque, le cœur à cent mille, l’estomac retourné, vomissant à genoux dans les toilettes, étourdi, en sueur, plus aucune force dans les bras. Le type du Samu m’avait confirmé que j’avais pris trois fois la dose, comme si j’avais voulu mourir ; Ca m’apprendra à vouloir faire le malin sous prétexte que je côtoie des ordonnances depuis dix ans.




Dix ans, c’est le temps que la Société a mis pour mettre sa merde dans mon métier : en 1995, je n’entendais pas encore parler de réduction des coûts, ou si peu, je ne me souviens que du prix des gants jetables et, parfois, de feuilles punaisées au dessus des paillasses, dans les postes de soins avec le prix indécent de chaque chimio, le prix qui était censé nous faire prendre conscience que ce que nous manipulions avant l’injection coûtait cher à la pharmacie centrale et donc à l’hôpital et donc à l’état, ce dont je me foutais, trouvant totalement hypocrite cette manière de raisonner : Soit on traite les cancéreux, on place en institut les trisomiques et les myopathes et l’on accepte de soigner tous les vieux au-delà du raisonnable en prolongeant la vie, ça coûte du fric et c’est un choix politique. Soit on euthanasie les golios, on laisse crever les cancéreux (en les shootant pour ne pas qu’ils souffrent) et l’on refuse les soins aux plus de 75 ans parce que la santé, ça coûte cher et c’est un problème personnel, non un problème d’Etat.
Mais non, on fait semblant, on fait tout comme, on est dans la double contrainte et l’on avance encore un peu plus en marchant sur la tête chaque année. Le CAC 40 a glissé ses cadres dirigeants dans mes structures de soins, leurs méthodes d’évaluation productives, leurs angoisses irraisonnées à la vue des factures et leur fausse bonhomie devant les vieux qui ne coûtent rien à l’institution. Nos arrêts maladies leur font grincer des dents et ils envoient les contrôleurs mais eux ne s’excusent même plus quand le personnel minimum pour garantir un soin humain n’est plus inscrit au planning. On faisait à 10 le boulot de 15 pendant les grandes vacances, on assure désormais à 8 le quotidien, en priant qu’une intérimaire vienne nous donner un coup de main, en août, quand nous sommes quatre.

Ces quatre-là font des heures supplémentaires qui coûtent cher et qu’il faut assurer, qui oserait laisser les vieux dans la merde ? Mais au moment de la paye, à mois échu, à mois+1 puis à mois+2, il faut bien se rendre à l’évidence que ces heures majorées ne seront pas payées car elles coûtent trop cher, et que du temps libre sera donné à la place. Quand ? Un jour. Comme ni ce temps libre, ni ce fric, n’effacent la douleur de travailler en sous-effectif, un jour le corps cède et il faut bien s’arrêter. L’angoisse monte alors dans le ventre, en composant le numéro du boulot, on en vient presque à espérer que personne ne décroche et puis on s’excuse de dire qu’on est malade, que c’est grave (on exagère un peu, mais ça ne sert à rien, le chef est en colère, c’est un affront personnel, les collègues sont en colère, c’est une fatigue supplémentaire) mais qu’on reviendra vite. Le jour du retour, il faut affronter les sous-entendus, la méchanceté de la patronne qui va nous le faire payer, un jour, sans se rendre compte qu’elle l’a déjà fait ce matin. Il manque deux filles, déjà, et le capital soleil dans les articulations, la réserve de sourire et de repos péniblement reconstituée en regardant la télé pendant deux semaines, l’oxygène que j’avais retrouvé et qui me donne le courage d’être revenu me file à nouveau entre les bronches, en une matinée. Je suis épuisé à la pause, j’avale mon repas sodexho à 3 euros 30 qui sera retenu sur mon salaire de 940 net (plus la prime dimanche de 11 euros brut et j’en fais deux par mois, des dimanche) et je tâche de ne pas regarder la montre, il faut tenir jusqu’au soir, se déshabiller dans le vestiaire qui sent les chaussures des autres, courir et malgré la course rater le RER pour en attendre un autre, mais qui vous a fait louper le bus d’après. Appel à la maison, les enfants mangent une pizza Lidl, je me suis fait avoir, il y avait écrit format familial, deux pour 2,46 mais à l’unité elles sont à 1,13. Si je dois me méfier de tout, je ne vis plus, déjà que je survis.

Ils me disent que les couches coûtent cher, que je dois dire aux vieux qu’elles ont deux épaisseurs, une qui retient le pipi intégralement en le faisant partir au fond de la couche, les fesses restent sèches, l’autre qui assure une deuxième miction et là, oui, il faut changer. Ca veut dire que non, Madame, ça ne sert à rien de sonner, je ne viendrais pas vous changer de nouveau, vous avez eu votre couche ce matin, vous venez de pisser, tant mieux, si vous repissez, je reviens mais sinon, non, il faut attendre ou alors vous achetez vous-même vos couches et je viens vous en mettre une mais je ne vous promets pas qu’elle sera changée régulièrement, c’est la baise mais c’est comme ça, vous payez plus mais vous y gagnez, quoi, un change de plus par jour et oui, et arrêtez de sonner pour rien, madame, je vous ai dit de faire dans la couche, c’est comme ça, arrêtez ou je retire la sonnette une bonne fois pour toutes.

Tu as vu, Ron, la patronne, elle nous dit que Monsieur G il est plein de microbes et qu’on doit faire attention à nous en se lavant bien les mains et toutes les autres mesures d’hygiène mais elle, elle a retiré les gels antiseptiques du chariot parce que ça coûte trop cher. Je lui ai demandé à quoi ça servait qu’on fasse attention si derrière on avait rien pour désinfecter et elle, elle m’a juste dit « mais ça coûte trop cher, je n’ai pas à me justifier ».

