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Re: Echange de maison 7/10/2013 9:06
Re: Echange de maison 27/8/2013 9:27
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 12:06
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 10:04
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 9:36
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 9:04
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 7:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 1:38
Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 0:35
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 23:15
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 22:37
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 22:35
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 21:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 21:37
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 20:43
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 20:22
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 19:52
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:45
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:16
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:02
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:20
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:18
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:14
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:09
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 14:48
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 14:10
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 13:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 12:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 12:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 11:52
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 11:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:47
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:25
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 9:11
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 9:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 8:40
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 8:36
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 7:15
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 6:44
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 4:03
Re: Promo 31/10/2008 3:03
Re: Soirée Diapo (4) Hong Kong : 13 000 bouddhas, et moi ... 31/10/2008 2:59
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 2:48
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 2:35
Ils semblent murmurer à ton oreille... 31/10/2008 0:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 30/10/2008 23:53

Livres : On se retrouve à la forêt
Posté par Ron le 9/7/2007 16:00:00
Livres

Je suis invité, parmi d'autres auteurs, à venir signer mon livre et rencontrer mes anciens/futurs lecteurs, le dernier dimanche d'Août, sous les "arbres centenaires" du village forestier de Chanceaux près loches, en Indre et Loire, toute la journée du dimanche.

Plus d'infos sur le site officiel.

Apportez votre exemplaire ou achetez-le sur place, que j'y gratouille quelques lignes entre vous et moi... Une séance de signatures un peu particulière, il paraît que le lieu est magique !



"La XIIe édition de LA FORÊT DES LIVRES, signature d'écrivains sous les arbres centenaires, qui aura lieu dans le village forestier de CHANCEAUX-PRES-LOCHES, en Indre et Loire, les samedi 25 et dimanche 26 août 2007, sera dédiée à l'amitié franco-américaine. Elle aura pour invité d'honneur le Roi Lire, Bernard PIVOT."


Livres : Combien pour Frédéric dans la vitrine ?
Posté par Ron le 6/7/2007 20:30:00
Livres

La joie de signer des livres à des inconnus ? Ouais, un grand moment de solitude, surtout, pour le type assis à sa table comme pour les étrangers penchés dessus et qui se demandent ce qu’ils vont bien pouvoir demander ou raconter.



J’étais ennuyé. Charles m’avait envoyé le livre. Et une invitation chez Zadig & Voltaire, pour la séance de signature. J’avais lu rapidement le bouquin, le trouvant bien écrit mais sans étincelles. Je m’étais juré de ne rien dire, ne voulant pas critiquer devant son auteur un livre qui représente beaucoup de travail, de corrections, de sueur, d’angoisse.
Beigbeder était un peu ailleurs, s’enquérant auprès de son éditeur des derniers potins autour de son film (99 Francs, avec Jean Dujardin), posant pour des photos, un peu cabotin. Nous poirotions comme des cons, avec Lilo et, par-dessus le marché, Mry nous filmait. Atroce moment.
Je fis ma Bridget Jones, bien sûr, évidemment. Tout sourire, je regarde Beigbeder et je lui dis « Oh ben je l’ai lu hier soir en entier ». Et là, évidemment, le mec il me regarde avec attention, pour savoir. Moi je me mords la lèvre, regrettant d’avoir dit ça. Il lit dans mes yeux ce que je pense du livre. Je souris bêtement. On passe à autre chose.


Livres : Secret de tambouille
Posté par Ron le 3/7/2007 6:00:00
Livres

Je ne sais pas comment font les autres pour écrire mais moi j’ai choppé le truc depuis quelques temps : je ne me promène plus sans un stylo et un papier, partout, tout le temps. Et je note. Même si je suis sûr que je ne vais pas oublier. Surtout si je suis sûr que je ne vais pas oublier.

