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La Chambre d'Albert Camus - Nouvelle édition augmentée (Poche)

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Re: Echange de maison 7/10/2013 9:06
Re: Echange de maison 27/8/2013 9:27
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 12:06
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 10:04
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 9:36
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 9:04
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 7:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 1:38
Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 0:35
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 23:15
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 22:37
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 22:35
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 21:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 21:37
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 20:43
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 20:22
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 19:52
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:45
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:16
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:02
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:20
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:18
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:14
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:09
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 14:48
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 14:10
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 13:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 12:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 12:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 11:52
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 11:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:47
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:25
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 9:11
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 9:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 8:40
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 8:36
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 7:15
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 6:44
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 4:03
Re: Promo 31/10/2008 3:03
Re: Soirée Diapo (4) Hong Kong : 13 000 bouddhas, et moi ... 31/10/2008 2:59
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 2:48
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 2:35
Ils semblent murmurer à ton oreille... 31/10/2008 0:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 30/10/2008 23:53

La Marmotte : Ah la sale bête !
Posté par Ron le 6/9/2007 20:50:00
La Marmotte

Depuis deux ans que j’essaye, je ne peux rien en tirer. Il est inflexible, il ne bouge pas d’un iota : « non, c’est non. Je suis chez moi et je ne veux pas ! ». J’ai eu beau expliquer, démontrer, promettre, trouver des solutions ou des garanties, il ne veut rien savoir. Cette tête de mule qui partage ma vie ne veut pas échanger la maison pour les vacances.


Moi, je suis habitué. Depuis seize ans, mes parents le font. On a commencé avec « Echanges Enseignants », une petite association basée à Pau, qui n’existe plus, et qui permettait à tous les enseignants de France et d’Europe, puis du monde entier d’échanger leur domicile. Le principe est simple : vous faites paraître dans le catalogue de l’association une photo de votre maison. Vous donnez le nombre de chambres, de lits, de couchages possibles. Vous expliquez ce que vous possédez de moderne : lave-vaisselle, télévision, ordinateur. Vous indiquez les contraintes : je ne veux pas de fumeurs, ma maison a trois étages, nous ne pouvons pas garer la voiture dans la rue donc parking payant obligatoire. Il faut aussi expliquer ce que la maison possède « en plus » : piscine, terrain de tennis, petit lac… A combien vous êtes situé des grandes villes (Bordeaux 15 Km, Océan moins d’une heure). Vous précisez si vous possédez un animal de compagnie, son nom et si vous souhaitez que l’autre s’en occupe. Enfin, vous terminez par votre souhait : j’aimerais aller de préférence en Espagne, au Portugal, en Italie.

Vous attendez un peu. C’est la partie la moins drôle.

Et à la parution du catalogue, les surprises commencent. Des lettres du monde entier (maintenant ce sont des mails, c’est moins drôle) de gens que vous ne connaissez ni d’Eve ni d’Adam mais qui vous parlent d’eux :
- Bonjour, nous sommes Erich & Lorena, nous sommes un couple d’enseignants d’origine Allemande et nous habitons le nord de l’Italie. Nous aimerions découvrir votre région, en Août, du premier au quinze. Voici quelques photos de notre maison, nous habitons un ancien palais rénové, seule la partie centrale est habitée, mais il possède une dizaine de pièces et trois chambres. Voici quelques photos. Nous sommes proches d’un village adorable où vous trouverez un marché le mardi et le jeudi. Nous vous laissons également sur place un véhicule, que vous pourrez utiliser si vous souhaitez venir en avion, l’aéroport est à moins d’une heure et mon beau-frère pourra passer vous prendre et vous ramener le jour du départ. Dans l’attente d’une réponse que j’espère favorable, voici quelques dépliants touristiques de la région...

- Bonjour, je suis Domenica, j’habite à Londres et je suis française. Je repars deux mois à Paris cet été et je suis très ennuyée de laisser mon appartement vide, à cause de mes plantes. J’ai vu que Londres était votre troisième choix mais si vous souhaitez passer fin juillet une grosse semaine, je serai ravie. L’appartement est très ensoleillé, à deux minutes de Hyde Park. Mon ami Andrew tient la supérette 8/8 à côté et vous fera bénéficier de 15% de réduction tout le long du séjour. A bientôt !


