Sade (ism) : It's just ordinary love

Date 4/10/2006 6:00:00 | Sujet : La Marmotte

J’ai envie de le hâcher menu menu quand :

• Il dort toute la nuit avec le tee-shirt « Comme des Garçons » que j’ai payé la peau du cul d’Eva Herzigova. Il se lève, le col pendouille, le logo est tout fripé et, en baillant, il tire dessus pour le rentrer dans son pyjama. Dead de la mort, le tee-shirt.

• Il soulève la quiche que je viens de cuisiner avec amour pour voir si la pâte est bien cuite en dessous.

• Il téléphone à sa mère cinq minutes avant le début de Six Feet Under alors qu’il sait que ça va durer une plombe.

• Il hésite sur la couleur de son pull au moment de partir pour le ciné. Pas une heure avant, pas une demi-heure avant, pas un quart d’heure avant, non, pile au moment où je mets la main sur la poignée de la porte.

• Il me demande de choisir le film en haussant les épaules « Tout ce que tu veux, mon amour, tu sais bien que c’est toujours toi qui choisis les daubes » alors qu’on avait dit qu’on irait le voir à deux, « Folles Du FBI à Abattre ».

• Il raconte avec son air angélique à Oli que je suis partant pour un plan à quinze, juste pour le plaisir de voir sa tête.

• Il me parle du salon alors que j’écris dans ma chambre. Je comprends un mot sur huit. Je gueule « QUOI ??? ». Plus de réponse. Je retente un « QUOIIII ?? » massif et viril. Silence Sarajevo après pilonnage obus Serbe ration familiale. Je me lève et je le trouve comme un pacha, allongé devant LCI. Il me montre un paquet de fraise Tagada, en mâchouillant, la bouche pleine : « Che peux les finiche, alors ? »

• Il me demande si c’est moi qui sens le fennec, dans la queue du théâtre et se penche pour me renifler. Hésite. Soupèse. Puis décide que c’est le type de devant. Oui, c’est le type de devant. Et il semble soulagé, comme si j’avais pu puer une seule seconde en sa présence.

• Il me dit, première chose qu’il me dit hein, pas la deuxième, naaaaan, il me dit, en rentrant à la maison, « Oh, ça sent le propre, toi, tu as fait le ménage, je suis bien content, tu sais qu’il n’y a que ça qui me rend heureux !»… et voyant ma tronche, il se rattrape à la dernière branche avant le ravin, comme une buse hémiplégique : « enfin, vivre à deux, on salit plus que seul, c’est normal, j’oublie toujours. »

• Il fait « oulala c’est pas du top placement cac 40 » avant même que j’aie commencé le créneau alors qu’il ne conduit jamais. Et le voilà qui regarde dans le rétro la voiture de derrière qui se rapproche centimètre par centimètre, comme si sa vie en dépendait.

• Il inspecte par la fenêtre la pluie tomber, genre 15 hectolitres au centimètre carré. Se re-glisse sous la couette en prenant un air « Mère Térésa syndrome grippal » et chuchote « Mhum, ça sent le dimanche à manger des croissants frais ! » pendant qu’il me pousse du pied, hors du lit.

• Cuisine des trucs sublimes à 5000 calories la bouchée alors que je fais Weight Watcher ® et que le Tiramisu au Truffon Double est tellement couillu en points qu’on croirait le montant du PIB Guatémaltèque.

• Il fait exprès d’être extraordinaire pendant une semaine complète. Genre beau, gentil, drôle, prévenant, gourmet, sensuel, tendre, compréhensif, aimant. J’ai alors l’impression d’être Jonas le Romano Craspek, éduqué dans un bordel de Bogota par des putes transsexuelles carburant au crack et jeté dans un cargo direction la France après une opération pour lui coller deux mains gauches, un sens de l’égoïsme et de la méchanceté centré sur celui de la mal-bouffe. Je me dis que je ne le mérite pas. Que je ne suis pas à ma place. Et à l’instant où j’écris ce billet, je l’entends gueuler quelque chose de la cuisine. Il veut que je me déplace. Je ne bougerai pas. Il gueule à nouveau. Je gueule aussi :
- J’écris !
- Honhonhonh honhononn.......
- J’écriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis !
- Hoooooooh noooonhooonh.........
- OH PUTE BORGNE ! J'ARRIVE MERDE !

Il demandait où j'avais rangé les ciseaux. Nomého, mais j'ai mes billets, moi. C'est quoi la priorité ?

On s’aime depuis deux ans et demi. (Enfin, moi je l'aime depuis trois ans, mais on va dire que l'essentiel est d'arriver ensembles à l'arrivée, hein, monsieur muffle)



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