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Re: Echange de maison 7/10/2013 9:06
Re: Echange de maison 27/8/2013 9:27
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 12:06
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 10:04
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 9:36
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 9:04
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 7:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 1:38
Il est temps de se dire Adieu. 1/11/2008 0:35
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 23:15
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 22:37
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 22:35
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 21:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 21:37
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 20:43
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 20:22
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 19:52
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:45
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:16
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 18:02
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:38
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:20
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 17:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:18
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:14
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:09
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 16:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 14:48
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 14:10
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 13:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 12:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 12:08
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 11:52
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 11:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:47
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:32
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 10:25
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 9:11
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 9:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 8:40
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 8:36
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 7:15
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 6:44
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 4:03
Re: Promo 31/10/2008 3:03
Re: Soirée Diapo (4) Hong Kong : 13 000 bouddhas, et moi ... 31/10/2008 2:59
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 2:48
Re: Il est temps de se dire Adieu. 31/10/2008 2:35
Ils semblent murmurer à ton oreille... 31/10/2008 0:05
Re: Il est temps de se dire Adieu. 30/10/2008 23:53

Vie Quotidienne : 59 Sans commentaire !!
Posté par Ron le 8/9/2008 4:00:00
Vie Quotidienne

On parlait, au café, ce midi, de nos plus grandes hontes de toute notre vie. Mes amis savent exactement quelle est la mienne et ils ne se lassent pas de se la raconter entre eux (bande de chiens)...Pour la millième fois, alors, j'ai évoqué de nouveau très brièvement ma honte number ouane (qui existe hélas en vidéo et NON vous ne la verrez jamais) et ça donnait ça :
- Moi, Ron, je suis allé à l’Olympia interviewer Anne Roumanoff, avec mon appareil photos 10 mégas pixels à la main en guise de caméra. J'avais demandé à ma copine Nora de venir parce que je me faisais dessus de trouille, tellement je sentais pas du tout le truc. On attend une éternité en coulisses et puis soudain son agent me fait rentrer dans la loge cinq minutes avant qu’elle n’entre en scène, elle était tendue comme un string et jetait des coups d’œil nerveux de l’appareil photo à moi à Nora en revenant à l’appareil photo. Je m’embrouille de plus en plus dans ma question qui dure deux plombes et alors que je m’apprête à la conclure, elle me coupe la parole, lève la main et éructe « ON VERRA PLUS TARD » avant de quitter la loge, suivie de toute sa troupe (sept personnes). Ma vidéo finit le plan sur la gueule de Nora, sidérée de mon plantage et gagnée par le fou rire le plus long de sa vie. Six mois après, elle peut encore s'étouffer de bonheur rien qu'en y pensant : l'interview la plus courte du monde, et c'est moi qui l'ai faite !

(la preuve en images...)
Anne Roumanoff écoute ma question

Anne Roumanoff comprend que je suis un péquenaud

Anne Roumanoff vérifie bien que ma caméra est un appareil photo

Anne Roumanoff décide en un quart de seconde que je dois dégager...

Et ça c'est la gueule de Nora à la fin de la scène...



Géraldine prend alors la parole :
- Moi, la semaine dernière, j’ai été chauffée par un mec hallucinant au mariage d'une amie de ma sœur, ça devait être le cousin du marié. Un sportif de haut niveau, médaillé à Pékin, une bombe de muscles, un sourire à tomber par terre, toutes les nanas du mariage mouillaient la culotte rien que de le voir en costume et toutes m’auraient déchiré la gueule à la cuillère vu qu’il me tournait autour, grave. Je te passe les détails, à un moment donné, on se retrouve contre le mur d’une église à deux heures du mat’, lui le pantalon baissé, moi la jupe relevée, il me demande si par hasard j’ai pas une capote, je lui dis « oui je crois, dans mon sac, attends » et, dans le noir, je fouille mon Birkin qui pèse une tonne avec la moitié de ma vie dedans. Toute excitée, bien bourrée et à l’aveugle, je fouille, je refouille, j’en trouve enfin une, il se jette sur l’emballage, le déchire avec les dents et se le met sur la queue direct… Avant de hurler à la mort… C’était un rince-doigts au citron qui me restait d’un restau à huîtres… Ah, le bordel dans mon sac… Tu penses bien que je me la suis carré bien profond, ma connerie, il est partie fumasse, le membre en feu, il m’a pas adressé la parole de tout le week-end. Il est dans Paris-Match de la semaine prochaine, regarde voir s’il a pas un pansement à la b..., j’ai peur de l’avoir estropié à vie.