Les règles sont simples. Nous ne faisons pas chez eux ce que nous n’aimerions pas qu’ils fassent chez nous. Si une pièce est ouverte, elle est accessible. Si elle est fermée, nous n’insistons pas. Pareil pour les placards, certains sont laissés vides avec un post-it dessus « POUR RANGER VOS AFFAIRES », d’autres dans la cuisine sont en libre accès, pour les serviettes, les assiettes.
Le frigo n’est pas vidé au départ, puisque les personnes arrivant vont habiter la maison comme nous. Au retour, il est souvent plein de produits que nous n’aurions jamais achetés (du beurre demi-sel ! Quelle idée ! Des cracottes dans le placard ! Beurk ! Oh, de la confiture de prunes, ça faisait longtemps !). Le ménage est fait avant de partir mais, inexplicablement, la maison est toujours plus propre quand elle est nettoyée par un inconnu. C’est bizarre.



Les gens font des lessives, étendent leur linge et vivent chez nous comme chez eux. Seul le lieu des courses change. ils choisissent des dévédés à regarder qu’ils n’auraient jamais pris pour chez eux. Nous profitons d’un canapé immense en cuir, tout neuf, avec vue sur le Golfe de Gascogne, la mer, et la piscine dans laquelle le soleil tombe, doucement. Ils ont la clim. ! Nous leur proposons des vélos ! Ils ont la salle de bain au troisième étage, en plein Quimper…et les chiottes dedans !
Nous avons une chiotte en bas, une chiotte en haut et un jardin immense pour ceux qui n’ont pas envie de s’éloigner de la piscine. Ça détend les sapinettes, de leur pisser dessus. Nous roulons en Honda pour la première fois, une automatique ! Ils ont découvert la Twingo, ils adorent, ils veulent en acheter une ! Leurs voisins sont membres du parti communiste Italien et nous invitent, comme invités d’honneur, à la fête du jambon : toute la salle lève le verre pour nous saluer.
Nos voisins décident enfin de s’excuser pour leur sale perroquet qui siffle et sont invités à boire un verre dans notre jardin : ils n’avaient pas réalisé à quel point la nuisance était forte. Nous avons cassé une assiette d’époque, en préparant le déjeuner, on appelle dix fois, pour savoir comment la remplacer : ils sont hilares, c’était une des gamelles pour le chien dans laquelle nous mangions depuis une semaine (ils ont un service entier moche, datant du mariage, qu’ils utilisent pour le chien... rangé dans le placard, avec les autres couverts…).
Ils font venir un vitrier pour remplacer la porte vitrée du couloir, fendue après un grand coup de vent ou le passage de leur gamin. Nous hésitons à leur avouer qu’elle est fendue depuis 1978, au moins, ils avaient l’air tellement heureux. Ils se perdent aux fêtes de Dax et reviennent à 19 camper sur la pelouse. On emboutit la voiture prêtée en voulant faire un demi-tour dans l’allée. La nana pique une crise parce qu’un des bols de la cuisine est ébréché, elle appelle mon père à 7h du matin pour lui dire que c’est honteux, un vrai scandale. Mon père l’insulte en lui disant que si elle est pas contente, elle a qu’à aller poser son gros cul de pute bourgeoise à l’hôtel, mais qu’avant, elle apprendra à nettoyer ses chiottes correctement quand elle échange sa maison.
Le monsieur fume le cigare chez nous, ça sent encore sur le canapé (dixit ma mère) dix ans après. Le chat de chez eux meurt pendant qu’on y est, personne ne s’en remet (eux qui sont loin, nous qui nous sentons responsables).

Des maisons de folie, vue sur la mer.
Un palais vénitien, à deux pas de la Place Saint Marc, tout délabré.
Un appartement riquiqui en plein Lorient, une prune à onze euros matin et soir dans la rue.
Une villa avec piscine sur les hauteurs de Mougins.
Une villa de marbre des pieds à la tête, en Algarve, où il faisait 200 degrés la nuit. Un cauchemar, le Portugal au mois d’Août.
Des souvenirs plein la tête.