Combien de fois, en me couchant, une idée de billet me traverse la tête, généralement une anecdote ou un thème à exploiter. Je souris, je me pourlèche mes babines mentales en me disant « tiens, ça je l’ai pas encore raconté, bon on verra demain matin ! ». Et je m’endors.

Sept heures après, au petit matin, plus rien, bien sûr, l’idée a disparu pendant la nuit, loin, très loin, et c’est rarement que je retombe dessus, des mois après. Mais elle s’est fanée, elle a un peu passé, les couleurs sont moins vives, en un mot, elle est moins bandante et je n’ai plus envie de jouer avec.

La plupart du temps, je parle et je raconte quelque chose, je rebondis sur ce que je viens d’entendre, je me souviens d’une histoire qu’on m’a racontée, ou que j’ai vécue, ou dont je crois me souvenir. Je vois les yeux de mon ami s’arrondir, parfois je le vois sourire et c’est là alors que je sais que j’ai touché juste. L’histoire est forte, l’anecdote est bonne, la progression constante et la chute se tient. Je devrais la raconter. Parfois ils me le demandent eux-mêmes :
- Tu l’as déjà racontée, celle-là ? Non ? tu devrais !

Pour ne pas oublier, alors, je prends le premier bout de papier qui traîne, mon stylo et je jette des mots clefs, des mots repères, ayant trop la flemme de raconter l’anecdote dans les grandes lignes, persuadé que je m’en souviendrai parfaitement en relisant tout ça à froid. A croire que je ne suis pas encore totalement vacciné de ma « perte d’idée à retardement », puisque régulièrement je fais encore l’expérience frustrante et désagréable de relire ces mots, ces bouts de papier et de ne rien pouvoir en tirer, rien. Mais parfois ça marche et le moteur interne n’attendait que ça : deux mots magiques qui alimentent le moteur, deux mots qui structurent une anecdote, deux mots qui me donnent envie de raconter mon histoire.

J’ai dans le placard, sur ma droite, près de moi, une pochette en plastique transparente que je nomme mon « sac aux merveilles », tellement le contenu m’excite et me rassure à la fois. Empilés à l’intérieur des dizaines de papiers me narguent chaque jour, de provenance diverse, de taille et de couleurs totalement différentes, unis par un dénominateur commun simple : quelques mots écrits à la va-vite sur un coin de feuille, quelques mots griffonnés pour ne pas être oubliés et pouvoir continuer la conversation tranquillement. Quelques mots dont je vais pouvoir me repaître, longtemps après.

C’est mon trésor, mon stock de guerre, ma réserve pour la soif, ma poire pour le dessert. Je n’y fouille jamais, non, je mets juste ma main dessous, je renverse le paquet et j’attends que le premier papier tombe. Un coup d’œil sur les mots et souvent mon envie reprend…
- Ah oui, celle-là, c’est vrai.

La pochette grossit à vue d’œil tant j’ai freiné mes billets sur le blog. Sa vue me rassure. Je sais que j’ai encore à dire et à partager. Je sens que je n’ai qu’à fouiner pour trouver vite une fois de plus une bonne histoire à écrire au petit matin, dans cette moins qu’une heure dont je dispose chaque jour, entre le passage des poubelles et le réveil de La Marmotte. Le secret de ma production régulière, la tanière de ma muse, la petite pochette magique qui me donne ce goût de fer unique dans la gorge quand je la caresse, je vous la montre pour la première fois. Avant de la ranger. Voici mon coffre-fort à idées. Sans lui, je ne suis rien.



L'histoire des gitans ? Elle est excellente, celle-là !


Livres : On se retrouve à la forêt...
Posté par Ron le 19/6/2007 17:50:00
Livres

Je suis invité, parmi d'autres auteurs, à venir signer mon livre et rencontrer mes anciens/futurs lecteurs, le dernier dimanche d'Aout, sous les "arbres centenaires" du village forestier de Chanceaux près loches, en Indre et Loire, toute la journée du dimanche.

Plus d'infos sur le site officiel.