Vie Quotidienne : 60 la chance
Posté par Ron le 6/9/2008 19:00:00
Vie Quotidienne

Florence Foresti faisait son grand retour hier dans l'émission de Frédéric Lopez (une fausse bonne idée, si vous voulez mon avis, qui ne tiendra pas plus d'une saison, mais le type est sympa, attachant, pas dans la routine) et elle a eu droit à SON moment Madonna à elle, un truc qui me ferait mourir sur place si ça m'arrivait à moi. Madonna, je l'ai vue en vrai comme je vous vois, là, à deux mètres, quand elle était venue au VIP room et je m'étais carbonisé de bonheur, avant de prendre un peu de recul : je ne voulais pas approcher de trop près la réalité, je ne voulais pas regrder l'arche d'Alliance, je tenais à mon mirage.

Il y a eu ce moment à l'Olympia, quand elle est apparue sur scène où j'ai compris que j'étais totalement fan de l'artiste : j'avais envie de pleurer de joie, rien qu'à la voir. C'est pathétique à écrire et je me ficherai de la gueule de n'importe qui qui l'écrirait sur n'importe qui d'autre.



Frédéric Lopez, merci pour cette heure de rigolade, j'espère que tu auras d'autres invités aussi remuants que la Foresti. J'ai des doutes. Mention spéciale pour le passage de Jean-Luc Delarue qui a réussi à me mettre mal à l'aise, tant Delarue semblait ailleurs, dans sa tête : totalement fou ou quoi ? Limite psychotique, il répétait en boucle trois phrases ("le lâcher prise") avant de finir sur une citation de Musset. Je me tortillais de gêne sur le canapé.


Vie Quotidienne : 61 Zyvatamère
Posté par Ron le 5/9/2008 20:10:00
Vie Quotidienne



Aujourd'hui j'ai réussi à tenir tête à la fille d'une patiente qui me fait surchier d'une force, mais d'une force, allant même jusqu'à lui dire que ses conneries (oui, oui, j'ai dit le mot) allaient coûter cher à sa mère si elle poursuivait dans cette voie (elle lui donne des médicaments en cachette).
Il y a une culpabilité énorme de l'enfant qui confie (abandonne) son parent à l'institution, culpabilité qui peut soit disparaître totalement à la signature mensuelle du chèque (6000 à 8000 euros pour une chambre, chez nous, tout de même), culpabilité qui peut se transformer en fuite totale, lointaine et sans retour ou, le plus souvent en haine viscérale pointilleuse et un peu pathétique contre nous, les soignants.
Tu me fais chier, tu fais chier mon équipe = ton paternel sera mieux soigné ? Réfléchis-y bien à deux fois, mon gars...

Un excellent billet du cardiologue Grange Blanche vous donne un avis définitif (le mien, également) sur le problème :

"Parfois les familles sont très pénibles.
Le pire type me semble être les « obsessionnels-inquiets ».
Ils traquent l’ensemble du personnel sur des détails au début insignifiants, puis arrivent presque systématiquement à mettre le doigt sur une grosse lacune.
J’en arrive alors à me poser la question : est-ce que nous commettons ces erreurs sous la pression dans ces cas particuliers, ou est-ce que l’erreur est systématique au cours d’une prise en charge médicale ?

Dans ce dernier cas, soit l’erreur n’a eu aucune conséquence (le corps humain est très résistant) et personne ne s’en est rendu compte ou on l’a discrètement poussée sous le tapis. Soit l’erreur a eu des conséquences, mais que personne n’a pu/voulu relier à la catastrophe finale (les tapis des soignants sont très vastes et très épais).
J’hésite, je crois qu’il y a un peu des deux.

En général, les familles pénibles sont un facteur de mauvais pronostic pour les patients. Le plus cruel et ironique est qu’elles sont intimement persuadées du contraire.
En général, dans les ambiances délétères, je fais le gros dos, ne bouge pas, noircit le dossier et accélère la sortie du patient en faisant de grands sourires. En gros, je joue au mistigri, et je constate que je ne suis pas le seul à le faire.
Tout l’inverse de ce qu’il faut faire en médecine.


