| Accueil du Site | Copyright | Fil RSS Articles Fil RSS Commentaires La Marmotte Chut!
Archives Liens F.A.Q. Contacts Presse & Médias
|
Pseudo : Mot de passe : Autoconnexion       S'inscrire  |   Mot de passe perdu?
Articles par sujets

Découvrez mes livres


Maman, est-ce que ta chambre te plaît?

Editions Privé / Michel Lafon
(Sortie le 09/04/09)
Commentez le!
- - - - - - - - - - - - - - - - -

Quel beau métier vous faites!

Editions Privé / Michel Lafon
(Sortie le 06/11/08)
Commentez le!
- - - - - - - - - - - - - - - - -


La Chambre d'Albert Camus - Nouvelle édition augmentée (Poche)

Editions J'ai Lu
(Sortie le 06/11/08)
Commentez le!
- - - - - - - - - - - - - - - - -


La Chambre d'Albert Camus et autres nouvelles

Editions Privé / Michel Lafon
(Sortie le 07/12/06)
Commentez le!


リンクス

Une page de pub



Qui est en ligne
6 utilisateur(s) en ligne (dont 6 sur Articles)

Membre(s): 0
Invité(s): 6

plus...

Nouveaux membres
love 28/10/2008
julien75001 26/10/2008
nahel 22/10/2008
Paul2551 22/10/2008
Tadou 19/10/2008
quine 10/10/2008
snaken 1/10/2008
dominoas71 1/10/2008
Avery 28/9/2008
o\'brien 26/9/2008

Commentaires
Re: Echange de maison 7/10/2013 9:06
Re: Echange de maison 27/8/2013 9:27
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 12:06
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 10:04
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 9:36
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 9:04
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 7:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 1:38
Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 0:35
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 23:15
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 22:37
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 22:35
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 21:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 21:37
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 20:43
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 20:22
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 19:52
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:45
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:16
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:02
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:20
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:18
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:14
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:09
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 14:48
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 14:10
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 13:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 12:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 12:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 11:52
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 11:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:47
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:25
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 9:11
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 9:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 8:40
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 8:36
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 7:15
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 6:44
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 4:03
Re: Promo 31/10/2008 3:03
Re: Soirée Diapo (4) Hong Kong : 13 000 bouddhas, et moi ... 31/10/2008 2:59
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 2:48
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 2:35
Ils semblent murmurer à ton oreille... 31/10/2008 0:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 30/10/2008 23:53

Vie Quotidienne : Tous mes secrets de bonté
Posté par Ron le 15/2/2004 14:20:00
Vie Quotidienne

'ai décidé d'appliquer une maxime que j'avais lue je ne sais où (peut-être dans les Chroniques de San Francisco) qui revenait à agir de la sorte :
(Sauf en cas de danger potentiel) Pour être enfin heureux dans la vie, au moment de choisir et quel que soit le choix, pesez le pour et le contre, faites un pas sur le chemin le plus connu, juste un, puis revenez en arrière et prenez l'autre : c'est celui du bonheur.

Ouais.
Facile à dire, non.

Comme je suis dans la crise de la trente-quatrième année (la pire, il paraît, pour ceux qui n'ont pas encore quarante ans) et que je veux me faire plaisir sur les trois mois qui arrivent (mon putain d'anniversaire tombe en juin), j'applique ma nouvelle règle de vie dès que je le peux. Du moins dès qu'un choix se présente à moi.

Lundi. Marchand de chemises. « Coton Doux »
3 pour cent euros, une affaire.
Sans même les regarder, comme d'habitude, je prends dans la main une noire, une noire et une bleue marine bien foncée. Pour ajouter au stock des quarante que j'ai dans le placard. Le type me sourit :
- Vous aimez vous vieillir, vous !

Je m'apprêtais à le renvoyer à son karma de vendeur de chemises bariolées en plein cœur du Marais quand la Fée Clochette m'est passée devant les yeux :
- Will ! La Maxime ! Souviens-toi ! Le bonheur.

Je pose alors mes chemises et regarde le vendeur, l'air humble. Il hausse un sourcil :
- Plait-il ?
- Monsieur, je suis votre chose, rendez-moi heureux. Lesquelles me vendriez-vous pour que je sois beau, lesquelles devrais-je prendre si je voulais me mettre en valeur ?

