Vu par Trentaine Ordinaire

Date 2/8/2006 12:00:00 | Sujet : Italia Vostra

Fête italienne : chroniques d'une soirée annoncée, un billet de Trentaine Ordinaire qui clôt le cycle Italien
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La trentaine passée, avec des gamins-boulets aux pieds, les occasions de s'amuser sont rares.

Heureusement il reste les grandes réunions (en majorité de famille), notamment les mariages (parce que finalement dans les enterrements, l'ambiance est plutôt froide -même en ces temps de canicule- sauf s'il s'agit du grand-oncle à héritage).

J'entendais profiter du mariage de mon grand-frère avec une italienne : direction Como pour la cérémonie et la fête associée.

Je passe sur les dix heures de voiture et l'arnaque du parking de l'hôtel (qui est en fait un parking public payant - réduction à 35 euros par jour au lieu de 45 euros).
Je me force à me coucher tôt le vendredi soir pour m'assurer de tenir debout (et de préférence en rythme) toute la nuit de samedi à dimanche.

Samedi après-midi : cérémonie religieuse impressionnante en 3 langues (italien, français et anglais-la langue commune des mariés) mais bon l'important c'est quand même la bouffe après.
Samedi soir : apéritif sublime, dîner à se taper le cul par terre (je soupire encore rien qu'à penser au rizotto qui nous a été servi).

Quelques personnes sont déjà sur la piste de danse dès 21h00, personnellement j'ai peur de quitter la table : je ne veux pas prendre le risque de rater un plat.

Petite pause entre les fromages et le dessert : je me risque à shaker mon body, histoire de dissiper la torpeur alcoolique qui commence à me gagner, et accessoirement de faire plaisir à ma femme en gigotant à côté d'elle.
J'en profite pour lui faire une petite remarque empreinte de jalousie (comme d'habitude cela fonctionne, comme d'habitude cela m'énerve que cela fonctionne : j'apprécie peu la convention amoureuse -"si tu n'es pas jaloux, c'est que tu ne m'aimes pas"- et la confiance, cela n'existe pas alors?)

La pièce montée et l'heure de minuit se chevauchent, apportant avec elles un répit apprécié de mes petites jambes de sportif "merde j'ai 100 mètres à courir pour avoir mon RER".
Après les photographies gnan-gnan des mariées en train de couper le gâteau à quatre mains et des mariées les bras emmêlés s'approchant les coupes des lèvres, le volume sonore de la musique remonte et je me prépare à danser jusqu'à l'apparition de crampes au mollet.

A travers les brumes éthyliques, mes neurones détectent plusieurs faits bizarres : abasourdi, je dois me rendre à l'évidence, entre les accords étranges et langoureux, la lumière plutôt vive et le ballet des serveurs-débarasseurs, à minuit trente nous sommes en plein quart d'heure américain, signe que la soirée est bientôt finie.

L'instant de stupeur passé (après tout, il est concevable que les salles de réception aient des horaires à respecter), une organisation brouillonne se met en place : Qui est capable de conduire? Qui rentre à son hôtel? Qui vient continuer la fête jusqu'au bout de la nuit dans les bars qui ne vont pas manquer dans cette ville touristique en ce mois de juillet?

Une vingtaine d'irréductibles se retrouvent arpentant les rues, tendant l'oreille pour discerner en vain des traces d'échos de bruit qui pourraient indiquer que quelque part peut-être il y a quelque chose d'ouvert (de préférence avec de l'alcool et/ou de la musique), pour finalement s'échouer lamentablement sur les bancs d'une place déserte.

Ah les nuits en Italie sont belles mais bon dieu qu'elles sont longues : moi qui croyais que les méditerranéens étaient des noctambules, j'en ai été fort marri.


Fête italienne : chroniques d'une soirée annoncée, un billet de Trentaine Ordinaire



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