Le vice des formes

Date 12/10/2006 6:00:00 | Sujet : Vie Quotidienne

J’aime beaucoup la psychologie. Comprendre comment je fonctionne, pourquoi je fonctionne comme ça et les raisons qui me poussent à ne pas vouloir changer de stratégie (oh, c’est si bon de souffrir, fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny).

J’ai un jour pris une excellente leçon de choses dans la tronche, par un de mes ex, qui était psychologue pour de vrai.

Je me plaignais tout le temps de ne pas avoir assez de preuves d’amour de sa part :
- Tu me dis jamais que je te manque !
Ou
- Tu me dis jamais des trucs gentils !
Ou
- Tu penses jamais à moi quand tu es en déplacement !

Et lorsque je recevais une preuve d’amour (un texto, un bouquet de fleurs ou une déclaration enflammée), je répondais toujours :
- Ouais, tu me dis ça parce que je te l’ai demandé, en fait. C’est pas spontané du tout.

Ce qui était spontané, c’était bel et bien ma connerie, encore fallait-il avoir le courage de me mettre le nez dedans. Il le fit, en me démontrant le mécanisme pervers qui animait mon raisonnement et il me donna même son nom : La Double Contrainte.
Demander une chose et son contraire dans la même phrase, en le reprochant à l’autre.
Il me l’expliqua en me racontant la blague de la mère Juive qui offre deux cravates à son fils. Une verte et une bleue.
Le lendemain, le fils, pour faire plaisir à sa mère, prend une des deux cravates au hasard, la verte, et va chez elle boire le café. Elle ouvre la porte et hurle :
- Et la bleue ?? Malheur !! Tu n'aimes pas la bleue ou quoi ?!! Tu fends le cœur de ta pauvre mère qui te fait un cadeau !!


C’est ça, la double contrainte. Mettre l’autre dans une impasse.
J’étais subjugué. Par ma bêtise (ou mon intention involontaire de nuire, du moins) et par la fréquence avec laquelle je reproduisais cette double contrainte. Je me suis excusé. Je l’ai remercié.

Et j’en ai tiré deux enseignements.
1) Ne plus jamais utiliser la double contrainte dans mon couple.
2) Ne plus jamais sortir avec un psychologue. La névrose, putain, ça a du bon quand même. Si on peut plus torturer son partenaire comme on veut, où va le monde ?



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