Et cette putain de Marmotte qui ne veut pas !
« On ne vient pas chez moi ! Ils vont toucher mes comics ! Ils vont fouiller partout ! Ils vont casser des choses ! ON LES CONNAIT PAS ! »
- Mais eux non plus, ils nous connaissent pas, merde !
- ON LES CONNAIT PAS ! Personne que je ne connais pas entre chez moi ! Tu as compris ? Je ne veux chez moi ni chat, ni inconnus, ni ta copine lesbienne Marie-Cécile qui pue si fort des pieds qu’on a dû vendre le tapis sur Ebay la dernière fois !
- Mais elle a un problème de thyroïde, Marie-Cécile !
- Elle a la thyroide au niveau des chevilles ?! Prends moi pour une buse. Non, c’est définitif, ne reviens pas dessus.
Il part alors s'enfermer dans une de ses colères froides où il fait semblant que je suis transparent pendant deux heures. Il passe mille fois dans l'appart, le nez en l'air, le regard noir.Et je vous jure qu'il peut très bien le faire, ça lui pose aucun problème. Même un week-end entier.
Alors j'ai remis le couvert, une fois, dix fois, je me suis dis, saleté d'espagnol, je t'aurai à l'usure. Mais tu peux y aller, enfoiré d’animal de sa race, il a pas cédé UN POUCE DE TERRAIN !
Je sais plus quoi lui dire… On nous file un appart de 150 m2 à New York, on nous file une villa à Los Angeles (avec voiture !), on nous file un condo à Hong Kong, tu penses, nous on a 70 m2 modernes en plein Paris, tu vois le truc, les gens ils font la queue pour venir, toute l’année. On paye que l’avion, on achète la bouffe qu’on aurait achetée ici de toute façon, on peut glander dans une vraie maison chaleureuse mais non.
RIEN ! Il veut RIEN savoir.
Je sais plus quoi lui dire.
Parlez-lui, vous, je sais pas, vous trouverez peut-être l'argument qui tue...


La Marmotte : Oh le neko tout kawaï!
Posté par La Marmotte le 2/9/2007 20:40:00
La Marmotte

Si comme moi, la Marmotte, vous devez subir des suppliques larmoyantes du genre: "Quand est-ce qu'on a un chat à la maison?"..."Oh c'est si mignon un petit chat, ça me ferait tellement plaisir!"..."S'il te plaît, s'il te plaît, s'il te plaît, je voudrais tellement qu'on ait un chat!"; vous savez qu'il ne faut jamais céder: il faut rester ferme.

Non pas de chat à la maison, mon Ron, d'abord tu es allergique et puis pense à ton asthme. Ensuite oui c'est mignon mais faut se taper la litière et c'est déjà moins glamour puis c'est que ça mange aussi ces bêtes là, sans compter les frais vétérinaires.

Et on sait tous comment ça va se passer, tu vas t'en occuper au début puis rapidement laisser les corvées de côté pour uniquement conserver les moments où il vient se lover sur tes genoux pendant que tu rédiges un nouvel article pour ton blog ou des pages de ton nouveau roman. Qui donc au final devra s'occuper de cette pauvre bête qui sitôt après s'être léché le postérieur pendant des heures vient ensuite te ravaler la façade comme si de rien n'était?

Non et puis le problème, c'est qu'en appart, ça devient de gros pépères castrés qui choppent la goutte à pioncer toute la journée sur le canapé pendant qu'on bosse et qui prennent un malin plaisir à coller le binz pendant que vous essayez de dormir la nuit. Et tous ces poils qu'il va laisser partout sur mes costards, non mais t'imagine, j'oserais plus jamais m'asseoir nulle part chez moi?

Non, non et non, je tiens ferme depuis des années: pas de chat à la maison.

Et là, au détour de mon surf quotidien sur l'excellent Akihabara News, je tombe sur une pub Sega, plus fort que toi, qui propose enfin le compromis idéal: le chat robot!

Propre en toutes circonstances, il ne griffe pas, n'a pas besoin d'être nourri, pas de litière qui pue à descendre, anti-allergénique: bref pratiquement le chat parfait. Autre avantage, l'absence de dilemme entre trouver une âme charitable pour s'en occuper pendant les vacances et l'abandonner au bord de la route. Mais surtout, s'il perd ses poils synthétiques sur votre costard noir et que vous l'envoyez bouler en lui foutant un bon coup de pied dans le museau pour lui apprendre à pas recommencer, soyez tranquille, vous n'aurez aucun soucis avec la SPA.

Bon alors je t'en prends un?


envoyé par AkihabaraNews


La Marmotte : Sade (ism) : It's just ordinary love
Posté par Ron le 4/10/2006 6:00:00
La Marmotte

J’ai envie de le hâcher menu menu quand :

• Il dort toute la nuit avec le tee-shirt « Comme des Garçons » que j’ai payé la peau du cul d’Eva Herzigova. Il se lève, le col pendouille, le logo est tout fripé et, en baillant, il tire dessus pour le rentrer dans son pyjama. Dead de la mort, le tee-shirt.

• Il soulève la quiche que je viens de cuisiner avec amour pour voir si la pâte est bien cuite en dessous.

• Il téléphone à sa mère cinq minutes avant le début de Six Feet Under alors qu’il sait que ça va durer une plombe.

• Il hésite sur la couleur de son pull au moment de partir pour le ciné. Pas une heure avant, pas une demi-heure avant, pas un quart d’heure avant, non, pile au moment où je mets la main sur la poignée de la porte.

