Reçu au courrier

Date 17/7/2006 6:00:00 | Sujet : Italia Vostra

Bonjour Ron,

Jeune homme bien sous tous rapports, je fais partie de ces gens qui lisent depuis déjà longtemps ce blog, qui se régalent de tes anecdotes et de tes billets d’humeur mais qui, par feignasserie absolue (oui, oui, j’assume), n’ont jamais pris la peine de s’inscrire, bien que j’ai toujours un commentaire à faire sur un texte, sur un commentaire, sur un commentaire d’un commentaire (oui, j’aime bien mettre mon grain de sel partout et mon écran reste jusqu’à aujourd’hui le seul à partager mes points de vues que je lui gueule dessus, le pauvre). Voici ma modeste participation ; suite à ton mot de mécontentement et d'encouragement collectif ; à ce grand partage qui promet une diversité intéressante durant l'été. Au cas où tu aurais la bonne idée d'en faire quelque chose, merci de ne pas afficher l'adresse email.
Merci pour toutes tes tribulations, en attendant les autres. Et le bonjour à la Marmotte (a-t-elle choisi son camp en ces temps italiens : pyrénéenne ou transalpine ?).

Les italiens et moi

Les Italiens m’énervent… Beaux gosses, bruns, le regard ténébreux, chauds comme la braise, musclés et bronzés, pas un pet de gras, toujours près à rouler cheveux au vent sur leur Vespa « sô design », décochant au feu rouge (quand ils s’arrêtent) un sourire ravageur à la première jolie fille qui passe. Pendant que moi, me bagarrant désespérément avec une surcharge pondérale d’au moins 15 kilos, ramollo (l’une étant la cause de l’autre : plus je grossis, moins j’ai envie d’aller à la piscine, plus je mollis…), blanc comme un cul (encore que là, j’ai un bronzage agricole inversé : bronzé de la pointe des pieds jusqu’au haut des chaussettes suite à une petite balade en bord de mer habillé mais pieds nus), des cheveux qui chaque matin me font m’interroger sur la déforestation en Amazonie, et jusqu’à mes 18 ans (époque largement révolue, il faut le souligner) à cheval sur ma vieille brêle, héritée de mon frère qui l’avait déjà achetée d’occasion, transpirant péniblement au moindre rayon de soleil, mes binocles en cul-de-bouteille coincés entre le bout de mon nez et mon casque de Caliméro, je décochais un sourire pas ravageur du tout, avec mes dents courant après le bifteck.

Eux, ils vont faire les kékés sur les plages, rouler des mécaniques, le poil luisant et implanté là où il faut, alors que moi, moquette solidement arrimée dans le dos et sur le ventre, j’en suis à me demander, n’ayant une fois de plus pas tenu mes engagements concernant un éventuel régime pour être fin prêt à l’arrivée de l’été (c’est cruel de manger trois feuilles de salade quand il fait - 5° alors qu’un bon gratin dauphinois te réchauffe un peu quand même), vais-je éviter la plage une année de plus, ou me mettre, comble du désespoir, au short de surfeur taille XXL qui fait bouée dès que tu plonges dans l’eau et qui te colle de partout dès que t’en sors (mon maillot en lycra poutre apparente étant perdu entre le ventre tombant et les cuisses rebondies, ça fait un petit effet string qui n’est pas des plus réussis) ?

J’en profite pour glisser une recette de pizza spécial régime (1° requête de Ron, Luigi pardon, satisfaite. Ok, ça ne vaut peut-être pas un tiramisu), que je n’ai pas essayée vu qu’une pizza sans fromage dégoulinant de partout ce n’est ni plus ni moins qu’un vulgaire pain aux tomates, non ?




Pizza allégée (sans beurre ni huile) (recette proposée par Estale sur www.marmiton.org )

Préparation : 25 mn
Cuisson : 30 mn
Ingrédients (pour 6 personnes) :
Pâte :
- 250 g de farine sans grumeaux
- 1 yaourt ou fromage blanc de 125 g nature 0%
- 1 jaune d'oeuf
- sel
Garniture :
- 50 g de concentré de tomate + eau
- 1 tranche de blanc de dinde
- 1/2 poivron
- 2 petits carrés frais à 0%
Préparation :
Préparation de la pâte : mélanger les ingrédients et en faire une boule.
Puis étalez en étirant bien car c'est un peu élastique..
A la limite, rajoutez un peu de farine.
Mettre le disque de pâte sans matière grasse sur une plaque anti-adhésive.
Délayez sur feu tiède le concentré de tomate avec un peu d'eau, pas trop pour que la tomate se tienne encore.
Mettre sur la pâte en premier lieu.
Puis y déposer le blanc de dinde et le poivron en petits morceaux.
Maintenant il ne reste plus qu'à parsemer de carré frais émietté.
Enfourner 30 mn à 185°C.
Conseil vin : un chianti

