Dans la bouche (2)

Date 27/9/2006 8:10:00 | Sujet : Vie Quotidienne

Durant ma semaine de vacances, voici quelques billets que vous avez du sûrement oublier. Vous pouvez aussi aller lire In Cold Blog, aujourd'hui.


Pas la peine de casser la tirelire ou de me faire péter la nappe, les assiettes, l'argenterie et les 8 plats si je viens manger.
Moi ce que j'aime surtout c'est :

* Les frites à la graisse d'oie de Tatie Marcelle, à la poêle, c'est simple, elle n'en fait jamais assez. Toute la famille sait qu'elle fait les meilleures frites du monde, qu'elle sert sur un vieux plateau argenté tout en longueur, et les frites sont enfin là, découpées avec amour à la main, maladroitement, couvertes de vieux sel, craquantes sous la dent, et on les touille dans la savora en regardant diminuer avec angoisse le tas, alors pour ralentir la cadence, on coupe avec le gros couteau à steak une plâtrasse de viande bien saignante, et on fait descendre tout ça en douceur avec un petit verre de rouge... Le vin vient d'Intermarché, une bouteille pas chère, un truc sans prétention, dehors les vaches repartent seules à l'étable et le voisin André appelle les chiens en revenant de la chasse, c'est le terroir, c'est la Chalosse, c'est chez moi.

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La Marmotte est un redoutable séducteur. Je n'ai rien vu venir.
Il avait entendu au détour d'une conversation que j'épouserais sans hésiter une seule seconde celle ou celui qui me ferait une fois par semaine des escalopes de dinde panées.
Dont acte.
* Ah les escalopes panées... C'est mon pêché mignon, mon talon d'Achille, mon-millésime-ma-plus-belle-année, bref le seul plat pour lequel je vendrais ma mère. Oui, des escalopes panées, à l'ancienne, avec du jaune d'oeuf et de la panure, avec un peu de temps et beaucoup d'amour, bien grasses (même tournées et retournées dans du papier sopalin avant) mais parfaites. C'est mon nirvana à moi. Et je ne peux plus partir maintenant.



* Le gratin Dauphinois de Môman à la noix de muscade, servi avec son rôti de boeuf, un temps, je croyais pouvoir m'en lasser. C'était une illusion, surtout si elle y colle sa tarte aux quetsches et crème chantilly en dessert, et café dans mazagran (sans sucre hein) pour tout le monde. On ne quitte pas la table maternelle comme ça.

* Ma mère, en plus, c'est la Reine de l'Aromate, elle en met partout, même au chat elle en donne, c'est comme ça, on l'appelle Madame DUCROS mais après, chez les autres, tout te semble fade, réellement fade.
Elle a murmuré un jour à sa meilleure amie (il paraît):
- Jamais il en trouvera un qui cuisine comme moi, de ce côté là, je suis rassurée.
- Méfie-toi, il va devenir végétalien comme ma fille, rien que pour t'emmerder !
(Hochement de tête maternel compatissant de la Femme qui sait de quoi elle parle en matière d'enfant qui emmerde)
- Ah non ma chérie, ça, c'est déjà fait, il est déjà un peu spécial.
- Mais on peut être végétalien et homosexuel, Jacqueline !
(Un frisson d'angoisse parcourt le dos des deux femmes)
- Quelle horreur ! Ah ça serait le pompon ! Plutôt mourir ! Avec la note qu'on a laissé au marchand de fromage depuis 30 ans, moi qui suis 12% du PIB de la Hollande à moi toute seule, et le boucher qui s'est payé sa Safrane grâce à nous ou presque, la merde !


Je sais, vous n'imaginez pas ma mère parler comme ça. Et vous avez raison. En vrai, elle est pire.





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