• Il me demande de choisir le film en haussant les épaules « Tout ce que tu veux, mon amour, tu sais bien que c’est toujours toi qui choisis les daubes » alors qu’on avait dit qu’on irait le voir à deux, « Folles Du FBI à Abattre ».

• Il raconte avec son air angélique à Oli que je suis partant pour un plan à quinze, juste pour le plaisir de voir sa tête.

• Il me parle du salon alors que j’écris dans ma chambre. Je comprends un mot sur huit. Je gueule « QUOI ??? ». Plus de réponse. Je retente un « QUOIIII ?? » massif et viril. Silence Sarajevo après pilonnage obus Serbe ration familiale. Je me lève et je le trouve comme un pacha, allongé devant LCI. Il me montre un paquet de fraise Tagada, en mâchouillant, la bouche pleine : « Che peux les finiche, alors ? »

• Il me demande si c’est moi qui sens le fennec, dans la queue du théâtre et se penche pour me renifler. Hésite. Soupèse. Puis décide que c’est le type de devant. Oui, c’est le type de devant. Et il semble soulagé, comme si j’avais pu puer une seule seconde en sa présence.

• Il me dit, première chose qu’il me dit hein, pas la deuxième, naaaaan, il me dit, en rentrant à la maison, « Oh, ça sent le propre, toi, tu as fait le ménage, je suis bien content, tu sais qu’il n’y a que ça qui me rend heureux !»… et voyant ma tronche, il se rattrape à la dernière branche avant le ravin, comme une buse hémiplégique : « enfin, vivre à deux, on salit plus que seul, c’est normal, j’oublie toujours. »

• Il fait « oulala c’est pas du top placement cac 40 » avant même que j’aie commencé le créneau alors qu’il ne conduit jamais. Et le voilà qui regarde dans le rétro la voiture de derrière qui se rapproche centimètre par centimètre, comme si sa vie en dépendait.

• Il inspecte par la fenêtre la pluie tomber, genre 15 hectolitres au centimètre carré. Se re-glisse sous la couette en prenant un air « Mère Térésa syndrome grippal » et chuchote « Mhum, ça sent le dimanche à manger des croissants frais ! » pendant qu’il me pousse du pied, hors du lit.

• Cuisine des trucs sublimes à 5000 calories la bouchée alors que je fais Weight Watcher ® et que le Tiramisu au Truffon Double est tellement couillu en points qu’on croirait le montant du PIB Guatémaltèque.

• Il fait exprès d’être extraordinaire pendant une semaine complète. Genre beau, gentil, drôle, prévenant, gourmet, sensuel, tendre, compréhensif, aimant. J’ai alors l’impression d’être Jonas le Romano Craspek, éduqué dans un bordel de Bogota par des putes transsexuelles carburant au crack et jeté dans un cargo direction la France après une opération pour lui coller deux mains gauches, un sens de l’égoïsme et de la méchanceté centré sur celui de la mal-bouffe. Je me dis que je ne le mérite pas. Que je ne suis pas à ma place. Et à l’instant où j’écris ce billet, je l’entends gueuler quelque chose de la cuisine. Il veut que je me déplace. Je ne bougerai pas. Il gueule à nouveau. Je gueule aussi :
- J’écris !
- Honhonhonh honhononn.......
- J’écriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis !
- Hoooooooh noooonhooonh.........
- OH PUTE BORGNE ! J'ARRIVE MERDE !

Il demandait où j'avais rangé les ciseaux. Nomého, mais j'ai mes billets, moi. C'est quoi la priorité ?

On s’aime depuis deux ans et demi. (Enfin, moi je l'aime depuis trois ans, mais on va dire que l'essentiel est d'arriver ensembles à l'arrivée, hein, monsieur muffle)


La Marmotte : 24 mois à deux
Posté par Ron le 2/7/2006 11:30:00
La Marmotte

Hier, en sortant du lit, je n'allume pas la lumière et j'avance à tatons vers la porte, direction couloir, direction frigo, j'ai toujours besoin d'un truc frais le matin, sinon je suis pas aimable, sinon je suis pas parleur, sinon je veux qu'on me foot la paix (ceci est un message caché pour mes soeurs obligées de regarder la Grande Messe des Millionnaires & des Boeufs Meuglants Bedonnants).

Je marche sur un truc bizarre, dans le noir, puis sur un deuxième puis encore sur un objet que je ne définis pas. J'ouvre la lumière, je cligne des yeux, je regarde à mes pieds.

Un lit de pétales de roses.

