35 ans de musique (1)

Date 20/6/2014 21:20:00 | Sujet : Paul McCartney

Trente billets pour évoquer 35 ans de carrière solo. Voici mon petit plaisir qui débute aujourd’hui, celui de raconter l’histoire d’un homme, qui, entre 1970 et 2006, aura marqué son temps, ses pairs et son public.
Paul McCartney.
Vision subjective d’un fan.





En 1969, Paul McCartney (que je vais appeler Macca désormais pour éviter de me fader son nom à écrire toutes les cinq lignes) quitte les Beatles, de son propre chef, épuisé par des mois de querelles financières autour d’un empire éclaté (Apple, leur maison de disque) et lassé de devoir porter seul un fardeau bien trop lourd pour lui, le défunt groupe le plus génial de la galaxie. Il veut continuer, explique son amertume et le poids de la tâche dans « Carry that Weight », morceau du dernier album des Beatles.
Las ! John fait de l’avant-garde, Ringo s’essaie au cinéma (avec Peter Sellers) ou aux reprises de jazz (avec succès, qui plus est) et George s’enferme dans de longues sessions nocturnes avec ses potes (Billy Preston, Eric Clapton) qui vont déboucher l’année suivante sur un triple album mythique.

Paul tente de sauver le groupe puis renonce et met cap au nord, dans sa fermette d’Ecosse, accompagné de Linda, sa récente épousée et de la fille de cette dernière, Heather. Là, dans une ruine sans eau courante, sans électricité, il compose à la lueur des bougies et se délecte de ses premiers moments de solitude et d’amour depuis des siècles.

Chaque instant passé loin d’un monde qui l’adule le conforte dans son choix, il veut désormais être seul, il veut désormais composer pour lui, il veut chanter pour lui et surtout, surtout, il ne veut plus se battre et tenir à bout de bras le passé : exit les Beatles.

L’album est enregistré dans une pièce de la bicoque, sur un magnéto 4 ou 8 pistes, alimenté par un groupe électrogène. Linda ou Heather entrent et sortent dans la pièce au grè de leurs occupations. On les entend parfois en fond sonore sur certaines pistes.
Paul enregistre seul tous les morceaux et joue de chaque instrument, appellant Linda à la rescousse pour les chœurs.

Quelques titres émergent néanmoins du passé, comme Junk, composé en 1968 lors du séjour en Inde des Beatles (Lennon fera de même en 1980, exhumant Child of Nature* de ses mêmes sessions pour le transformer en Jealous Guy), comme Teddy Boy, pénible chanson dont les autres ne voulaient pas (à juste titre) sur l’album « Let It Be ».

Un morceau m’éblouit par sa simplicité, « The Lovely Linda », petite ritournelle d’amour jouée à la guitare et qui finit sur un éclat de rire. Mais tout l'album n'est qu'une longue et douce chanson d'amour pour celle qui vient de transformer sa vie, sa Linda. Si la plupart des titres sonnent comme des démos, il en ressort néanmoins comme une douce et plaisante promenade au pays d'un type simple, amoureux de sa blonde, lui composant ses petites musiques, presque pour eux deux.
Un seul morceau (instrumental) résume son mal-être : "Kreen Akrore"

Le plus grand moment de l’album reste bien sûr « Maybe I’m Amazed *», tube imparable. Joué systématiquement par Paul depuis 1972 dans tous ses concerts, à toutes ses tournées, il marque son entrée dans l’âge adulte, celui de la solitude de l’artiste, celui de la carrière solo qui commence, solo devant la scène, solo devant les critiques, solo devant son public qu’il ne connaît pas vraiment, habitué à entendre hurler son nom depuis plus 8 ans.

Paul est nu et il le chante, « he doesn’t really understand » et il a besoin d’amour pour comprendre ce qui lui arrive.

Il ne le sait pas, mais le succès va être énorme, pas tout de suite, mais énorme. Dépassant même celui des Beatles.
Dans 6 ans, il remplira les stades Américains. Mais pour le moment, il n’est plus personne, il n’a plus d’argent (un comble pour un Beatles) et il sort son premier disque.

La presse l’attend au tournant. Pour la contrer, il met dans chaque copie une déclaration officielle, faite de questions réponses « Pourquoi je quitte les Beatles ». Il est le premier à l’annoncer, la presse mondiale le titre à la une le lendemain, le monde est sous le choc, c’est la fin des années 60.

Artist: Paul McCartney
Title: McCartney
Orignal Release: April 1970
Reissue: 1993
Label: Parlophone
Catalog #: CDP 7 89239 2
Producer: Paul McCartney

Note 6/10

Pour écouter des extraits de l’album, c’est par ici.

Les + de Ron :

*Maybe I’m Amazed
*Maybe I’m Amazed (Live 1979 inédit)
*Child Of Nature (Demo Beatles 1968/ Jealous Guy)

Les fichiers sont en ligne 10 jours.
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