With The Beatles

Date 7/8/2006 6:00:00 | Sujet : Musique

Tout le mois, discographie chronologique des Beatles + nombreux bonus.
Retrouver le premier album des Beatles ici : Please, please me


Deuxième album du groupe, « With The Beatles » est enregistré quatre mois après le premier.
Je vous la refais.
Quatre mois après le premier album, on enregistre le deuxième. Allo, Laurent Voulzy (un album tous les 7 ans) ? Allo, Axel Rose (un album tous les 14 ans) ? Allo la terre, ici la Galaxie Beatles !

Je vous le refais, avec un peu de beurre cette fois-ci, parce que ça devient de plus en plus gros.
Quatre mois après le premier album, on enregistre le deuxième et on sort un single EN PLUS qui n’est pas sur l’album.
Comme tous les suivants jusqu’en 1967.

Genre, vous imaginez un artiste, désormais, qui se fait un numéro 1 dans les charts, voire même un deuxième quelques semaines après et qui, au moment de sortir l’album, se paie le luxe suprême de ne pas inclure les deux tubes sur le cd.
Pour ne pas flouer le public.
Impensable, n’est ce pas ?
Et bien pourtant si. C’est ce que pensait la maison de disque à l’époque, ce qu’on donnait à penser aux Beatles eux-mêmes : on ne va pas vendre deux fois la même camelote à vos fans, déjà que vous allez pas passer l’hiver, ils hurleraient. Alors, les mecs, vous allez nous pondre un tube, ouais, là, tout de suite, on va l’enregistrer entre deux concerts, deux émissions de télés, deux tournées, deux émissions de radios. Ah, et puis, oh, on l’oubliait presque mais rapport au format du 45 tours qui a deux coté, nesspa, il nous faudrait aussi une Face B.
Ouais, ouais, un truc original. Et dansant. Et génial. Un peu dans la veine de d’habitude, quoi.
(Réponse ironique habituelle de Lennon : « Viens Paul, prends ta guitare et allons écrire une…piscine ou une Rolls ! » en référence à la montagne de fric récoltée par EMI).
Et quand vous aurez fini avec le single, vous penserez à l’album, les mecs, c’est important. C’est tout, rompez.

Ben voyons.
L’album est une pure bombe de pop. Un peu moins frais que le premier, peut-être, mais une pure bombe tout de même. 14 titres, 7 originaux Lennon/McCartney (plus le premier de Harrison) et 6 reprises, de la Motown ou de R&B, principalement. L'album dans sa version stéréo (totalement inédite au format cd, en 2006) est disponible ici.

"It Won’t Be Long" intrigue encore les musicologues des milieux autorisés par sa composition super complexe, résumée par moi en deux mots : « mégachiadée ». Mais ce petit futé d’Alan Pollack en a fait une page entière rien que sur cette chanson, si vous aimez les analyses d’intellectuels. Ici

• On sent déjà que l’album est bidouillé, vocalement, du moins. L’enregistrement se fait sur du quatre pistes, autorisant les erreurs, les doubles tracking (on enregistre une deuxième voix sur une première, pas forcément en direct, des heures ou des semaines après la première prise), l’overdub (on place une deuxième piste de guitare, une deuxième partie de basse) ou le delay (le chanteur double automatiquement sa propre voix avec une demi seconde de retard). Les sessions s’étalent sur quatre mois, de toute façon. Adieu la spontanéité des débuts. Mais quelle fraîcheur intacte, plus de quarante ans après.

• « All my loving » est la chanson que Paul composa pour sa première relation sérieuse (avec Jane Asher)…On est passé à CA du mariage, même qu’il fila une compo dont les Beatles ne voulaient pas à son presque beau-frère qu’avait aussi un groupe à l’époque… Bonus « A world Without Love », composé en 1963, ne casse pas des briques par Peter & Gordon mais il sonne très très Beatles. Je ne pense pas que les Fab Four l’auraient dépareillée, cette mélodie.
Bonus All my loving devient "Toi L'ami" par Richard Anthony, en français (clic droit)
Bonus All my loving, le clip par les Beatles (clic droit)
Bonus 30 ans plus tard, chantée par Paul McCartney en solo, "All my Loving" (clic droit)

• Harrison a écrit « Don’t Bother Me ». C’est bien, moi je suis content pour lui. Perso, je l’ai écouté cinq fois. C’est quatre de trop. L’auteur lui-même la renie, je cite : "It was a fairly crappy song. I forgot all about it completely once it was on the album"

• Les Stones aimaient bien les Beatles. Et vice versa. Contrairement à toutes les légendes à deux balles qu’on vend au grand public depuis des années. La preuve, une chanson écrite pour les Stones par Macca et Lennon, un peu rapidement, sur un coin de table. « I Wanna Be Your Man », enregistrée par les deux groupes quasiment en même temps a connu plus de succès dans sa version « Bad Boys Jagger/Richards », numéro Un des charts. C’est à se demander qui a voulu acheter cette horreur, dont Ringo hérita par la suite, la chantant à tous les concerts, dès qu’il le pouvait. BONUS ! La version des Stones ici.