Vie Quotidienne : Revel ation
Posté par Ron le 4/9/2008 13:10:00
Vie Quotidienne



Renaud Revel écrit/dit régulièrement tout haut ce que les autres balancent tout bas, au café et je me délecte de ses brèves, sur son blog, quasiment depuis le début. Sa dernière sortie sur la Reine Angot et sur l'Impératrice Nothomb vaut son pesant de caouettes :

Il en va de certains auteurs intouchables, comme de certaines icônes en politique, que des journalistes, parfois empruntés ou tétanisés, n’osent écorner: le spectacle d’Amélie Nothomb, mardi, et de Christine Angot, (photo) hier soir, sur le plateau de Michel Denisot, avait quelque chose par moments d’insupportable. Le tapis rouge avait été déroulé, les stars étaient là...Ces deux auteurs, dont j’ai lu les derniers livres, (sans tomber, loin s’en faut, à la renverse) ont semble t-il perdu toute lucidité. Leurs prestations égotiques ne sont que suffisance et arrogance.

Cornaquées par des services de presse, à la tête desquels officient quelques ayatollahs du métier, ces deux vaches sacrées de l’édition font régner la dicature sur les plateaux de télés, promènant sur les animateurs et journalistes qui les accueillent, avec tous les égards, un regard qui en dit long sur l’estime qu’elles leur portent. On sentait Michel Denisot bouillir intérieurement devant tant d’assurance et de morgue. On aurait voulu que les chroniqueurs qui l’entourent déboulonnent une Catherine Angot de son piédestal. Et ramènent à la réalité une Amélie Nothomb, dont l’ouvrage ne vaut pas tripette.



(Tu crois que je devrais lui envoyer mon livre à moi ??)


Vie Quotidienne : 62 La star au quotidien
Posté par Ron le 4/9/2008 6:50:00
Vie Quotidienne

Je me suis fait « avoir » x fois (et mon petit doigt me dit que midinette comme je suis cela ne sera pas la dernière) par des gens vus à la télé, dont j’aimais la personnalité, la voix ou le talent et qu’il me tardait de rencontrer. Ces rencontres ont parfois débouché sur des projets professionnels, parfois pas, dans lesquels je suis impliqué de près ou de loin. J’ai pris de la distance avec ces personnes car si leur talent me touche (une voix en or, vraiment, dans un cas), la personnalité derrière ne me met pas à l’aise : je danse d’un pied sur l’autre en lui parlant, trouve ses requêtes déplacées ou saugrenues et évite tant que possible d’avoir à lui parler au téléphone. Évoquant hier un de ces artistes avec qui j’ai travaillé, je reconnaissais son talent fou, le plaisir que j’ai à l’écouter, les émotions que sa voix suscite en moi mais ne pouvais me résoudre à fréquenter la personne. Il y a l’homme et il y a l’œuvre, il y a l’homme et il y a la scène, il y a l’homme et il y a le talent à un moment donné. Je sais faire le distinguo entre les deux (et j’aimerais parfois qu’on le fasse pour moi, craignant toujours de rencontrer ceux qui m’ont lu, depuis si longtemps, et se sont fait des idées) et suis fier de moi, de ne pas avoir tout renié en bloc : il peut être un sale con mais il me fait frémir dès qu’il ouvre la bouche sur scène. Je ne boude pas mon plaisir et je vais à son concert mais je refuse de lui répondre quand il m’appelle au téléphone. « Il » le vit plutôt mal mais comment lui expliquer ? Ce doit être atroce d’être aimé uniquement pour ce qu’on sait faire, pas pour ce qu’on est.

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Regardé hier l’excellent film (dans le genre) 30 Jours de Nuit, avec Josh Harnett qui vieillit plutôt bien. Je ne sais pas ce qu’ils avaient foutu avec le dvd mais, en surimpression, le nombre de nuits passées apparaissait, de temps en temps, et le film s’arrête à « 18e nuit, lever du soleil demain ». Rien compris à la semoule, moi. Erreur de sous-titres ? Erreur de moi ? Grosse daube où il n’y a rien à comprendre ? Si vous aimez les films de vampires, ne passez surtout pas votre chemin, c’est de la bonne. Critique + cap de nioutaik, qui n'a pas aimé, lui !



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Vraiment envie d’aller découvrir New York.