Apportez votre exemplaire ou achetez-le sur place, que j'y gratouille quelques lignes entre vous et moi...Une séance de signature un peu particulière, il paraît que le lieu est magique !



"La XIIe édition de LA FORÊT DES LIVRES, signature d'écrivains sous les arbres centenaires, qui aura lieu dans le village forestier de CHANCEAUX-PRES-LOCHES, en Indre et Loire, les samedi 25 et dimanche 26 août 2007, sera dédiée à l'amitié franco-américaine. Elle aura pour invité d'honneur le Roi Lire, Bernard PIVOT."


Livres : Copine Kim
Posté par Ron le 13/6/2007 6:00:00
Livres



Un jour, en allant me choisir un nouveau téléphone portable avec La Marmotte, il y a pas deux mois, je commence à raconter ma vie à la nana de la boutique, Kim, qui reste fascinée, la bouche ouverte, un doigt emberlificotant sa longue mèche blonde pendant que l’autre tapote du bout de l’ongle surmanucuré sur la table en plexi.
Je hausse les épaules, un peu perplexe, arrivé au stade habituel de l’histoire de ma vie des six derniers mois:
- Puis après, j’ai pas refait de télé.
- Haaaaan ça c’est parce que vous y êtes allé seul la première fois.
- Comment ça ?
- Faut jamais sortir seul quand on veut devenir un auteur connu, faut avoir de la compagnie et de la bonne.
- Zêtes sûre ?
- Ouais. J'étais dans l'événementiel, avant...Tenez. (elle griffonne son téléphone perso sur une carte qu’elle me tend). La prochaine fois que vous devez aller à la tévé ou ailleurs, là où il y aura des journalistes, faites moi signe et je viendrai avec plein de copines à moi, des bombes, on s’habille ras la cuisse, on se maquille, que des canons, je vous promets que dans le lot y’en a pas beaucoup de refaites du visage ou des seins et ils tiennent tous bien droit.
- Et on fait quoi en arrivant ?
- Rien, vous vous faites rien, juste vous nous tenez la main, vous mettez des lunettes de soleil et nous on fait les putes à côté.
- Mais on va me prendre pour un barge d’arriver avec huit « putes » sur un plateau télé !
- Non. On va vous respecter. Croyez-moi, on prête qu’aux riches et ça va vous faire une sacrée réputation.
- Peut-être pas celle que j’attends !
- Tssss. Faites-moi confiance, ma meilleure amie, c’est CM et vous avez vu où elle est ? Elle fait du deuxième partie de soirée sur TF1. Elle m’explique toujours les petites combines. Ses collègues mecs, ils ont tous fait ça. Avec les gens des médias, il faut sortir les pétasses, les lunettes de soleil et l’air au-dessus des autres.
- Si vous le dites. Et vous, vous y gagnez quoi ?
- Vous inquiétez pas pour moi…


Je ne dis pas que je vais le faire, si jamais un jour j’en ai besoin, mais je me suis gardé le numéro de téléphone sous le coude… Enfin, je dis que je vais pas le faire, mon œil, je me suis promis de me taper ce délire, une fois, au moins. L’idée d’arriver en costard noir à une interview avec huit bimbos trentenaires bronzées, maquillées, coiffées et toutes chaudes de mon corps m’amuse au plus haut point, quand j’y pense.

Rien que pour voir le regard du journaliste.


(oui, c'est une histoire vraie )


Livres : Fin de carrière
Posté par Ron le 6/6/2007 18:10:00
Livres

Le classement Amazon des ventes de mon livre, c'est un peu mon baromètre que je surveille sur sa santé, le pauvre petit, et là je crois qu'il est définitivement enterré de chez enterré.

Ah, au début, ça caracolait ferme, dans les dix premiers, on allait en arrière dans la centaine, on passait à nouveau dans le top 30. Y'a eu du mou passé les fêtes puis le consolecteur s'est repris et nous voguions avec amour entre la place 200 et 300.

