• David Abiker « Le mur des Lamentations »

Date 15/9/2006 23:00:00 | Sujet : Livres

Il y a des mails assez drôles qui réveillent une matinée ratée, une de celles qui s’éternisent durant la semaine précédant un départ en vacances.
David Abiker m’écrit en me disant qu’il aimerait bien que je lise son livre.
Je lève un sourcil.
David Abiker ?
« Le vrai » David Abiker ?
C’est le réflexe qu’on a tous, je pense, les gens de la France d’en bas qui ne passent pas à la télé, quand on reçoit des mails comme ça. En tout cas, je présume, je ne lis pas ceux de Sharon Stone, elle me raconte de trop sa vie et c’est insupportable. Sharon, steplé.



On parle quelques minutes en vrai, histoire que je comprenne l’affaire et me voilà en train de promettre que je vais lire son livre, une histoire de « victimisation ». Je grince un peu des dents sans qu’il le sache, m’attendant à un pensum atroce écrit en écoutant le dernier Charlotte Gainsbourg tourner dans un appartement à plancher du 16ème, un nespresso posé à coté du clavier.
David Abiker, pour moi, c’est le beau grand brun avec des lunettes énormes qui parle de trucs supers intelligents, à « Arrêt sur Images », sur la 5. Me dites pas que vous avez jamais vu Daniel Schneiderman hausser compulsivement ses sourcils en lançant un sujet sur la manipulation des images par TF1 dans le cadre des élections cantonales au Guatemala, je vous croirai pas.
David Abiker, il intervient souvent pour donner son point de vue, lui il aime montrer le coté pratique des choses, il aime souligner le détail, le banal du quotidien dans le traitement de l’information. Il est drôle, souvent.
(Et au téléphone, je lui ai parlé du poulet et des petits pois que ma mère cuisinait tous les dimanches. Oui, TOUS les dimanches. On mâchait le poulet Landais en regardant Daniel hausser ses sourcils. Quelle horreur, ses dimanches en famille)

David, il a retrouvé la ligne de ses vingt ans, pour une raison qu’il donne dans son livre. J’ai eu l’air un peu con d’écrire partout sur les blogs qu’il était beau comme un astre, qu’il resplendissait, que je voulais connaître la clef de son régime. Et puis j’ai ri de ma bêtise, je ne vais pas me changer, à mon âge.

J’avais peur de ne pas aimer ce que j’allais lire. C’est toujours délicat de dire à un auteur : « Ce n’est pas ma tasse de thé mais bravo, hein, l’essentiel est de participer, tout ça, tout ça ». C’est compliqué à gérer (j'ai déjà vécu ça cet hiver et j'ai préféré ne pas parler du livre)... et puis moi je débute, dans la critique Littéraire, madame. D’ailleurs, je ne vais pas en faire une, de critique, je vais juste vous vendre le livre en deux/trois phrases :

« C’est un bouquin qui parle d’un mec jeune, marié, père de famille et ce mec apprend qu’il a un "astéroide"(sic) dans le colon, qui pousse lentement. Il en parle avec beaucoup de recul, d’humour et nous fait vivre quelques mois de sa vie : c’est très agréable à lire et j’ai aimé pour deux raisons.
Primo, le type ne sort pas les violons, jamais. Au contraire, même, on peut le trouver assez antipathique, dans son 4x4, avec sa vie de bobo du 16ème. L’auteur reste digne. Pas une ligne complaisante.

Deusio, qu’est-ce que c’est drôle. Voilà. J’ai lâché l’info la plus pertinente de mon billet. Ce livre est très drôle. Et faire rire sur la maladie, à part Desproges, je trouve ça toujours mal amené, mal conduit, pas drôle, voire même grossier. Mais là, c’est vraiment drôle.

Ok, nous savons avec certitude que nous allons tous y passer mais quand ça vous touche à 35 ans, quand tout va bien, quand on se cherche presque des emmerdes pour exister, on devient subitement moins philosophe. On trouve moins les mots.
David Abiker n’a eu aucun problème à ce niveau là. Merci pour ce moment. Sincèrement. »


• Mise en vente le 21 septembre 2006
• 272 pages
• Edition Michalon
• David Abiker « Le mur des Lamentations »








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