Soirée Diapo (2)

Date 20/5/2007 8:30:00 | Sujet : Voyages



Jour 2 Los Angeles et Jour 3 Los Angeles/Laughlin

Le gros plus de la journée : La visite des Studios Universal, le panneau Hollywood.

Le gros moins de la journée : Venice Beach, un peu glauque quand il n'y fait pas beau, je ne viendrais pas m'y promener le soir mais ça passe en journée. Si vous aimez les ambiances "Teknival"...


L’info que je regrettais de ne pas savoir : ne pas hésiter à s'arrêter dans une station-service quand
vous en voyez une, vous pouvez très bien passer les trois heures suivantes dans un désert complet, sans arrêt possible.



La première nuit est un cauchemar, même si je me couche épuisé, un Stilnox ® dans la tête et une paire de boule quiès pour être complètement tranquille, je ne peux m’empêcher de subir la circulation sur le boulevard attenant, les ébats du couple de la chambre d’à côté et les premiers effets du décalage horaire qui se font sentir. Allongé à 22h, je me réveille en pleine forme à 2h30. Je me tourne et me retourne, rien à faire, c’est le milieu de matinée en France et mon sommeil de mouche le sait bien.
Déjà que j’ai du mal avec les changements dans ma propre chambre, à mes propres horaires, quand tout va bien… Avec le recul, trois semaines plus tard, je me rends compte que le décalage n’est gênant qu’à l’aller, les quatre premières nuits sont atroces et puis on s’y fait. C’est le retour qui achève, vraiment. Plus possible de fermer l’œil la nuit, épuisé en matinée, somnolent en après-midi, je vais prendre un boulot de caissier dans un sex shop de nuit à Pigalle pour avoir la paix, si ça continue.

Wisteria Lane, la rue des Desperate Housewives. Pas visible tous les jours, se renseigner avant d'acheter son billet. Voir aussi la petite vidéo plus bas...






Nous partons à Universal City visiter les Studios Universal, un de mes rêves depuis toujours. A l’entrée, on nous propose deux parkings, un à vingt dollars la journée (pour les grosses feignasses) avec accès direct au parc, un à dix dollars, avec « un peu de marche, tout de même ». Je choisis celui-ci, sans hésiter, malgré l'insistance du mec à l’accueil. Je fais bien, ce qu’ils appellent « un peu de marche » se résume à la distance voiture/caisse centrale quand vous vous garez à Auchan, soit moins de 5 minutes à pied.

Ce sera ainsi pendant tout le voyage, on nous proposera régulièrement (et pour de l’argent) de nous garer plus près pour éviter des distances, encore un peu de dépenses caloriques en moins pour un peuple qui passe sa vie à surbouffer, à garer sa voiture au pied du lit s’il le peut et à se voir proposer des pass VIP en voiturette de golf dans tous les endroits touristiques. Ennemis du moindre effort. Le parc est situé sur deux niveaux, tous accessibles par des escalators. Trente minutes à pied d'un bout à l'autre, maxi.



Je comprends avec un peu de déception que les Studios Universal (55 dollars par personne, ajouter 20 dollars pour l’option « eat all you can eat » sans les boissons, forfait bouffe inutile et 20 dollars de plus pour un pass VIP qui vous permet de ne pas faire la queue : complètement inutile hors saison, nous sommes arrivés à l’ouverture, avons fait les attractions majeures le matin sans jamais attendre et fini le parc en cinq/six heures. Il n’y a pas un chat (au mois de mai)…Universal Studios, donc, n’est ni plus ni moins qu’un « EuroDisney » vaguement orienté cinéma, à deux trois (fabuleuses) exceptions près.

La place de Retour vers le Futur.


On nous fait faire « La Momie » grand 8 dans le noir avec effets spéciaux (je meurs la première fois mais comme nous ouvrons la journée, ces abrutis à la caisse nous laissent dedans repartir pour un tour ! Argh je remeurs), « BackDraft », attraction live à effets spéciaux (feu, explosions, tremblement de terre) impressionnante et étouffante, « Schrek 4d », un film en relief qui arrose et souffle dans les oreilles (bof) ou « Retour vers le Futur 3D », l’attraction majeure du parc qui a bien vieilli depuis son lancement il y a plus de quinze ans. Etc etc.



Le vrai clou de la visite (hélas complètement aléatoire selon les tournages, vous pouvez ne pas voir ce que j’ai vu ce jour-là) reste la visite en petit train des studios, on passe devant les immenses bâtiments abritant le tournage des séries NBC (« Heroes »…) pour finir par une visite des décors, ce jour-là, de Wisteria Lane, la rue des Desperate Housewives, le clou de la visite, en musique, dont voici un petit film d’une minute.
Décors de la place de la mairie dans « Retour vers le futur », de la maison de « Psychose » (plus convenu) ou du décor incroyable du dernier Spielberg, un vrai boeing 747 éventré par l’équipe des décorateurs et étalé sur une centaine de mètres dans une rue post-apocalypse. C’est très anecdotique mais amusant.

(Le plateau de king Kong, le plateau de "La Guerre des Mondes")







Ils nous en donnent pour notre argent avec plein de surprises que je n’éventerai pas mais qui justifient le prix du billet. Ce parc n’est pas un « vrai » studio de cinéma qui propose de voir des tournages in situ (hormis pour les possesseurs du pass VIP mais sous certaines conditions) mais un classique parc d’attractions (moins fourni qu’Eurodisney) basé sur le cinéma. C’est plaisant. Nous quittons les lieux en début d’après-midi (je suis rassasié de musique forte et d’odeurs de graille) pour partir vers Rodéo Drive (la rue Gucci Prada Vuitton, aucun intérêt) puis le panneau Hollywood qui nous tend les bras à quelques kilomètres, un vrai bonheur à regarder. Ça fait bizarre.