Ron, commandez moins d’antibiotiques à la pharmacie, je vous prie, ils sont facturés à la maison, et ce matelas anti-escarre, c’est nécessaire ? Et ces pansements hypocycloïdes, vous ne voulez pas mettre une compresse non stérile dessus la plaie, plutôt, vous avez vu la différence de prix ? Pourquoi achetez vous une bouteille de dakin tous les dix jours ? Parce qu’elle se périme ? Mais ça ne se périme pas le Dakin, j’en ai à la maison depuis deux ans…Ah, c’est de l’eau de Javel ? Et bien prenez de l’eau de javel à la femme de ménage, c’est moins cher !

Etc etc etc
Toute ressemblance avec des personnes existantes est une pure coïncidence. 10/2007-07/2008


Vie Quotidienne : Ah ouais quand même.
Posté par Ron le 8/9/2008 21:20:00
Vie Quotidienne

Non mais, sincèrement, merci, quoi.


Vie Quotidienne : La lutte délasse
Posté par Ron le 8/9/2008 17:00:00
Vie Quotidienne



"Selon notre classe sociale, nous n'attribuons pas le le même registre de prénoms à nos enfants. L'élite, par exemple, utilisait dans les années 1970/1980 les prénoms composés pour se distinguer. Désormais, elle prise ceux qui plongent leurs racines dans l'histoire (Baudoin, Théophile, Philomène...). Mais ce qui est frappant, c'est l'efficacité de cette stratégie : les individus, quelque soit leur milieu, sont tout à fait en mesure de réaffecter ces prénoms à un milieu social d'appartenance. Ils sont clairvoyants. Les étudiants auxquels on demande d'attribuer au journal Libération, ou à son concurrent Le Figaro, des faire-parts de naissance, ne commettent quasiment aucune erreur. Autre expérience : les jeunes gens qui auront pour mission de téléphoner à Apolline de la Roche Beaulieu surveilleront leur vocabulaire et seront un peu tendus."

Un article passionnant de Pascale Krémer pour le Monde 2, numéro 830 du 30 Août 2008.


Vie Quotidienne : 58
Posté par Ron le 8/9/2008 15:20:00
Vie Quotidienne

Merci.


Vie Quotidienne : 59 Sans commentaire !!
Posté par Ron le 8/9/2008 4:00:00
Vie Quotidienne

On parlait, au café, ce midi, de nos plus grandes hontes de toute notre vie. Mes amis savent exactement quelle est la mienne et ils ne se lassent pas de se la raconter entre eux (bande de chiens)...Pour la millième fois, alors, j'ai évoqué de nouveau très brièvement ma honte number ouane (qui existe hélas en vidéo et NON vous ne la verrez jamais) et ça donnait ça :
- Moi, Ron, je suis allé à l’Olympia interviewer Anne Roumanoff, avec mon appareil photos 10 mégas pixels à la main en guise de caméra. J'avais demandé à ma copine Nora de venir parce que je me faisais dessus de trouille, tellement je sentais pas du tout le truc. On attend une éternité en coulisses et puis soudain son agent me fait rentrer dans la loge cinq minutes avant qu’elle n’entre en scène, elle était tendue comme un string et jetait des coups d’œil nerveux de l’appareil photo à moi à Nora en revenant à l’appareil photo. Je m’embrouille de plus en plus dans ma question qui dure deux plombes et alors que je m’apprête à la conclure, elle me coupe la parole, lève la main et éructe « ON VERRA PLUS TARD » avant de quitter la loge, suivie de toute sa troupe (sept personnes). Ma vidéo finit le plan sur la gueule de Nora, sidérée de mon plantage et gagnée par le fou rire le plus long de sa vie. Six mois après, elle peut encore s'étouffer de bonheur rien qu'en y pensant : l'interview la plus courte du monde, et c'est moi qui l'ai faite !

(la preuve en images...)
Anne Roumanoff écoute ma question

Anne Roumanoff comprend que je suis un péquenaud

Anne Roumanoff vérifie bien que ma caméra est un appareil photo

Anne Roumanoff décide en un quart de seconde que je dois dégager...

Et ça c'est la gueule de Nora à la fin de la scène...



Géraldine prend alors la parole :
- Moi, la semaine dernière, j’ai été chauffée par un mec hallucinant au mariage d'une amie de ma sœur, ça devait être le cousin du marié. Un sportif de haut niveau, médaillé à Pékin, une bombe de muscles, un sourire à tomber par terre, toutes les nanas du mariage mouillaient la culotte rien que de le voir en costume et toutes m’auraient déchiré la gueule à la cuillère vu qu’il me tournait autour, grave. Je te passe les détails, à un moment donné, on se retrouve contre le mur d’une église à deux heures du mat’, lui le pantalon baissé, moi la jupe relevée, il me demande si par hasard j’ai pas une capote, je lui dis « oui je crois, dans mon sac, attends » et, dans le noir, je fouille mon Birkin qui pèse une tonne avec la moitié de ma vie dedans. Toute excitée, bien bourrée et à l’aveugle, je fouille, je refouille, j’en trouve enfin une, il se jette sur l’emballage, le déchire avec les dents et se le met sur la queue direct… Avant de hurler à la mort… C’était un rince-doigts au citron qui me restait d’un restau à huîtres… Ah, le bordel dans mon sac… Tu penses bien que je me la suis carré bien profond, ma connerie, il est partie fumasse, le membre en feu, il m’a pas adressé la parole de tout le week-end. Il est dans Paris-Match de la semaine prochaine, regarde voir s’il a pas un pansement à la b..., j’ai peur de l’avoir estropié à vie.


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