Je me dis "Hein ?" dans ma tête et je me demande ce qu'il a foutu hier soir, s'il a pris de la drogue ou descendu un Monbazillak en solo sur le canapé.
En ouvrant le placard du haut, un feuille glisse sur le plan de travail :

"Deux ans d'amour et je suis fou de toi".

En ouvrant le frigo, une feuille collée contre la bouteille de lait :

"Deux ans d'amour, ça fait froid dans le dos...Ah, non, je suis bête, c'est le frigo".

En prenant ma cuillère dans le tiroir, une feuille posée sur les couverts :

"Deux ans d'amour et je me glisse partout, même là"

Et en retournant me coucher, discrètement, pour enfiler mon bol de céréales avant de me rendormir, je tombe sur le mot scotché à ma porte :

"Deux ans d'amour et tu es tellement touché par tous ces petits mots que tu décides d'aller acheter des croissants pour fêter tout ça... J'aime quand tu prends des initiatives, oh, oui. Viens me réveiller dès que tu les as."

Et en dessous, écrit à la main, sûrement rajouté à la dernière minute au vu de l'heure tardive à laquelle tout cela a dû être mis en place :

"Ne viens pas avant 11 heures du matin non plus, hein, on s'aime mais on a plein de temps pour se le dire ce wikende."


La Marmotte : Il doit se tromper, mais dites lui, vous !
Posté par Ron le 3/6/2006 19:20:00
La Marmotte


Alors que j’explosais de rire en voyant les chaussons du mec à Batims, me disant « putain comme ça casse grave le mythe ! » parce que je ne sais pas si vous savez mais le mec à Batims est grave bombasse, bref donc, alors que j’explosais de rire, La Marmotte entra dans la chambre.

- Regarde ! (que je lui fais, en lui montrant du doigt l’objet de ma moquerie) Regarde ! Comment veux-tu avoir du désir sexuel dans le creux de tes reins après avoir vu ça ?

Mon rongeur, placide, me balance aussi sec :
- Ben tu n’as pas vu les tiens, dis donc, ils sont ignobles, je te signale.
- HEIN ? Mes chaussons Ikéa ils sont ignobles ? Non mais t’es wawa ! T’as vu la vierge en String à la plage de Palavas qui vendait des chouchous dans une glacière en polystyrène !
- Ils sont ignobles, tes chaussons, mon amour. Depuis des mois je ne dis rien dessus mais je n’en pense pas moins. C’est super dur de te voir avec ça.
- HEIN ? LE COUP BAS A SA MERE DU WIKENDE DE PENTECOTE QUE TU ME FAIS LA ! COMMENT TU AS PU GARDER CLASSIFIED UNE INFO COMME CA ? Haaaaaaaaaaaan !

Il ne dit rien, hausse les épaules et s’en va jouer au Chirurgien sur sa DS lite blanche, affalé sur le canapé du salon.

Je suis sûr qu’il exagère. C’est pas dieu possible qu’on trouve mes chaussons ignobles, c’est pas dieu possible. Je veux en avoir le cœur net.
Les voilà, cliquez sur l'image pour les voir en grand, j'alterne les couleurs selon la saison et j'en change pour le même modèle tous les 4 mois depuis dix ans.




SONDAGE ! Répondez sur la gauche, et jouez pas aux petits malins, hein, parce que si vous les trouvez véritablement ignobles ben il faudra m’en trouver une autre paire et moi, je sais pas où ça se trouve des chaussons sexys et confortables…

Répondez la main sur le cœur.
Merci.
Il vous le rendra


La Marmotte : L'art et la manière.
Posté par Ron le 8/4/2006 15:50:00
La Marmotte

Sortie restau tout à l'heure, c'est moi qui invite, donc je choisis un peu trop arbitrairement le lieu, petite brouille, je boude, quelques mots sont échangés, je commence à moins apprécier le repas, je vois la Marmotte se lever et disparaître un instant, puis se rasseoir l'air de rien. Je me demande où il est parti.
Je me demande également si on va pouvoir passer à autre chose et savourer le super brunch. Ca a l'air mal parti, et par ma faute.
Mon portable vibre.

" Je t'aime, tu sais ".


Voilà à quoi ressemble l'Homme que j'aime, celui qui rattrappe toutes les situations, celui qui assure grave.


Heureusement que je t'ai.


La Marmotte : Toi, toi, mon toit.
Posté par Ron le 27/1/2006 5:52:00
La Marmotte

En discutant au restau avec des amis, j’évoquais le fait d’avoir organisé un concours sur le site, proposé au gagnant une séance de ciné en ma compagnie et récompensé le bienheureux (!) l'autre soir à Bercy, séance de 19h30, laissant La Marmotte au chaud devant ses jeux vidéos.
Je lui avais tout de même demandé s’il souhaitait venir avec moi (par deux fois). Réponse ferme, polie et négative.