Il contemple mes chaussures, mon pantalon, mon pull. Hésite à peine une seconde et me tend trois modèles que je n'aurais jamais achetés, pas moches du tout. Sans dire un mot, je file vers la cabine. J'en passe une. Me trouve pas mal du tout, dans ce coloris que je n'aurais jamais choisi. Je lui demande si je peux la garder sur moi, pour ma soirée. En arrivant, les gens qui m'aiment et me connaissent bien me disaient tous :
- Dis donc, tu as fait quoi, toi ? Tu ne t'habilles jamais comme ça, ça te va bien ! Tu as maigri ?

Quand une personne emploie le verbe maigrir en m'adressant la parole, je peux partir avec elle faire la campagne de Russie, en la portant sur mon dos au retour.

C'est mon credo, désormais. J'emprunte le second chemin, la face B, l'itinéraire Bis, la nouvelle voie !

(Hier au soir, la petite-fille d'un de mes patients, Marylou, m'a demandé si je ne voyais pas d'inconvénients à aller boire un verre après le boulot. J'ai gardé cet itinéraire optionnel pour en parler à ma psy tout à l'heure. Je n'ai pas de pneus neige et je suis jeune conducteur, n'allons pas nous embourber...)


Vie Quotidienne : Complètement nu, au soleil
Posté par Ron le 14/2/2004 14:20:00
Vie Quotidienne

Longtemps j'ai cru que ma saison préférée était l'hiver, parce qu'elle me permettait de piocher avec délice dans ma garde-robe. Me trouvant gros et détestant l'été, j'avais tendance à ne m'acheter que de larges pulls, des chemises à manches longues et plein plein plein de pantalons en velours. C'était super pratique quand venait le mois de juin, vous imaginez. Je n'avais rien à me mettre et je pestais d'avoir à enfiler un gros pull par-dessus mon polo pour camoufler mes (soi-disant) ignobles rondeurs.

Arrivait l'automne et je revivais. Les couleurs sur les arbres, les feuilles dans les caniveaux, les premières petites vestes qu'on prend le matin, pour les enlever au déjeuner de midi, lorsqu'il fait trop chaud. On revient avec ou sans, car parfois elle est restée sur la chaise du bureau. Tout cela n'a pas grande importance, il fait encore si bon jusqu'au jour où... merde, le froid est là, j'aurais dû regarder la météo ce matin, quelle galère, je vais me geler sur le chemin du boulot. Un coup d'œil sur le web pour vérifier qu'il y a bien un Célio dans l'arrondissement, achat vite fait bien fait d'un petit pull noir pas cher, col en V, qui s'abîmera au premier lavage mais qu'importe : le retour de la pause déjeuner ne se fait pas frigorifié, l'hiver est venu d'un coup.

J'aimais l'hiver, je pouvais le crier sur tous les toits, faire le malin, même, rares sont les gens qui aiment porter une écharpe, des moufles et avoir le nez rouge après deux cents mètres de marche. Moi, je me vantais de ne pouvoir vivre sans la panoplie.

Et puis en 2007, j'ai entamé l'année de mes 35 ans. Pour la première fois de ma vie, cette saison hivernale me semble interminable, insupportable. J'arrive au boulot tôt, le matin, vers sept heures, et il fait encore nuit. Je repars vers dix-neuf heures et il fait déjà nuit depuis... pfiuu... la moitié de l'après-midi. Les week-ends sont pluvieux, forcément, mes jours de repos se passent rapidement, occupé à bosser sur d'autres projets. Aucune envie de prendre le RER pour aller m'oxygéner dans un parc à une heure de Paris, je rêve de Biarritz ou rien. Fatigue morale, intense, insidieuse ou éclatante, alors que je suis plutôt heureux, plutôt comblé, plutôt pas dans le rouge le dix du mois (le vingt, oui, monsieur le conseiller financier, on avance, on avance !). Fatigue nerveuse, fatigue émotionnelle. Je pensais aller voir le toubib, l'autre soir, et puis soudain, une lueur d'espoir. Inattendue.