Ça ne justifie pas un voyage mais aller à Los Angeles sans aller photographier le panneau Hollywood me semblerait aussi con que de ne pas aller traîner devant la Tour Eiffel à Paris au moins une fois.

La Marmotte me propose de découvrir Venice Beach qui, paraît-il, regorge de jeunes sportifs surmusclés jouant au basket-ball devant les touristes. Sûrement les jours de chaleur, alors, parce qu’avec 15 degrés, un vent glacial et de gros nuages noirs, nous n’avons pas vu grand monde.
Je me suis même senti plutôt mal à l’aise dans cet endroit limite, regorgeant de SDF faisant la manche, de bars à tatouages ou de commerces vendant des bongs.






Ce n’est pas une destination familiale hors saison, nous aurions dû pousser plus au nord vers Santa Monica… si j’avais eu la force. Gros inconvénient de Los Angeles, les distances. Si la route est globalement agréable (leurs bouchons sont de la gnognote comparés au périph parisien aux heures de pointe, désolé, j’étais assez stupéfait de ne trouver que des ralentissements) il faut compter avec des déplacements d’une heure à une heure trente minimum pour aller d’un endroit à l’autre. La vitesse est strictement limitée (et plutôt bassement : entre 30 et 70 miles au maximum sur autoroute), encadrée par des flics omniprésents. Chaque autoroute (que j’appellerai plutôt des « grosses rocades ») dessert rapidement un quartier dans lequel, ensuite, il faut subir des feux réguliers, rendant chaque traversée un peu monotone.





Rien à voir avec Paris, cependant, il y a de la place pour tous, pour rouler, se garer, tourner au feu. Pas de stress à L.A. lorsqu’il s’agit de conduire, c’est un bon point.





Nous partons le lendemain vers Laughlin, à quatre heures de route de là, changement d’Etat (le Nevada, les routes y sont impeccables) et traversée du désert qui ressemble, ma foi, à un vrai désert. Heureusement que j’ai l’idée saugrenue de pisser et d’acheter un peu d’eau avant de partir, nous ne trouverons plus un seul stop possible sur les 300 kilomètres suivants ! Pas une station-service, pas un mac do, pas un parking, rien. Juste une longue double bande grise entourée de sable gris, monotone mais superbe, rythmée par les chansons de l’Ipod et le doux ronronnement de la clim.

Laughlin surgit soudainement au milieu du désert, petite ville dortoir, Las Vegas du pauvre, une dizaine de casinos cheap, des petits vieux clope au bec s’endimanchant pour jouer des dollars à la chaîne sur des slots machines bruyantes, le désert étouffant à perte de vue : aucun intérêt. Ce n’est qu’un étape mais nous découvrons enfin l’Amérique profonde, ses prolos immigrés clandestins qui servent dans les fast-food, ce centre commercial (Outlet) désert et glauque faisant face à l’hôtel mais séparé par une immense avenue que nul piéton jamais ne traverse, cette chaleur épuisante, écrasante, qui nous assèche la bouche et nous colle contre le siège de la voiture, clim. encore réglée à fond. Demain, le grand Canyon, à quelques heures. Ouf !




Nous manquons mourir sur une sortie d’autoroute.

La tête ailleurs, un peu décalé, roulant à plus de 100, je pense rétrograder pour faire le plein et je mets le levier de vitesse sur « R » (marche arrière). Dans un atroce crissement de pneu, la voiture dévore du bitume sur quarante mètres, nous laissant secoués et retenus par les ceintures, choqués, pendant qu’une odeur de caoutchouc atroce envahit l’habitacle. Le moteur a failli exploser, je regarde dans le rétro, personne derrière. Je reprends la route, les genoux en coton et un fou rire nerveux rétrospectif m’envahit, augmenté par la face blême et les lèvres serrées de mon amoureux qui ne pipe mot.



Il va s’en dire que je ne lui aurais jamais pardonné telle erreur, ressassant avec délectation des années plus tard la fois où « il aurait pu tous nous tuer, doux Jésus ».

Cependant la pensée de ma bêtise suscite encore à l’heure où je rédige ces lignes une hilarité incompressible, hilarité que je partage avec vous : nous aurions pu mourir comme des tanches et je trouve follement amusante l’idée de passer de 100 à « marche arrière » en un instant, faisant exploser le moteur par-dessus le capot pendant qu’un immense camion Truc US nous aurait culbuté à l’arrière, cet énorme bruit de freins me fait encore venir des larmes aux yeux.


Vidéo de 55 secondes : Wisteria Lane.



Je vous spoile un peu la visite des studios en train ( dans cette vidéo de 50 secondes.) avec une surprise...humide... On était un peu sidérés par l'ampleur du truc. Cette rue a servi pour le premier Star Wars (scène du bar) et sert encore régulièrement pour les endroits mexicains... Tout le studio utilise à l'infini les mêmes lieux, repeints d'une couche pour figurer l'Inde de Mohinder dans "Heroes" ou... l'entrée de la colonie Anglaise de "Pirates des Caraibes"... au même endroit, donc.




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