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De nouveau atteint par des chutes tensionnelles assez impressionnantes, un an pile après avoir subi ça pendant quatre semaines, en 2007. Il n’y a aucun signe avant-coureur, hormis une grosse fatigue. Vous êtes dans la rue, vous marchez et soudain la tête tourne, les bras pèsent une tonne, vous perdez l’équilibre. Vous vous couchez, dormez deux heures et en vous réveillant : épuisé. Plus épuisé encore que la veille, malgré les douze heures de sommeil, la sieste que vous venez de faire et le peu d’efforts accomplis pendant la journée. Tout le monde vous trouve une sale mine, vous bégayez, ne trouvez pas vos mots, chaque effort demande une concentration inhabituelle. Bienvenue chez les malades, petit infirmier. Bah, mieux vaut manquer de tension qu’en avoir de trop, si j’analyse deux secondes le problème…Mais je me demande combien de temps je vais pouvoir tenir debout encore.


Vie Quotidienne : 63
Posté par Ron le 3/9/2008 15:10:00
Vie Quotidienne



La double contrainte expliquée par ma mère. Et tant pis pour toi si tu lis, je t’ai déjà dit mille fois que tu n’avais rien à faire ici.

- Mon chéri, j’aimerais bien venir à Paris te voir, à la fin Novembre et puis on ira voir Valérie Lemercier au Palace, je te fais confiance pour trouver de bonnes places.

Une heure après :
- Maman, voilà, j’ai les places, tu peux venir, on y va le 1er décembre.
- Ah, mais c’est plus en novembre, ça.
- Oui (soupir discret de ma part) mais nous serons au premier rang ce soir-là !
- Oh non, c’est beaucoup trop près le premier rang, je vais avoir mal au cou tout le spectacle.


Après douze heures de boulot, une heure de métro pour rentrer, une heure sur le site pour acheter des putains de tickets, j’ai failli, l’espace d’un instant, balancer le putain de téléphone par la putain de fenêtre.


Vie Quotidienne : 65 Péage en fin de parcours.
Posté par Ron le 1/9/2008 5:20:00

Si je compte bien, depuis que j’ai commencé mon travail l’année dernière, j’ai droit à un décès toutes les trois semaines, qu’il fasse chaud ou pas, que ce soit la saison ou pas, que nos résidents soient en bonne santé ou pas : la faucheuse passe tous les 21 jours, en moyenne. Parfois, le répit est plus long et il faut attendre cinq semaines pour en voir partir deux d’un coup, voire trois en six jours, comme au début du mois d’août.
Je n’assiste pas à tous les décès, uniquement aux agonies et je refuse de voir les cadavres systématiquement : je ne vais me recueillir quelques instants dans la chambre que pour vérifier si tout est à sa place, afin que la famille puisse se sentir à son aise en arrivant. Je prie aussi, oui, parfois.
Je ne suis pas attaché autant à tous mes résidents, ce serait mentir que de prétendre le contraire, mais ces morts me pèsent, au bout d’un moment, tant elles sont complexes à gérer : il faut parler aux familles de la dégradation en cours, parfois (souvent) les appeler au téléphone pour leur annoncer le décès, être là à leur arrivée, trouver les mots qui conviennent (il n’y en a pas de magiques) et discuter encore un peu de tout et de rien avec eux, parfois devant le cadavre. Il faut ensuite veiller à évacuer les autres résidents lorsque les pompes funèbres viennent chercher le cadavre, bloquer la rue (les automobilistes klaxonnent au bout d’une seconde d’attente puis ferment leur gueule, tétanisés, en voyant passer la civière, avec le sac en plastique contenant le corps) et enfin, revenir travailler auprès de tous les autres.
Trouvez-moi naïf ou simplement con mais j’avais sous-estimé l’ampleur de la tâche et son poids émotionnel dans ma vie de tous les jours. J’adore mon métier, surtout à cet endroit, mais je suffoque régulièrement la nuit, faisant des cauchemars à répétitions où des dalles de bétons me tombent dessus, m’écrasant lentement contre le sol. Je me réveille en sueur, hurlant à la mort et je me rendors péniblement. J’ai repris du poids, aussi. Les relations humaines que je tisse avec mes vieux sont inouïes, d’une richesse que je n’aurais jamais supposée mais elles auront un prix amer, lorsque mes « chouchous » disparaîtront et que je trouverai leur corps froid, un matin, en toquant à la porte. Je sais qu’il n’est pas raisonnable d’embrasser Madame G. en entrant chaque jour dans sa chambre mais, quoi, merde, je l’apprécie beaucoup, c’est réciproque et j’apprends tellement d’elle, à chaque fois que j’ai un peu de temps pour discuter sérieusement de la vie.
Je donne un peu plus que ce que je suis censé donner (vraiment ?) mais je ne peux donner moins, en mon âme et conscience, et tant pis si je me brûle les ailes sur du long terme. Travailler en maison de retraite me fait penser à ces gens qui fument, et qui adorent fumer. L’addition n’est présentée que bien des années plus tard.