Normalement je finis le tour des cachets à 18h. Je passe de chambre en chambre, prendre les tensions, poser les thermomètres, donner les anti-douleurs, vérifier que tout va bien. Je démarre à la 401, au quatrième, vers 16h30 et je finis par la 004, au rez-de-chaussée, presque deux heures plus tard. La chambre de mon dernier patient donne sur un palier qui mène au jardin. Je prends toujours le petit raccourci qui passe par dehors, hiver comme été, même si je ne porte que ma blouse, même s'il fait -40 dehors, histoire de sentir l'air frais sur ma peau, histoire de sentir l'extérieur, la vraie vie, un instant, avant de rentrer dans la dernière chambre.
Une bouffée de la vie du dehors qui continue tout le temps alors qu'elle semble un peu figée, chez nous, dans nos chambres. Hier soir, dans le jardin, je me suis arrêté, d'un coup. Au dessus du mur, tout en haut, je ne voyais pas la lune pour la première fois depuis des semaines. Le ciel, d'habitude tout noir, était encore violet. Je voyais même un dernier trait de jaune orange sur le toit de la maison d'en face. On aurait pu en rester là si un oiseau n'avait pas pépié pile à cet instant.

J'ai penché la tête en arrière, pris une longue aspiration d'air frais, chair de poule sur tout mon bras, ma nuque et les yeux fermés, immobile, j'ai respiré longuement comme pour la première fois depuis des mois, emplissant mes poumons d'un air glacé. J'entendais l'oiseau, je revoyais le crépuscule, cela ne pouvait signifier qu'une chose, les mecs : le printemps revient, putain, le printemps revient. Je le sens en moi : ces trois mois à venir vont être mon accélérateur de particules positives, direction le bonheur du plein été. Mes trente-cinq ans, là, en juin, je veux les vivre sur ma terrasse, au petit matin, un jus d'orange à la main. Je veux louer un scooter pour faire mille fois le tour d'un Paris déserté, et sans casque si je le souhaite. Je veux regarder les touristes se perdre dans le Palais Royal et porter des espadrilles dans le métro. Je veux lire le journal, difficilement trouvé car tous les kiosques seront fermés, je veux me coucher la fenêtre ouverte, je veux revoir tes mollets sous ton pantacourt, je veux lire le cahier d'été de Libé et voir passer le quatorze juillet d'en haut des Champs. Je veux râler devant les rediffusions de l'été, râler parce que tu as oublié d'acheter des glaçons, râler parce que il n'y a plus de charbon pour le barbecue.



Ça y est, je viens de le comprendre, il n'y a que les gamins et les jeunots pour aimer l'hiver. A mon âge, désormais, on connaît le prix de la vie : l'été est une saveur d'adulte et je sens que le mien, cette année, pile celui de mon mi-parcours, sera le premier que je vivrai passionnément. L'été arrive, vous ne le sentez pas ?


Vie Quotidienne : De quoi tu te plains ? Tu as un boulot, au moins, toi !
Posté par Ron le 13/2/2004 14:10:00
Vie Quotidienne

C'est devenu l'obsession de tous ces bouffons de décideurs, partout, dans tous les domaines. En permanence. Il faut travailler plus pour leur faire gagner plus.
Lundi dernier, je passe à la rédac, mon pote Antoine a une mine dévastée. Je lui demande ce qui va pas, il souffle en me montrant le bureau d'à côté où le rédac' chef sirote son café et enfile sa veste :
- Viens, on bouge, pas envie de rester ici, on va se prendre un café.

On discute deux minutes et rapidement il me lâche le morceau :
- Je les supporte plus, putain, tu ne peux pas imaginer la pression débile qu'ils nous collent, là. C'est n'importe quoi !
- Quel genre ?
- Genre depuis deux mois j'ai besoin de recevoir un magazine super spécialisé sur la musique Reggae, un truc russe écrit en anglais mais qui me serait vachement utile pour ma chronique CD. On me dit que l'abonnement coûte trop cher et que je n'ai qu'à chercher les infos moi-même dans Google, parce que c'est gratuit. Tiens, hier encore, je demande si je peux avoir un exemplaire de « Futile », l'hebdo people du groupe qui cartonne, on me répond que les sept exemplaires alloués à la rédac ont déjà été dispatchés et que je n'ai qu'à descendre au kiosque l'acheter.
- Pourquoi tu montes pas d'un étage ? La rédaction de « Futile » est juste au-dessus, non ?
- C'est deux mondes totalement différents. Nous, on est « Tempo di Roma », eux c'est « Futile ». C'est le même groupe, le même patron mais on ne se parle pas. A la cantoche, personne ne connaît personne. Je me vois pas monter d'un étage pour leur tirer un magazine et en plus, comme c'est super sécurisé, mon badge ne me fera pas dépasser la porte de l'ascenseur.
- Mais pourquoi on te file pas un numéro gratos ? Il n'y a plus de sous dans les caisses ?
- Tu déconnes ou quoi ? Ils ont apporté quinze sapins géants pour les fêtes, qu'ils ont mis dans le couloir, clignotants, bourrés de fausse neige, avec des petits gadgets Wi-Fi dessus qui renvoyaient des images quand tu passais devant. Ah, ça, pour les conneries bien visible, il y a toujours du fric... Mais quand il s'agit de presser l'employé pour qu'il bosse plus sans l'augmenter d'un radis, il n'y a plus personne en caisse, crois-moi. On ne nous donne pas les moyens de nos ambitions. Si le lecteur savait.