Las ! 48.000ème, c'est la fin des haricots, je pense. Il faut se résigner, nous avons vécu une belle histoire...et je saurai définitivement l'année prochaine combien j'en ai vendu. Du moins, j'espère, je ne vous raconte pas le parcours du combattant pour faire cracher un chiffre à son éditeur, le vrai bonheur.


Livres : La taille compte
Posté par Ron le 24/5/2007 20:00:00
Livres

a donc acheté les droits du livre et le sortira...en 2008 ou début 2009, ce que je viens d'apprendre en discutant ce soir avec la très chouette Anne Ollier-Lechêne, directrice littéraire du lieu.

Nouvelle couverture (elles sont belles chez eux, très étudiées), de la promo, une deuxième vie, quoi. Occasion de mesurer une fois de plus la chance que j'ai eu cette année passée, en quelques mois. Parmi les milliers de livres proposés sur son bureau, le mien. Elle a aimé. Payé pour le passer en poche. Pareil chez le producteur de cinéma. Tout ça en quelques semaines, quelques semaines.

Parfois (beaucoup ces jours-ci), je râle, je bouillonne (en vrai je gueule comme un putois) sur la lenteur des opérations, des uns et des autres. Je me dis que le producteur est trop gros, que j'aurai du prendre un plus petit, je me dis que l'éditeur ceci, que l'agent cela, que si seulement l'attachée de presse... et nianianiania, je morigène tout et tout le monde, bref j'en oublie la putain de chance de cocu que j'ai eu.

Alors je respire un bon coup. Et je souris. Ça prend du temps mais, à la longue, ce n'est que du positif, que cela prenne une journée ou un an. Et c'est une chance offerte à très peu de personnes, les places sont si chères. Alors, oui, je souris. La vie est belle, enjoy the silence, their silence, parfois. Je déteste ce trait de caractère, chez moi, qui m'entraîne souvent à ne voir que le verre à moitié vide et à le ressasser des heures durant. C'est tellement plus simple de se plaindre que de s'enthousiasmer, je ne sais pas pourquoi.


Livres : Enjoy the silence
Posté par Ron le 24/5/2007 4:00:00
Livres

Je me tais parce que je suis très agacé et je n'ai pas envie d'écrire des choses sous le coup de la colère. Alors je prends sur moi, je tire une leçon de ce qui est en train de se passer et la prochaine fois, je saurai quoi dire quand on me proposera le même choix.

Je me tais, donc.

Vu les Pet Shop Boys en concert lundi soir. Voilà au moins une chose positive cette semaine. All day, all day, domino dancing...Ils l'ont massacrée, les cons !


Livres :  Coco, je vais faire de toi une Star (3)
Posté par Ron le 20/4/2007 6:00:00
Livres

Et puis des fois, c’est moi le boulet.

Je me rêve depuis des années un bel acteur châtain que je trouve craquant, adorable, à marier tout de suite, dès que je le vois dans un téléfilm ou plus rarement sur grand écran. Début de trentaine, J. est incroyable dans tous ses rôles.

Je surveille sa carrière de loin, je sais qu’elle ne décolle pas vraiment, qu’il enchaîne les projets sans envergure depuis quelques années et qu’il fait même un peu de scène, pour payer le loyer, en ce moment. Son site internet donne un mail direct, je tente ma chance, j’ai envie de m’amuser un peu, de voir si je peux le croiser en vrai, lui dire des trucs, le voir réagir. J’ai envie de me le faire, c’est vrai, mais je suis en couple et fidèle alors on va dire que je veux juste m’amuser sans frais.

« Bonjour, je suis Ron, j’ai écrit un bouquin qui vient de sortir et je travaille sur son adaptation télé. Je ne vois que vous pour le rôle principal. Vous rencontrer me permettrait d’aller plus loin encore dans mon écriture. Faites-moi signe si ça vous tente ».

