Vue par Laurie

Date 14/7/2006 6:00:00 | Sujet : Italia Vostra

Un billet de Laurie


Italie … rien que le nom est déjà tout en douceur, en caresse (même les insultes sonnent bien, un "vafanculo" bien senti, c'est autre chose qu'un de nos vugaires "connard", non ?).

J’ai fait la connaissance d’un homme sur le net il y a quelques années.
Il était français mais vivait à Milan. Le feeling y étant nous avons décidé de nous voir. Il est venu un long week-end. Nous nous sommes promenés dans Paris, nous avons appris à nous connaître.

Puis je suis allée à Milan. La ville n’est pas particulièrement touristique, mais elle est assez jolie. J’ai conduit sa voiture pour rentrer après l’avoir déposé en ville, un après midi, et je ne me suis pas paumée, un miracle sans doute. J’ai entendu, écouté cette langue qui roule comme un torrent frais et vif sur des galets, que les lèvres semblent caresser au passage, dans les cafés, dans la rue, en taxi, sur le marché.

Il a voulu me montrer il lago di Como. Nous sommes partis sous un ciel gris, et au fur et à mesure que nous approchions le brouillard s’épaississait. Comme je devais rentrer le lendemain, nous devions y aller ce jour là, impossible de remettre.
Nous nous désolions lorsqu’au détour de la route, sans prévenir, est apparu le bord du lac sous un soleil splendide, plus une trace de brume.
Les maisons ocrées aux volets verts étaient baignées de la clarté de mars. Les jardins aux feuillages encore timides et brillants faisaient des taches de fraîcheur. Les vaguelettes qui naissaient de la coque de la navette striaient l’eau calme d’éclats dorés parallèles et venaient mourir sous l’embarcadère. Une vision de rêve, une lumière irréelle, une douceur magique.

Nous avons flâné au bord de l’eau, acheté des cartes postales, pris un café à une terrasse. J’ai écrit mes cartes en prenant le premier hâle de l’année. Un moment hors du temps dont je me souviens toujours avec tendresse.

En rentrant j’ai eu envie d’apprendre l’italien, ce que j’ai fait. J’avais rapporté des livres, Camilieri, Pontiggia, Highsmith (oui oui, in italiano) j’ai acheté une méthode, un dictionnaire, un Bescherelle (perfectionniste, moi ???), et en 3 mois je me suis débrouillée suffisamment pour donner mes directives et parler au taxi qui me ramenait une dernière fois corso Campione.

Si vous en avez l’occasion, lisez "Se una notte d’invierno un viaggiatore", d’Italo Calvino. C’est une merveille d’humour et de fantaisie, comme tout Calvino, d’ailleurs.

Il y a une charmante librairie italienne à Paris, tenue par un libraire comme on les aime, qui aime ses livres, et sait vous dire dans un italien pas trop rapide que lei parla perfettamente, ché se lei può capire Calvino, allora può capire tutto.....Lusinghiero !
L’adresse, je vous le donne en mille ? Rue du roi de Sicile, ça ne s’invente pas !


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