L'autre jour, je vais déjeuner à la Banque avec Sonia (j'aime bien Sonia, elle dirige une équipe de trente personnes dans un gros groupe et elle a même pas vingt cinq ans. Avec tous ses diplômes, on pourrait imprimer un nouveau catalogue de la Redoute). C'est sa cantine mais comme elle a une carte de chef, elle invite qui elle veut. Je la sens stressée, Sonia, pas vraiment à l'écoute. Je lui demande ce qui ne va pas, elle explose :
- Tu me demandes ce qui ne va pas ? Mais putain tu ne lis jamais les journaux, tu ne regardes pas la télé ? La crise des subprimes, tu connais ? On se la prend en plein dans la figure, ça y est, c'est la récession...
- Mais tu t'en fous, vous avez dégagé sept milliards de bénéfices l'année dernière ! Et onze milliards l'année d'avant... Pareil pour celle d'avant encore...
- Oui mais c'est fini. Là, on se serre la ceinture.
- Vous n'avez quand même pas tout pioché dans les économies des années passées, il doit bien vous en rester ?
- Tu peux pas comprendre. Ça ne marche pas comme ça. C'est la crise. On gèle les embauches, on fait la chasse aux dépenses inutiles, les primes sont reportées au deuxième trimestre et il n'y aura pas d'augmentation des salaires...
- Alors que la banque est largement dans le vert ?
- Oui.
- Ça me dépasse.
- C'est le système capitaliste qui veut ça.
- Non ! C'est les millions de moutons qui touchent le SMIC qui ne se révoltent pas contre la poignée de connards actionnaires qui refusent de perdre 1% sur leurs milliards de bénéfice cette année.
- Syndique-toi, tu pourras passer ta hargne.
- Quelle horreur. Je pense que si je devais vraiment faire quelque chose, soit je ferais péter la planète (mais j'ai aucune envie de tuer Madonna et Martin Scorsese), soit je devrais partir vivre sans portable, sans Wifi, sans musique et sans vêtements dans une communauté de moines, entre Clermont Ferrand et Saint Etienne.
- On est baisés.
- La France est baisée. Tu as vu qu' « il » a reculé sur les taxis ?
- Et tu as vu qu' « il » va reculer sur les clopes dans les cafés ?
- Quel pays de merde.

J'avais un peu oublié cette conversation quand hier je reçois un appel du comptable chef de mon établissement. Lui, je peux pas le voir. Il est con comme une planche en merisier : tout droit, tout lisse, inexpressif. On le pose et on s'assoit dessus, j'oublie toujours qu'il existe jusqu'à ce qu'il m'appelle, tous les trente-six du mois.
- William, c'est vous qui faites les pansements de la 402 ?
- Euh, l'ulcère variqueux ? Ouais, ouais.
- La fille de la dame vient d'appeler, elle trouve que ça lui coûte trop cher en compresses rapport au fait qu'ils sont américains, la sécu ne prend pas en charge le remboursement. J'ai compté qu'en moyenne vous utilisez 7.2 compresses par jour sur la plaie. Si vous descendez à 6, ça nous fait gagner plus de trente euros par semaine.
- Et ?
- Et cent vingt euros par mois, c'est une somme que la fille est prête à débourser. Vous en pensez quoi ?
- Que ça me touche une couille sans me faire bouger l'autre. C'est non. Je compte pas les compresses.
- Il le faudra, elle veut pas payer plus.
- On peut aussi l'euthanasier, sa mère, comme ça il n'y a plus de pansements à payer.
- Soyez raisonnable. Je vois également que vous avez la main lourde sur le désinfectant : vous ouvrez une bouteille toutes les semaines...
- Le produit n'est actif que sept jours après la date d'ouverture. Au-delà, autant mettre de l'eau.
- Et bien ne mettez pas la date le jour même, attendez le mercredi. Sur un mois, ça nous fait gagner une semaine, soit une bouteille, soit neuf euros. Sur un an, c'est plus de cent euros d'économie. Autre chose, les aiguilles à insuline.
- Quoi, les aiguilles à insuline ?
- Vous en commandez par boîtes de cent, ça défile à une vitesse !
- On a accueilli deux nouveaux dans la maison, ils sont diabétiques insulinodépendants...
- On doit les piquer autant que ça ? Ça ne se soigne pas par cachet, le diabète ?
- Ecoutez, pour les piqûres, j'ai une vraie solution, par contre, pour économiser.
- Ah ? Laquelle ?
- Quand vous viendrez faire le vaccin anti-grippe, vous tous, de la compta, je me servirai des aiguilles déjà utilisées dans le cul des vieux. Il n'y a pas de petite économie n'est-ce pas ?