A 17 heures, j’envoie mon mail.
A 18 heures, la réponse tombe :
« Salut, c’est J. ! Waouh, quel pied de se savoir comme ça désiré. Je suis passé rapidement sur votre site et ce que j’ai vu m’a plu énormément. Je suis sur Montreuil, on prend un verre quand vous voulez ! Cordialement, J. »

Le surlendemain midi, j’arrive sans le vouloir une bonne demi-heure en retard, impossible de se garer dans le quartier. Je n’ai pas le numéro de J. et je suis persuadé qu’il s’est barré depuis belle lurette. Je pousse la porte du café, un peu essoufflé, je jette un œil à la ronde et je le vois attablé, à demi caché derrière son Libé, regardant nerveusement dans tous les sens. Je souris et je m’approche de lui :
- Ecoutez, je suis désolé, je suis sincèrement désolé, je n’arrivais pas à trouver de place, vraiment, ce n’est pas dans mes habitudes d’arriver en retard mais je n’avais pas votre numéro de portable !
- Pas de souci, pas de souci, j’avais de quoi lire et je ne suis pas pressé, de toute façon, asseyez-vous, vous voulez boire quoi ?
- Coca Light !
- Ok, je vais vous chercher ça.

Et il se lève direction le bar. J’ai le temps d’étudier son jean (impeccable), sa chemise (super repassée), ses lunettes rondes (adorables) et sa petite mèche brune sur le côté qui m’indique une sortie récente de chez le coiffeur. Il s’est fait beau. Il n’en a pas besoin, il est superbe au naturel, le salaud.

J. pose le verre de coca devant moi et me sourit de toutes ses belles dents blanches, la tête légèrement inclinée, ses grands yeux marron aux cils fins arrondis avec tendresse. Je commence à avoir un peu honte de moi, un peu seulement car je suis en train de réaliser un de mes plus vieux fantasmes, avoir pour moi et moi seul le beau J., pour une durée indéterminée, suspendu à mes lèvres. Je fais le malin un instant :
- Allez, on se tutoie, je crois que je suis le plus vieux, non ? C’est plus simple !
- Oui, oui, bien sûr, pas de problème pour moi.

Je prends un ton sérieux :
- J… J’ai énormément réfléchi depuis que je me suis lancé dans l’écriture de la série et je crois que j’ai enfin trouvé la colonne vertébrale de votre personnage…
- Mhumm ? (il hoche la tête)
- Le truc, c’est que je ne sais pas si...si…
- Si quoi ?
- Si vous sauriez jouer un rôle aussi ambivalent, aussi complexe, c’est une histoire très personnelle et très universelle à la fois, je vois quelqu’un dedans qui doit avoir une vraie faille intérieure, une vrai expérience de la maladie, de la mort.
- D’accord, oh tu peux être rassuré, j’étudie toujours à fond mes rôles, je me documente, là tu me disais dans le mail que c’était sur de la psychiatrie, c’est ça, je suis prêt à faire un stage s’il le faut, à aller sur le terrain…
- Mais il me faut aussi quelqu’un de super sensuel, charmeur, dragueur tout en étant froid comme de la glace, un peu à la Sean Connery, quelqu’un qui prend tout et qui ne rend rien… tout en restant humain, tu vois ce que je veux dire ? C’est un rôle super complexe…
- Ah, si tu me connaissais un peu mieux, enfin, laisse moi le temps de me faire connaître et tu verras que je peux être très dans la sensualité et le don de soi, très humain aussi. Je suis super sensuel, ça ne se voit peut-être pas…
- Oh, si, ça se voit !
- Je peux te le montrer plus directement encore, si tu veux... (long regard appuyé)

Silence. Malaise de ma part. Je comprends que mon jeu à deux balles va vite devenir ingérable si je ne me calme pas de suite. Je voulais vérifier qu’on peut coucher vite avec un acteur si on a un projet, comme on le voit dans tous les films.
Et bien oui. On peut coucher vite.
Super.
Maintenant je sais.