Vie Quotidienne : 66 J'y crois à mort
Posté par Ron le 31/8/2008 19:00:00
Vie Quotidienne

Mojo Magazine (numéro d'octobre à paraître mercredi) annoncera que le catalogue des Beatles s'apprête à sortir (enfin) remastérisé cet hiver, dans une double version pour chaque album : un cd simple et un cd deluxe, avec la version normale de l'album + la version 5.1.



Vu que ça fait à peu près dix ans que je l'entends cette rumeur (pour les 30 ans de Pepper, en 97 puis pour le passage à l'an 2000, puis lors du lancement de 1, et puis pour la sortie de Love ou lors de la résolution du procès contre Apple, etc etc etc) et que je ne crois que ce que je vois, on va dire que c'est bien si ça arrive et c'est consternant si ça n'arrive pas. Si vraiment ça vous démange d'écouter les Beatles en 5.1, il vous reste la version collector de l'Album Love ou le dvd de Yellow Submarine (superbe travail, déjà un peu daté). Les versions CD du plus grand groupe du monde datent de 1987, ce sont les derniers artistes de cette importance à ne pas être repassés sur la console de mixage. Si vous aimez les torrents, cependant...


Vie Quotidienne : 67 Odette
Posté par Ron le 30/8/2008 17:50:00
Vie Quotidienne

Tatie Odette était un peu extravagante, un peu fantasque, mais dans la famille, tout le monde disait qu’elle était devenue comme ça après son opération du cerveau.
Quand elle était plus jeune, dans les années 60, ils lui avaient diagnostiqué une tumeur, une vraie, et ils avaient dû ouvrir sur le devant, en plein milieu du front, pour en extraire la bête immonde.
Elle gardait de cette intervention une petite dépression cutanée pile au-dessus des deux yeux, et des sautes comportementales assez rafraîchissantes.

Tatie Odette avançait dans la vie avec son binôme, Tatie Suzon, sa sœur, et comme les deux oiseaux dans la même cage, elles passaient leur temps à se chamailler et à se réconcilier.
Tatie Odette était la plus expansive des deux, la plus joyeuse, la plus extravagante, la plus fofolle, et celle que j’allais voir le plus souvent, dès que j’avais une minute de libre.
Elle habitait une cité HLM glauquissime de Lourdes, la seule de la ville, une tour immense donnant sur une montagne grise, d’une tristesse et d’une laideur incroyables, et louait un immense appartement au cinquième étage, juste en dessous de celui de sa sœur.
Elles passaient ainsi leurs journées à s’échanger des recettes, à s’appeler au téléphone, à visiter le frigo de l’une, puis celui de l’autre, à s’attendre pour aller faire les courses à Champion, à regarder les feux de l’amour, à prier un peu, à aller voir le médecin ou le cardiologue et à beaucoup, beaucoup, se chamailler.

C’était Douste-Blazy le maire de Lourdes, en ce temps-là, je m’en souviens.

Une fois, Tatie Odette a voulu aller voir le Pape à la grotte et elle avait failli mourir écrasée, tellement il y avait du monde, pour le voir, Jean-Paul.

Une autre fois, Tatie Odette était venue passer la semaine, en train, et elle était montée dans le mauvais, c’était un direct Lourdes-Vintimille, un train de pèlerins, dont elle n’avait pu s’échapper qu’une fois la frontière passée.
Elle ne s’était pas laissé abattre pour autant, et en sortant de la gare, côté italien, elle avait demandé à un routier de la conduire dans le Sud-ouest, à mille kilomètres de là. Le monsieur, un gentleman, avait accepté et l’avait déposée un jour après l’heure d’arrivée initiale, à la porte d’entrée, fraîche comme un gardon.
Elle avait déposé sa valise dans le cellier, nous avait regardés, et avait haussé les épaules en disant :
- Quoi ?

Elle jurait avoir senti une intense chaleur en s’étant immergé dans l’eau de la Grotte, conformément à son vœu. En effet, elle avait promis au chirurgien que si elle s’en sortait après son intervention à la tête, elle irait se plonger dans l’eau pure de Lourdes, et offrirait un mois de salaire à la congrégation la plus demandeuse, en guise de remerciement.
Ce qu’elle fit.

