All you need is cash

Date 18/11/2006 11:30:00 | Sujet : Musique



Tous les deux ans depuis 1995, c'est la même histoire. Un "nouvel" album des Beatles est dans les boutiques, un nouvel ajout "indispensable" au catalogue, bourré "d'inédits" que les fans "attendaient" depuis des décennies.

"Love" est le titre de la fournée 2006, disponible en édition collector (son 5.1 pour le cédé bonus) et va, bien sûr, finir numéro 1 des Charts (Américains) comme d'habitude.

Soyons clair, il ne reste plus aucun inédit au sens strict du terme dans les caves de EMI, leur maison de disque, aucun inédit à part une chanson...Une démo de 14 minutes intitulée Carnival Of Light (inécoutable) que Macca composa un soir pour une diffusion publique lors d'une soirée branchée...


Tout le reste est du réchauffé. Des démos acoustiques, des prises alternatives (la version de 27 minutes de Helter Skelter, des volontaires, au fond ?), l'intégrale des passages à la BBC en dix cédés (oui, je les ai) ou des jams interminables et ennuyeux joués par quatre types excédés (22 doubles cédés pirates que personne n'a jamais pu écouter en entier).

On a sorti les versions monos des albums puis les versions stéréos. Les coffrets Singles. Les coffrets EP (Extended Play, quatre titres). Les Anthology (la plus belle arnaque Beatles à ce jour). Une énième version épurée de l'Album Let It Be (il en existe deux autres, tout aussi belles).
Les puristes attendent encore une vraie réedition du catalogue, comme celui des Stones, en digipack, son remastérisé, plein de bonus. On rêve en voyant les cinq (cinq !) réeditions de Pet Sounds, des Beach Boys alors que Abbey Road (1969), le plus grand album de tous les temps n'a pas été retouché depuis 1986...pour sa première sortie en cédé. Une honte. N'achetez pas "One", la compil officielle qui compresse atrocement le son pour le rendre plus contemporain, preferez l'Album Bleu et l'Album Rouge pendant qu'ils existent encore à la vente (il faut le savoir, chez les Beatles, on retire ce qui fait honte, comme chez Lucas). On attend également la sortie en cédé du "Live At The Hollywood Bowl" (uniquement dispo en 33 tours) et, bien sûr, l'Arlésienne du groupe depuis 1969, "Let It Be", le dernier film autour de leur dissolution, en dévédé, repoussé depuis...pfiiiiuuuuuuu.

George Martin, producteur Historique des sessions originelles (1962/1969) avait jeté l'éponge en 1995 à cause de sa surdité mais remet étrangement le couvert en compagnie de son fils, désormais. Déjà, là, je m'énerve, les mecs qui pensent que le génie se transmet par les gênes, j'ai du mal.
Donc les Martin's, lui appareillé et sourd comme un pot + l'autre, juste fils de, reprennent les masters originaux, isolent des pistes sonores, des pistes vocales, les compilent et en tirent un nouvel album pour le spectacle du Cirque Du Soleil : LOVE.

Vous savez comment ça s'appelle, un mélange nouveau de voix et de sons tiré d'un enregistrement original ? Un remix. Et moi, que ce soit de Madonna ou des Beatles, les remix, ça me saoule. On fait en plus long, en plus boum-boum, en autrement, quoi, ce qui a déjà été mieux produit à la base. Inutile.
Pour résumer, tout sauf un nouvel album. Pour fans, uniquement. Quand à ceux qui veulent écouter un mixage respectueux et 5.1 des chansons, un son pur, inoui, magnifique, cristallin, jetez-vous sur le dévédé de Yellow Submarine, petit bijou Psychédélique incroyable. En dessous, Eleanor Rigby, issu du film, peut-être le meilleur passage. Bonus, Eleanor Rigby en live (1987) par Paul, une excellente version d'une chanson que les Beatles n'ont jamais interprété ailleurs que sur disque.





Voilà ce qu'on devient quand on prend trop de drogue, les enfants : des vieux cons ridés menaçés par une amanite blanche géante.



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