Les Italiens sont élégants, habillés avec classe, parfois un peu « overdressed » mais bon… Moi, avec cette chaleur, je me contente de mes vieilles fringues de l’an passé, n’ayant pas le courage, en ces temps de soldes, d’aller suer dans une cabine d’essayage, découvrir que définitivement j’ai bien pris 2 tailles depuis l’an dernier, et affronter une queue de cinquante personnes en furie aux caisses. Et n’ayant pas les moyens d’aller claquer des tunes dans les grandes maisons de couture, je me dis que finalement Gucci c’était bien avec Tom Ford (lequel n’est pas mal non plus)



(Oui, Ron, il n’est pas italien, mais n’est-il pas un peu bellâtre ?) Mais on l’a viré, quant à la pouffe mère-grand dirigeante en chef de Versace et aux queues de renard de Roberto Cavalli… Non, ce n’est plus une question de moyens, seulement, je ne suis pas assez vulgaire (2° requête satisfaite hein ! Ok, ce n’est pas comment trouver un sac moins cher mais comment se faire une raison pour s’en passer …).




Les Italiens vénèrent le foot. Et moi, ça me gonfle. Evidemment, en ces temps de coupe du monde, et de résurrection de notre équipe nationale, je ne suis plus du tout crédible pour critiquer. Quand bien même, là-bas, il paraît que l’on joue partout, dans les rues, dans les cages d’escaliers, sur les terrains vagues… C’est énervant pour quelqu’un qui a été cantonné au poste de gardien de but en raison de sa vélocité proche de celle d’une brique de lait sur le terrain, et qui s’est fait une spécialité, lorsque enfin il interceptait un ballon, de le réceptionner en pleine tronche (certains se reconnaîtront…). Par ailleurs, mon expérience des terrains vagues est tout autre, mais là n’est pas le sujet…

Les Italiens sont des « lovers », de supers bons coups devant l’Eternel. Ne sommes-nous pas des hommes, ayant droit à nos défaillances ? Je ne vous ferai pas l’offense de vous raconter ma première fois (hétéro), bourré, invitant une demoiselle toute aussi défaite à me rejoindre dans la voiture d’un pote plus âgé, maladroit, tremblant, quand les Anglais ont débarqués de façon pour le moins impromptue, ce qui ne m’a pas davantage rassuré (bon, je me suis amélioré depuis hein !).

Les Italiens sont fourbes. Oui, oui, il n’y a pas de fumée sans feu. Je vous le demande : où évoque-t-on la mafia, hormis en Russie, madame, monsieur ? Etant l’archétype du « trop bon, trop con », je suis de ceux qui, venant de se faire lamentablement rouler, sont contents car 1) ils n’en ont absolument pas eu l’impression et 2) ils sont sûrs d’avoir fait une affaire en or.

Et puis les italiens sont de fervents pratiquants religieux. Alors là, je dis non ! Toute cette mascarade dégoulinant de fric qui fait du Vatican la première pièce de théâtre en éternelle représentation (oui, je sais, le Vatican n’est pas l’Italie, mais pas loin, hein !), et cette mystérieuse question : si Dieu existe vraiment, pourquoi nous laisse-t-il à ce point dans la merde ? Serait-il sadique à ce point ? Pourquoi ne suis-je pas le sosie du monsieur cité ci-après, pourquoi suis-je célibataire, en permanence sans le sou, et fatigué un jour sur deux d’aller bosser ? Moi et beaucoup d’autres d’ailleurs… (Pour ceux qui pensent avoir trouver des éléments de réponse me concernant au cours de ce témoignage de frustration, je vous prie de ne surtout pas m’en faire part, ça pourrait me vexer. A défaut d’être polis (requête bonus Ron), soyez hypocrites…).

Alors, oui, il y a les italiennes, la pulpeuse qui fait sa belle dans son bled « sô pittoresque » sous un soleil digne d’une canicule de 2003, voir Amarcord de Federico Fellini (3° requête satisfaite. Ok, c’est une critique un peu expédiée mais bon …).




Mais, premièrement, je suis davantage sensible au charme de ces messieurs et notamment d’Alessandro Gasmann, fils du fameux (et 4° requête satisfaite. D’autant que là, il n’y a rien à redire question bogossitude),



Et deuxièmement, le cinéma italien n’est plus ce qu’il était. Aujourd’hui, on a M.B. qui s’illustre dans ce registre (Malena de Giuseppe Tornatore, voir plus haut) et moi j’en ai marre de M.B., actrice mariée à l’un de nos « french actors », de son ton monocorde (certes avec un petit accent agréable), de ses éternelles minauderies via l’œil de biche, et de sa palette de jeu qui n’a d’égal que l’objectivité dont je fais preuve ici.

Voilà, après autant de mauvaise foi, de clichés enfilés les uns après les autres et de réjouissance (la satisfaction des bas instincts consistant à dégommer les autres…), je passe la main pour un billet que j’espère autrement culturel et je m’en vais de ce pas faire un tour en Espagne (qui a dit que les cons utilisent les mêmes clichés pour en parler ? Rabat-joie va !).


Bblone




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