Elle n’aimait pas qu’on se moque de la religion.
Moi non plus.

Elle m’appelait « Coco bel-œil » ou « mon coco », et me mettait du rouge sur les joues quand elle m’embrassait avec ardeur, qu’elle essuyait ensuite avec un bout de son tablier. Ça m’énervait.

Je l’ai toujours connue à la retraite, toujours, ce qui donne une indication sur son âge, dès que j’ai pu commencer à engranger des souvenirs sur elle.

Elle avait rencontré sur le tard, on ne sait trop comment, un paysan aviné et un rien retardé, Eusèbe, qui lui avait conté fleurette, et proposé de venir vivre en semaine dans sa ferme, avant de repartir passer les week-ends chez elle.
Je la croyais amoureuse, je la croyais heureuse, je n’ai su la vérité que des années plus tard, mais j’ai pu un jour régler mes comptes à l’hôpital, tardivement. J’étais en train de préparer mes injections de midi lorsqu’une surveillante vint me chercher au poste de soins.
- Ron ? Vous voulez bien venir ? Votre oncle est hospitalisé aujourd’hui, il vient de passer par les urgences, et a donné votre nom comme personne ressource, ils vous attendent pour finir quelques papiers.
- Mon oncle ? Quel oncle ? Je n’ai pas d’oncle dans la région.
- Il dit que vous êtes son neveu.
- Quel est son nom ?
- Eusèbe.

Mon sang se glace. Comment ose-t-il ? Nous ne nous sommes pas revus depuis trois années, il n’était même pas là à l’enterrement, et il ose se faire appeler mon oncle.
J’avais bondi vers le couloir, je me rappelle avoir couru et filé dans les sous-sols, pour arriver en nage devant son box.
J’avais poussé le rideau, et sans même le saluer, j’avais interpellé l’infirmière, mon index menaçant, je ne voulais pas le regarder, je ne voulais pas le regarder.
- JE NE SUIS PAS SON NEVEU, je ne connais pas cet homme, je ne veux pas avoir affaire à lui, je vous interdis de me faire appeler en service pour ce fumier, et je ne veux plus être jamais dérangé pour quoi que ce soit.

La pauvre fille avait bafouillé :
- Désolée, je pensais... désolée je pensais bien faire.
- Et bien, raté !

Tandis que je m’éloignais, j’entendais sa voix qui m’appelait, suppliante :
- Ron… Ron… Ne me laisse pas.
- Tu peux crever ! (je l’avais crié)

La surveillante était sortie furieuse de son bureau, « encore vous, encore des histoires, partout où vous passez, vous vous arrangez pour qu’on vous remarque, vous êtes un très mauvais soignant »

Je la croyais amoureuse, je la croyais heureuse, je le trouvais stupide mais gentil, je le pensais bon pépère et sain et c’était un vicieux, un cochon, un malade, un salaud.
Elle avait signé un viager, à l’homme qu’elle aimait, et payait pour lui nourriture, blanchiment, loyer, donnait de son corps et de son énergie, pour entretenir un vieux paysan rusé et démoniaque, qui la laissa tomber au premier signe du grand Crabe. Son deuxième cancer, le bon, cette fois-ci.

Dans la grande tradition des récits médicaux proposés par des néophytes, j’adore le familial, très bref, mais imagé :
- « Ils ont ouvert Tatie Odette pour l’opérer de son cancer mais ils ont refermé tout de suite parce qu’il y en avait partout, et qu’on ne pouvait rien faire. »

Ça a le mérite d’être clair.

J’ai tenté de rationaliser, j’étais un homme, je devais prendre sur moi, j’étais presque un infirmier et j'en voyais d'autres, j’étais jeune et elle avait atteint un âge où l’on peut y passer (ce chiffre mythique que je repousse d’un an à chaque anniversaire), elle « avait bien vécu ».

Rien à faire, j’ai lamentablement craqué un jour au téléphone, on se parlait de tout, de rien, et je savais que c’était une des dernières fois, à sa fatigue, à ses réponses mornes.
Les larmes sont montées, impossible de les arrêter, de faire semblant et de contrôler ma voix.
J’ai craqué.
- Mais qu’est ce qui y a, coco, tu pleures ?
- Oui, je pleure.
- Oh mais faut pas, faut pas, mon coco.
- Je sais, c’est stupide.
- Mais tu m’aimais donc tant que ça ?