• Sidérant de constater deux grosses erreurs stratégiques. Un, les meilleures versions des chansons ne sont pas sur les albums officiels mais dans les sessions accordées hebdomadairement à la BBC (en vrai live, siouplait !), à la façon Taratata. Le Deejay annonçait les requêtes des auditrices et les Beatles s’exécutaient, très souvent de meilleure manière que sur le disque.
C’est évident sur « You really got a Hold on Me ».
Bonus live BBC (totalement inédit, absolument pas sur l'album officiel live à la BBC, voici une autre version) "You Really Got A Hold On Me"

Deuxième grosse erreur, à mes yeux, la sélection des chansons à enregistrer. Reprendre tout et même n’importe quoi par les Beatles, c’était l’assurance de transcender le truc de base: citez moi un original supérieur à sa copie par le groupe et je vous file mon autographe d'Elizabeth George. Par contre, même eux ne pouvaient améliorer sensiblement le très médiocre « Devil In Her Heart ». Comparons avec cet inédit de la BBC qui catapulterait le diable dans son trou : « I’ll be on my way ». Démente petite ballade, country, mélo mais pas trop. Jamais enregistrée pour un album. Incompréhensible.
Bonus "I'll be on my way" par les Beatles.
Bonus "I'll be on my way", la version filée à Billy J Kramer & les Dakotas pour qu'elle soit commercialisée.

• Enorme erreur de management, financier, cette fois. Brian Epstein, dépassé par la tournure des évènements (on parle de Stars Mondiales que Tout le Monde Veut à N’importe Quel Prix) se rend aux meetings pour céder les droits dérivés, bien décidé à ne pas lâcher moins de quatre* pour cent.
Il annonce d’entrée son prix, devant des juristes médusés. Qui s’empressent de signer. Ils étaient prêts à lui en filer 20*. Ca va coûter des millions aux Beatles.

• Qui en gagnent déjà, des millions, avec les Perruques Beatles, les dés à coudre, les valisettes à repas, les jeux de l’oie, les chaussures Beatles, les Costumes Beatles, les filets à papillons Beatles, etc. etc. etc.

• Ce qui permet à Lennon de chanter, non sans ironie, qu’il veut de l’argent, et juste de l’argent. « L’amour, il s’en fiche, ça ne paye pas ses factures ». "Money", superbe reprise concluant l’album.

Bonus : Qu'il est dûr à chanter, ce "Hold Me Tight" ! Prise 23, clic droit.

• Vous notez un « truc » de producteur, au passage. L’importance de la chanson 7, qui conclut la première face du 33 tours, et de la chanson 8, qui ouvre la deuxième face. Il en sera de même pour tous les albums à suivre. On ne finit jamais une face sur un titre faible, jamais, c’est comme pour la dernière case en bas à droite des planches de bédés, il doit toujours s’y passer un truc ‘achement fort.

• "She Loves You", le single de la mort qui n’est pas sur l’album a fait péter tous les records. Premier disque à atteindre les 1 millions de vente en GB, resté dans le top 40 plus de 31 semaines, disque le plus vendu pendant 14 ans en Angleterre (délogé par un titre 100% McCartney, « Mull Of Kintyre » en 1977) et single le plus rapidement vendu de toute l’histoire de la pop Anglaise.

• La couverture de l’album est signée Robert Freeman (le premier calendrier Pirelli, c’est lui) qui fut payé 75 livres sterling. La maison de disque n’en voulut pas d’abord (les Beatles faisaient la tronche dessus) puis accepta tout. Le noir & blanc, le lettrage, les mines sérieuses.

Side one
"It Won't Be Long" (Lennon-McCartney)
"All I've Got to Do" (Lennon-McCartney)
"All My Loving" (Lennon-McCartney)
"Don't Bother Me" (Harrison)
"Little Child" (Lennon-McCartney)
"Till There Was You" (Meredith Willson)
"Please Mr. Postman" (Dobbin/Garret/Garman/Brianbert)

Side two
"Roll Over Beethoven" (Berry)
"Hold Me Tight" (Lennon-McCartney)
"You Really Got a Hold on Me" (Robinson)
"I Wanna Be Your Man" (Lennon-McCartney)
"Devil in Her Heart" (Drapkin)
"Not a Second Time" (Lennon-McCartney)
"Money (That's What I Want)" (Bradford/Gordy)





* Les chiffres sont "fantaisistes", l'anecdote est vraie.

Qui est Brad-Pitt Deuchfalh ? Ce n'est pas Ron


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