Stupéfaction du couple qui n’en revient pas. Qui demande à mon amoureux si ça ne le gêne pas (réponse : « non, je ne suis pas du tout jaloux, non, j’aime bien avoir mes soirées à moi aussi de temps en temps »).
Je ne dis rien, pensant que nos amis ne vont pas creuser plus mais non, ils ne veulent pas trouver ça normal.
Ils reviennent à la charge :
- Mais Ron… Ce serait La Marmotte qui ferait ça, tu en penserais quoi ?
- Je ne sais pas. Je demanderais à venir si je suis intéressé par la sortie ou je resterais au chaud, à la maison. Je ne sais pas. Je le vivrais bizarrement, peut-être.
- Ah, tu vois ! Mais toi, ça ne te gêne pas de sortir avec un gay, inconnu, beau garçon, pour aller au ciné !
- Mais on n'a RIEN fait ! C’est en pure camaraderie ! Enfin ! Il n’y a pas que le sexe dans la vie !
- Teu teu, je ne crois pas à l’amitié homme femme et je ne crois pas non plus à l’amitié entre gays. Tu devrais garder tes distances, et ne pas t’aventurer dans ce genre de plan. Ton partenaire peut mal le vivre.


J’ai réfléchi à ça en m’endormant et ça m’a travaillé.
D’abord parce que La Marmotte ne sort pas en célibataire avec des amis gays, jamais, il n’aime pas le milieu et ne le fréquente pas.
Ensuite parce que nous n’évoquons jamais mes sorties sur un mode ambigu.
Il est implicite entre nous deux qu’elles sont amicales ou « mondaines », qu’elles sont toujours proposées à l’autre avant d’y aller (sauf le marché rue d’Aligre car Monsieur a des difficultés à comprendre que les légumes n’attendent pas 14h, heure du lever dominical).

L’idée de me retrouver nu contre un autre homme me traverse parfois l’esprit, comme tout un chacun, les fantasmes sont sains, normaux, et contribuent à nous faire avancer.

Je rêve de caresser la nuque d’un Coréen ou d’un Chinois, je regarde avec intérêt quelque cadra grisonnants, je suis fasciné par un Italien qui murmure des cochonneries, j’ai beaucoup de mal à résister au sourire d’un métis… Mais l’idée aujourd’hui de coucher avec quelqu’un d’autre me semble… risible.
Oui, risible.

Tentante, faisable, aguichante certaines fois, mais… risible.

Je ne dis pas « Fontaine… », je ne joue pas les Tartuffe, nous savons tous que la vie, parfois, sépare ceux qui s’aiment, tout doucement, sans faire de bruit, nous savons tous que la mère Tentation est la plus sournoise des salopes dansant devant nos pupilles (amis ex-fumeurs depuis une semaine, amis au régime, amis amoureux d’une collègue en silence, on se comprend, hein).

Mais j’ai besoin de voir du monde pour savoir à quel point je l’aime. C’est paradoxal mais c’est dans les yeux des autres garçons que je comprends pourquoi j’ai choisi le mien.

En passant la porte, en posant mon manteau, en enlevant mes chaussures, je rentre doucement, pour ne pas faire de bruit, et je le retrouve souvent dans son pantalon de pyjama à carreaux que j'aime tant, avec un petit tee-shirt blanc, à m’attendre, devant l’ordi.
Il me sourit.
Avec bonté, avec amour, avec une infinie tendresse.
Et je sais que je suis arrivé chez moi.


La Marmotte : Le dieu de mon stade
Posté par Ron le 25/12/2005 6:27:00
La Marmotte

Je me suis accordé un (petit) plaisir, pour Noël, un peu comme ces hommes qui achètent des porte-jarretelles pour que leur femme, de temps en temps, après une dure journée de travail, les enfile.
Les porte-jarretelles, bien sûr.
Pas les hommes.

Bref.
Je m’embrouille les pinceaux.
Je voulais juste vous dire, parce que beaucoup d’entre vous ne le savent pas, sauf un ou deux chanceux, mais mon amoureux… La Marmotte… est un peu tanké, comme on dit chez moi. C’est une belle bête. Gaulé comme un Banderas Jeune. En plus ferme.
Oui.
Epaules, pectoraux, fesses.
Impeccable.
Le costume est porté avec classe.
Le maillot de bain avec tenue.
Le boxer est toujours sexy.
Et quand la bête va trottiner hebdomadairement dans le Bois, je surveille toujours derrière, sur mon petit vélo, afin que les coureurs & autres sportifs ne soient pas dérangés par la vue de mon animal tanké. Et pour repousser les sales prédateurs qui rôdent, aussi, oui.