J’ai bredouillé encore deux conneries, je suis resté vague sur les dates butoirs, les noms, les gens, les structures. Je me suis levé, on s’est presque cognés en même temps, il a ri, j’ai rougi, je me suis enfui vers ma voiture. Il m’a renvoyé un mail.
Puis un second.

J'ai un peu merdé sur ce coup là.


Livres :  Coco, je vais faire de toi une Star (2)
Posté par Ron le 18/4/2007 6:00:00
Livres

Je passe une sale semaine à attendre un coup de fil qui ne vient pas (la grande constante du show-biz, attendre que le téléphone sonne, ça te rappelle ta dernière rupture, un vrai bonheur) quand je reçois un deuxième appel, peut-être trois semaines après le premier producteur.

- Bonjour, je suis bien sur le portable de Ron ?
- Oui, qui le demande ?
- Nina Myers, je suis productrice, je vous appelle, j’ai eu un mal de chien à avoir votre numéro, quel parcours du combattant pour vous joindre, dites moi… Au fait, j’ai lu votre livre, Ron, c’est une vraie claque.
- Qui vous a donné mon numéro ?
- Ecoutez, ce n’est pas le problème.
- Alors, je vous le dis tout de suite, ou bien vous me répondez ou je raccroche.
(Elle, précipitamment) :
- C’est votre attachée de presse, ne vous mettez pas en colère, j’ai demandé quinze fois et elle a lâché le morceau ce matin.
- Merci de votre réponse. Je tiens vachement à mon intimité et vous allez trouvez ça ridicule mais mon portable, je le donne pas pour un oui ou pour un non. En plus, j’ai été sacrément échaudé par un blaireau y’a pas un mois qui voulait acheter mon livre pour en faire « un gars, une fille se roulent des pelles en cancérologie » sans avoir lu une seule ligne de ce que j’écrivais. Ecoutez, croyez pas que je me la pète, je suis super excité de savoir que des gens veulent acheter mon bouquin mais je veux savoir où on va. Vous êtes qui et vous voulez quoi ?
- Déjeunons !
- Ok.
- Mardi, treize heures, où vous voulez, Ron !
- Mhuumm….Un truc non-fumeur où on peut parler tranquille, je vous laisse choisir.
- Parfait, je vous envoie un mail pour l’adresse.
- Mais vous avez mon mail, aussi ??
- Oui. Comme les milliers de lecteurs du blog, non ?

Un point pour la dame.


Elle est déjà assise quand j’arrive. Longues et belles bottes en cuir, jupe noire, cheveux noirs, yeux noirs, la grande classe. Elle me tend la main, me montre ma chaise. Me sourit de toutes ses belles dents blanches parfaites.

- Votre livre, tout de même, une vraie claque.
- Quelle histoire vous a le plus marqué ?

Piège grossier mais nécessaire pour jauger la bête, un petit peu. Elle cherche un instant et roule des yeux sur les dorures poussiéreuses au plafond.

