Soirée Diapo (4)

Date 1/6/2007 6:00:00 | Sujet : Voyages



Jour 5 Monument Valley

Le gros plus de la journée : la solitude totale devant les plus beaux paysages à cent bornes à la ronde, une lumière changeante incroyable.

Le gros moins de la journée : la poussière rouge, portée par un vent impitoyable, qui s’infiltre partout (dans l'appareil photo ou même entre les dents…)

L’info que je regrettais de ne pas savoir : On ne peut pas visiter Monument Valley un jour de pluie ou le lendemain d’un jour de pluie avec une routière… La piste devient boueuse à la moindre goutte de pluie et « dévore les voitures », pour reprendre l’expression du guide. Par chance, il n’a pas plu ce jour-là.

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On se dit qu’on a tout vu après le Grand Canyon et que le reste sera forcément fade, ou nul, ou pas bien. On se dit qu’on était venu pour le Canyon et puis c’est tout, alors maintenant, on va attendre la fin du séjour en bâillant, non ?





On le pense, stupidement.
Et puis la voiture s’engage dans Monument Valley. Une entrée de réserve indienne, on paye 10 dollars à une dame congelée dans sa guérite, c’est début mai et il fait à peine quinze degrés. La température, ça va. C’est le vent. Qui ne lâche pas l’affaire. Sans cesse. Impitoyable. Transportant avec lui des kilos de poussière rouge qui s’infiltre partout, qu’on le veuille ou non. J’évoque en soupirant les voyages en diligence qui prenaient des semaines et je me demande comment ils faisaient pour supporter des milliers de kilomètres sur une piste inconfortable, chaotique, étouffant de chaleur ou grelottant sous les couvertures, bouffant de la poussière, les dents crissant à chaque mot hurlé dans le bruit ambiant, les chevaux, les sabots, les cris du cocher, les secousses et… les indiens. Qui pouvaient surgir à chaque instant.







Nous croisons des indiens, des vrais, un peu partout. Nous sommes chez eux, pas même des invités, au mieux tolérés. Visiteurs devant rester sur la piste balisée et ne pas en sortir, chaque chemin alternatif rencontré sur la grande boucle d’une vingtaine de kilomètres emmenant à des habitations privées, dans les roches ou des caravanes, de natifs à la peau rouge. Comme la poussière. La lumière se fait dans mon esprit « Haaaan c’est pour ça, le nom ».
J’ai, à ce jour, encore des traces de cette poussière collante dans mes baskets, sur un pull que je ne veux pas laver et… un peu partout dans les rouages mécontents de l’appareil photo qui s’en souvient encore.





La visite (en solo dans sa voiture ou en groupe en payant largement un extra mais qui permet d’en voir un peu plus) comprend un tour en voiture, sur une piste, une boucle, d’une longueur de 17 miles sans compter quelques panoramas en cul de sac sur le trajet. On roule lentement au milieu d’un paysage incroyable et les images des westerns de l’enfance reviennent toutes. Les cow-boys et les indiens, les films de John Ford, John Wayne, voilà ça y est, on y est en plein. Nous nous arrêtons tous les cent mètres pour en prendre plein les yeux. Seuls, nous sommes seuls.





Je n’ose imaginer cet endroit dans un mois, quand les cars de touristes vont débarquer photographier à la chaîne ces montagnes qui en ont vu d’autres. Nous sommes heureux d’avoir pu venir tous les deux ici, en amoureux, dans la voiture. Heureux de partager ce moment unique, incroyable, d’une vie banale et un peu conne le reste de l’année, métro-impôts-sarko, aucun intérêt si y on réfléchit deux secondes.

C’est sublime, c’est tout. Nous nous asseyons sur une vieille souche. Le temps passe. On l’oublie. C’est sûrement ça, le bonheur. Il ne fait pas de bruit.






Vidéo Bonus comme si vous y étiez "Monument Valley, c'est bien mais c'est venteux" 26 secondes. J'ai filmé juste après avoir pris la photo juste-dessus, avec la voiture...On dirait pas, hein, sur la photo, que ça vente autant





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