Il a raccroché moins d'une minute plus tard.
C'est marrant, faire des économies, quand ça touche les autres, ce n'est jamais douloureux.


Vie Quotidienne : (Lipo)Suce-moi bien à fond, je paye et j'aime ça.
Posté par Ron le 11/2/2004 14:20:00
Vie Quotidienne

Alors que je tâtais vaguement le terrain hier, à table, j'ai été super surpris du tour que prit la conversation. On parlait de chirurgie esthétique low-cost (en Tunisie, au Maroc, en Belgique). J'avoue que j'avais jeté un œil aux prix, oh, comme ça, vite fait, juste pour voir. Une lipo à 2500 euros net, inclus dix jours de récupération dans un palace local, ça laisse pensif, non ? Après toutes ses années de Nutella, les poignées d'amour deviennent en béton et ne veulent plus partir. Tu as beau manger que de la salade, arrêter les graisseries diverses, monter les escaliers à pied, nada, le gros bide remplace le petit ventre, point. Je me dis, tiens, un crédit Cétélaime, une lipo, un coup d'aspi à graisse, dix jours de soleil et hop fini les complexes. Karine me coupe :

- - Non mais attends, tu rêves là ! Comment peux-tu croire que tous tes complexes physiques vont être effacés d'un simple coup de bistouri ? C'est beaucoup plus délicat que ça...Pense plutôt à perdre du poids en mangeant mieux et puis va faire du sport...

-T'es marrante toi. Perdre du poids, tu crois que je connais pas ? J'ai dû perdre et regagner l'équivalent de la Banquise en vingt ans ! Perdre du poids, n'importe quelle quiche peut le faire, ça je l'ai compris... C'est ne pas le reprendre qui est super difficile... Mais ça aussi, depuis que j'ai lu le Docteur Zermati, j'ai bien intégré le concept. Je réfléchis à comment je mange, à pourquoi je mange. Je mange quand j'ai besoin, plus quand j'ai envie. Neuf fois sur dix, ça marche.

- - Tu vois ! Il faut simplement prendre le temps que tout se remette en place ! Sois patient...

- - Mais j'ai pas envie d'être patient ! J'ai envie de me sentir mieux, tout de suite ! Une lipo et hop, tu te sens bien dans ton corps pile pour l'été, la saison des maigres !

- - Non. Une transformation physique, ça doit se vivre. Tu dois en chier pour en tirer quelque chose, ton corps doit souffrir pendant la transformation sinon ça sert à rien.

J'étais scié qu'elle ne se rende pas compte du poids culturel inconscient de sa phrase :

- - Karine, c'est totalement judéo-chrétien, comme raisonnement, excuse-moi mais je suis sûr que ce n'est pas fondé. Au niveau psychologique, rien ne prouve que tu doives subir une épreuve pour passer à un stade suivant. On peut apprendre dans le bonheur, aussi, faut pas déconner.

- - Non, Will. Tu sauteras une étape. Ce sera trop magique pour toi. On t'endort, on te suce la graisse, tu te réveilles deux heures après tout mince : ton inconscient ne réalisera pas l'effort que cela aurait demandé en temps normal et tu reprendras tout...plus le double.

- - Mais c'est ENCORE un concept judéo-chrétien, ce que tu me balances ! « Puisque j'ai fauté, puisque je suis contre-nature, je pêche et je vais expier ma faute » ! Tu te rends compte de ce que tu me dis ?