Oui, Tatie Odette, je t’aimais tant que ça.
Je t’embrasse.
(Et je n’essuierai plus jamais ton rouge à lèvres, de façon agacée, si un jour tu dois m’en remettre, je paierais même ce qu’il faut pour avoir cette chance à nouveau, je veux que tu m’embrasses dix mille fois.)


Vie Quotidienne : 68 People are People
Posté par Ron le 29/8/2008 8:20:00
Vie Quotidienne



À table hier, en discutant avec des personnes que j’aime beaucoup. Je m’excusais auprès de l’une d’entre elle, pour l’avoir indirectement fait paraître en couverture de Public (« et de Closer, la semaine d’après, tu oublies, j’ai fait la une de Closer et de Public, il ne me manque que Voici pour être heureuse ») mais la narration de son aventure nous faisait bien rire, elle et moi :`

- J’étais dans la voiture, je sortais de chez moi et mon portable sonne, c’était ma cousine : « OHPUTAIN OHPUTAIN OHPUTAIN ARRETE TOI TOUTDESUITE TOUTDESUITE ET VA ACHETER PUBLIC, ILS ANNONCENT TON MARIAGE AVEC XXXXX EN COUVERTURE »…Je freine sur le bas-côté comme si ma vie en dépendait et je cours vers mon tabac où j’achète mes clopes et mes magazines depuis vingt ans, en bas de ma rue. Je pousse la porte et tout le monde se retourne en même temps, comment te dire, tu le sens quand les gens s’arrêtent de parler, pas naturellement, parce qu’ils étaient en train de parler de toi, tu vois, je file à la caisse, demande un paquet de Lucky et, d’un ton détaché, demande s’ils ont un Public qui leur reste. La buraliste, qui me connaît, je te le dis, depuis mon bac, me jette une œillade à la fois égrillarde et complice, façon « Toi, ma chaudasse, tu t’emmerdes pas… La chance ! Et en plus, maintenant, tu es une star »… Elle me tend le magazine, banco, je me vois dedans, la couverture, le gros titre, la honte. J’ai pas le temps de payer que mon portable sonne, ma mère, en larmes, de joie, enfin heureuse que sa fille ait trouvé un mari, et un beau, pas n’importe qui, dans le show-biz, en plus, mais un peu chafouine que je n’ai parlé de ce grand mariage à personne et surtout pas à elle. J’ai même pas le temps de nier qu’elle insiste lourdement… « Et la robe ? Promets-moi que la robe on ira la choisir ensemble… Tu promets, dis… Oh, s’il te plaît… » « Mais Maman, JE NE ME MARIE PAS ! Ce sont des conneries de journalistes, c’est une phrase tirée hors contexte… » (Je m’entends dire moi-même cette phrase que j’ai entendue mille fois à la télé prononcée par des people qui se défendent toujours mal d’un truc qu’on leur reproche)… Bref… Et bien, rien à faire, branle toi la nouille à l'ajax wc, ma mère ne CROYAIT PAS que je ne me mariais pas, vu que c’était dit dans le journal, c’était vrai, elle pensait que je voulais faire ça en traître, que je lui faisais payer une vieille histoire de robe tâchée ou je ne sais quoi, elle m’a fait la gueule pendant deux jours. Ma sœur arrive à la convaincre que je suis célibataire, CELIBATAIRE et seule de chez seule, elle l’avale difficilement, mais elle l’avale. On fait des repas en famille, mais le sujet est délicat, plus personne n’a le droit de plaisanter là-dessus. Je lui promets, la main sur le cœur, que je n’ai personne dans ma vie et que si ça arrive, elle sera la première le savoir. Putain, tu le crois, une semaine après, je fais la couverture de Closer… Avec mon ex que j’ai croisé une fois CINQ MINUTES sur le parking d’un plateau télé, six mois après la rupture ! On se fait une bise même pas chaleureuse, le minimum syndical. Paparazzi planqué… Titre de Closer « Ils sont follement amoureux de nouveau ! ». Ma mère a failli en péter une durite, elle tenait la preuve que je ne raconte que des menteries, à la famille, à elle. À ce jour, tiens-toi bien, j’ai beau TOUT lui raconter, elle est persuadée que je garde le meilleur pour les journaux. Rien à faire, elle ne me croit plus.


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