Il doit râler à cette même seconde, doit faire non de la tête, « mais qu’est-ce que tu racontes encore comme bêtise à tes lecteurs, mon pauvre amour ? ».
Si, si, chouchou, on peut se le dire, on est entre nous, c’est que des amis. Tu es Hot.

Et donc, pour Noël, mon amour, je t’ai offert la panoplie complète de lui :

Oui, oui, Frédéric Michalak, le vrai, nu, mais en tenue de sport, gay et sexy, (ces deux derniers mots étant inclus uniquement pour les moteurs de recherche), rien que pour mes yeux.

Je me suis fait plaisir.
Tu trouveras donc, au pied du sapin :
- Le maillot Taille S (que tu emplis à merveille) officiel ®
- Le short Taille L officiel ®
- Le cycliste Taille L officiel ®, que j’ai pris un peu plus clair, pour qu’on remarque l’ensemble
- Les grandes chaussettes à remonter jusqu’au genou, et oui, c’est comme ça qu’on les met, mon amour.
- Et une nouvelle paire de baskets pour courir léger, léger, léger.


Et mon doux, je te le demande, maintenant que tu sais tout ça, tu as deux possibilités.

- S’il te plaît, enfile le tout et montre moi voir comment tu es dedans.


OU


- S’il te plaît, enfile le tout et montre voir comment tu es dedans, dans mon lit.



Je ne peux pas être plus clair.
Ce matin, mon Frédéric Michalak va venir me souhaiter un joyeux Noël.
En mieux.
Et vous savez quoi ? En plus, il fait un "jus d'orange maison" lui-même, le week-end, avec ses petites mains. C'est pas beau, ça ?

Le rugby, j’adoooore.



La Marmotte : Uhuhuhuhuhuhu
Posté par Ron le 26/10/2005 17:33:00
La Marmotte

Un de mes plus grand (petit) plaisir coupable...est de lacher ça et là sur des blogs que je lis des commentaires parfaitement sexuels ou complètement vulgaires, que je signe de mon nom, bien sûr, jamais en anonyme, et que La Marmotte découvre avec effroi des semaines après, par hasard.
Genre je me lââââche.

Il vient me trouver dans la chambre, hagard :

- Tu as été écrire ça chez Finis ? Mais t'avais bu ou bien ? Qu'est ce qu'il va penser de toi ?

Je prends un air de puceau Balladurien chemise vichy pantalon Cyrillus et je le regarde niaisement :

- Oh, ben tu sais, hein, euh, ohlàlàlà...
- Ah, ça, chez "toi", tu fais ton prude, hein, mais chez les autres, tu te lâches !
- Vi ! (je hoche frénétiquement la tête)
- Et tu vas arrêter de dire des cochoncetés comme ça, partout, tu me fais honte !
- Vi ! (je hoche encore frénétiquement la tête)
- Promets !

(je tords les doigts dans mon dos et ceux du pied dans la chaussure)

Et le lendemain, je lâche une horreur chez Chocolat ou café, un truc bien sexuel.


J'ai honte


La Marmotte : Brown Sugar How can you taste so good ?
Posté par Ron le 6/9/2005 6:40:00
La Marmotte

La Marmotte en vacances se comporte encore plus bizarrement que le reste de l’année. J’avais parlé une fois, il y a bien longtemps (http://ron.infirmier.free.fr/modules/news/article.php?storyid=318 ), du temps passé chaque matin dans la salle de bains, à regarder ses cheveux, à les dompter, à les remettre en place délicatement d’un doigt, puis à changer de glace pour juger de l’effet vu de dos, etc.
Au bas mot, une heure chaque matin, et un départ « faute de mieux », j’en suis sûr, puisque rarement la Marmotte se satisfait de son look.

En vacances, une autre mar(m)otte surgit.
Le bronzage.
La Marmotte adore lézarder au soleil, côté pile, côté face, de trois quarts, puis, cachant d’un demi-bras la partie qu’il souhaite peaufiner, un front est exposé, ou son menton, ou sa petite oreille.
Le soir, il s'oint avec délectation de moult crèmes fort onéreuses, des pieds à la tête, avec de petits grognements de plaisir, rechignant à demander de l’aide pour les zones inaccessibles, et ce devant sa glace préférée.
Et le matin, le matin, au moment du réveil, une angoisse jaillit dans sa tête qui le pousse à sortir du lit si rapidement que je ne vois qu’une ombre passer devant moi. Il trottine jusque au miroir de l’entrée, baisse à demi son caleçon à carreaux et compare, en se rengorgeant de bonheur, les teintes acquises depuis la veille, le mètre étalon de la bronzitude restant son beau petit cul pommelé éternellement blanc, zone rectangulaire lui permettant de vérifier que
1) oui il se matifie
2) oui il devient encore plus beau
3) mhum il reste encore du travail à faire dans telle zone.