- - Je sais que j'ai raison.

- - Et ben moi aussi je sais que j'ai raison.


Ni elle ni moi ne voulions en démordre. Sauf qu'elle, elle pèse son poids idéal depuis l'enfance et qu'elle rentre dans tous ses jeans sans se poser de questions. C'est toujours les gens minces qui me donnent des conseils de vie, j'ai du mal à pas les mordre à chaque fois. Et puis l'expiation des péchés les clous dans les mains, merci bien.

Je lui ai expliqué que grâce au bouquin de Zermati, je me sentais enfin bien dans ma peau depuis quelques mois, sans me priver de quoi que ce soit. Elle m'a écouté sans m'interrompre et je crois qu'à la fin elle avait saisi pourquoi une lipo me ferait du bien, moi qui ai fait la paix avec la bouffe. Le livre de Zermati, pour les gens qui souffrent, qui ont un rapport compliqué avec la nourriture, c'est la révolution. C'est comme une méthode Allen Carr pour les gros (la méthode qui permet d'arrêter la clope en un clin d'œil sans jamais en souffrir...Magique, magique). Bref, Zermati, dans le livre, il vous dit que le Nutella n'est pas mauvais pour vous, non. Que vous pouvez en manger autant que vous voulez, même.

Qu'un kilo de haricots verts vous fera plus prendre de poids que trois cuillères à soupe de Nutella parce que ce n'est pas l'aliment qui fait grossir mais la quantité ingérée. Ce n'est pas le chocolat qui fait grossir mais l'idée qu'on s'en fait en tant qu'aliment, à chaque fois qu'on en mange. C'est du chocolat donc c'est calorique donc c'est interdit donc je dois en manger peu sinon je grossis donc forcément je me retiens ET je culpabilise. Cerise sur le gâteau, je confère à l'aliment « interdit » une aura magique, me donnant l'impression qu'il n'y aura que lui, la prochaine fois que je déprime, pour me faire du bien. Deuxième cerise sur le gâteau, cet ostracisme sur le chocolat va de pair avec une survalorisation d'un autre aliment, comme le haricot vert ou la salade, qui deviennent magiques en un instant. Comprendre que je peux en manger autant que je veux, puisqu'ils ne feraient pas grossir, eux...ce qui est absolument faux : tous les aliments font grossir. C'est juste une question de quantité et de besoin.

Zermati m'a appris que je peux manger comme je veux, quand je veux, à condition que j'aie faim et que je m'arrête d'avaler quand je n'ai plus faim. Ça m'a changé la vie. Suis-je si tordu de vouloir juste accélérer un peu le cours des choses ? Pourquoi attendre encore de longs mois pour me sentir mieux ?

Je dis ça, je dis rien, hein, l'idée que je sois nu, offert, le sexe pendouillant, tourné d'un côté, puis de l'autre, pendant des heures, à la merci d'une équipe médicale qui se rince l'œil gratos sur mon intimité me fait sacrément hésiter.

Tout nu, moi ? En public ? Je-peux-pas.

Encore un coup des judéo-chrétiens, je le sens. Ah, les salauds.


Vie Quotidienne : Double plaisir
Posté par Ron le 9/2/2004 14:20:00
Vie Quotidienne

J'aurai dû mieux lire mon contrat avant de le signer. Quand le directeur m'a dit que je ferais deux dimanches par mois, clair que j'avais tiqué. De suite il avait sorti les bons arguments :

- Oui mais vous avez une prime de dimanche, vous savez !
- Ah bon ?
- Oui oui oui ! Une prime par dimanche travaillé.

Comme j'avais vaguement entendu que les caissières dans les supermarchés doublaient leur salaire en travaillant ce jour-là, banco, je m'étais attendu à un truc de fou sur mon premier bulletin. Genre j'accède à la propriété en un seul mois de salaire, vous voyez.

Le bulletin arrive.
26 euros.
Brut.
26 euros brut.
Soit 52 euros brut pour deux samedi/dimanche travaillés par mois.

Il manque 8000 infirmières en France. C'est parce qu'elles ont dû toucher leur prime de dimanche et depuis elles font les travaux de réhabilitation, ça prend du temps, à rafraîchir, un duplex, je ne vois que ça.


« 1 ... 47 48 49 (50)