- Difficile de faire un choix. Lucie, probablement. Ou cette mère avec son fils, cet acte d’amour incroyable. Ah, celle sur le onze septembre, aussi, tout de même. En fait, vous êtes en train de vérifier que je l’ai bien lu ?
- Oui.
- Vous êtes méfiant.
- Très. Je ne connais rien à votre monde, je sors un livre « comme ça » et subitement je vois sortir des gens du bois avec des chéquiers et plein de compliments. Sur mon arbre perché, je ne lâche pas mon camembert tout de suite, vous comprenez, je cherche la faille. Je savoure, aussi, notez, mais pas dans les mêmes proportions que ma méfiance.
- Vous n’avez rien à perdre ! J’adore votre livre.
- Les femmes battues elles aussi sont adorées par leur mari.
- (Elle éclate de rire) Ron, je veux en faire quelque chose de bien.
- Quoi ?
- Un téléfilm. Un grand téléfilm. En deux parties. Le combat d’une femme.
- Le combat d’une femme ??
- Pour récupérer son enfant. Elle est infirmière, dans un hôpital. Alors on prend vos nouvelles, les meilleures, on les donne à quelqu’un de chez nous, quelqu’un qui sait écrire, ne le prenez pas mal mais je doute de vos capacités à pondre un scénario, n’est-ce-pas ? Donc on confie votre livre à une personne que je connais, un auteur très très doué et il adapte ça en respectant vos histoires et puis voilà. C’est ça, mon projet.
- Une infirmière qui se bat pour récupérer son enfant ? Vous avez lu ça dans mon livre ?
- Non, mais j’ai lu plein de petites anecdotes sincères qu’on pourrait saupoudrer sur une intrigue, une vraie, pour la rendre plus crédible. J’imagine totalement la scène, l’infirmière, elle se rend en fin de journée dans la chambre de Lucie et toutes les deux elles parlent, assises sur le lit, à la tombée de la nuit, Lucie lui dit qu’elle est la maman qu’elle n’a jamais eue et l’infirmière craque, elle prend Lucie dans ses bras et pleure à chaudes larmes en lui racontant pour son fils à elle. Lucie comprend en un déclic et lui assène quelques vérités d’enfant, d’enfant malade qui plus est, imaginez la portée de la scène, la petite gamine chauve, rasée, leucémique, qui console l’infirmière dépassée. C’est très beau. Et ça vient de vous !
- Ça vient pas du tout de moi.
- Si, le moment de vérité vient de vous, du professionnel qui a écrit les lignes à la base.
- Mais le vrai professionnel ne dirait jamais qu’une infirmière pleure sur l’épaule d’un enfant pour s’épancher, c’est pas du tout crédible, c’est pas professionnel, justement, personne ne ferait ça. On retient ses émotions pour la maison, on est pas là pour s’écrouler sur les patients, surtout en pédiatrie.

Agacée, elle tapote de l’index sur la table en marbre :
- Ecoutez, je sais ce que j’ai lu, je sais comment tirer d’un truc médiocre une superbe histoire, je connais mon métier et je connais la personne qui saura en faire un script béton.
- Un truc médiocre ? Mon livre est médiocre ? Je croyais que vous aviez adoré !
- Mais oui, j’ai adoré mais soyons honnête, ça ne passe pas la rampe pour un projet télé, il faut lui ajouter une dimension humaine, il faut redonner du sens à ce personnage masculin atone et en faire une femme fragile qui se bat pour sa dignité. C’est un produit France III en puissance, je le sais, je le sais, je le sais, on a fait « Myriam femme passion » pour eux, on fait « Héloise, cœur et raison », on a fait « Véronique, le courage de la vérité » et on produit « Héloïse 2, cœur et déraison » en ce moment même. Je connais le métier, ok ?
- Ok ok ok.
- Vous êtes prêt à le vendre combien ?
- Euh, je sais pas, je…
- C’est un premier roman, je connais les tarifs, mais comme j’ai aimé je vous fais une fleur, ok ? Douze mille si c’est signé dont 10% tout de suite et je vous donne 5% sur tous les scénarios que mon compagnon écrit.
- Ah, c’est votre compagnon, l’auteur des futurs scripts ?
- Oui, il a longtemps fait du grand reportage pour la RTBF, il connaît le monde, il sait faire passer la vraie vérité de la souffrance, il revient d'un an au Darfour. Bon, on y va (elle se lève)… Je vous envoie votre contrat ce soir. Vous signez, on démarre. Je vois déjà ça, j’ai un prénom en tête pour cette infirmière, « Laura », voilà, « Laura », j’adore, ça fait tellement service hospitalier, je trouve.


Ce coup-là, c’est moi qui n’ai pas rappelé.



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