Parfois euphorique, parfois penaud, il me rejoint à la table du petit-déjeuner et s’assied, en tailleur, sur sa chaise. Il attend.
Je mâche mon petit pain suédois en regardant les vagues au loin.
Il toussote pour attirer mon attention.
Je tourne la tête :
- Tu m’appelles ? Oui ?
- Alors ? (il lève le menton, presque anxieux)
- Alors quoi ?
- ALORS ???
Je commence à comprendre le manège (faut dire que j’émerge moi aussi) et je récite mon texte à la virgule près, pendant que l’animal se pâme de bonheur, ronronnant de mon caressage verbal.
- Oh-que-tu-as-bien-pris-le-soleil-mon-amour, Oh-que-ton-bronzage-est-réussi, Oh-que-tu-as-l’air-reposé…
- Je te plais ? (Il me dévisage, anxieux)
- Tu es beau.
- Je suis beau comment ?
- Euh… Tu es beau, tu es… beau !
- Beau COMMENT ?
- Tu es beau comme… un camion !
(Il fronce les sourcils une seconde, réfléchit, décide que la comparaison est flatteuse, accepte de prendre le compliment et hoche la tête en signe d’approbation. Oui, il est « beau comme un camion ». Mais à nouveau, ses deux gros sourcils de latin se croisent et il me regarde, presque dubitatif…)
- J’ai un souci, tu sais…
- Dis-moi tout, mon amour.
- Et ben, j’ai une zone, là (il me montre du doigt une bande de quelques centimètres en dessous du coude) que je n’arrive pas à dorer. C’est positionnel, je pense, je n’ai pas encore trouvé la bonne façon de l’exposer, mais je trouve ça terriblement disgracieux.
- C’est vrai ? Mais… (et là, je commets la bourde) on ne voit pas trop la différence avec le dessus de bras, tu sais, c’est homogène.
Le rongeur se referme instantanément :
- Comment ça on ne voit pas la différence ?? Mais tu divagues totalement, bien sûr qu’on la voit la différence ! On ne voit que ça !
- Mais mon amour, c’est pas grave tout ça, dans trois semaines, à Paris, y’aura plus rien.

Mortellement blessé, il se lève de table, saisit l’appareil photo numérique et part s’enfermer dans la salle de bains en maugréant des paroles inintelligibles dont je comprends avec difficulté quelques mots « intellectuel de mes deux » « soutien dans le couple » « l’amour rend aveugle » « tupeupacomprendre ».

Je fais la vaisselle, je joue un peu à Tétris, j’ai même le temps de regarder un épisode de Millenium que je ne le vois toujours pas sorti de la salle de bains. Un peu inquiet, je frappe à la porte.
Je l’entends grogner de l’autre côté :
- QUOI ?
- Ben rien, je m’inquiète, kesstufé ?
- Mhum.
- Quoi, mhum ?
- Tuasraisoncaménerv’ (il balance sa phrase d’un coup)
- HEIN ? J’ai raison sur quoi ?
- C’est autant bronzé devant que derrière, c’est NUL, c’est TOTALEMENT foutu, c’est raté, je suis vert. Faut recharger le numérique, j’ai vidé la batterie, et tu effaceras les photos de moi, hein, je veux pas que tes lecteurs voient ça, hein.
- Mais oui mon amour, c’est pas grave, c’est rien, oh, allez, ouvre la porte.
- Mhum.
- Ouvre la porte, on va aller faire un câlin sur le canapé.
(Injonction miraculeuse qui marche à tous les coups avec un Latin)
Il sort, drapé dans sa dignité :
- Une seconde, je vais d’abord ouvrir en grand la fenêtre.
- Ben… Avec les voisins de l’autre immeuble, on va nous voir, qu’est ce que tu… mais ??
Il pousse les rideaux, ouvre en grand les fenêtres, inspecte le canapé puis décide de sa place :
- Là, voilà, parfait, viens ici et mets-toi comme ça et moi je me mets là.
- Ben pourquoi ?
- Pendant que je t’embrasse, je prendrai un peu le soleil, au moins.
J’éclate de rire devant son humour.
Puis je ferme la bouche d’un coup.
Il a l’air sérieux ce con.


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