Copine Kim

Date 13/6/2007 6:00:00 | Sujet : Livres



Un jour, en allant me choisir un nouveau téléphone portable avec La Marmotte, il y a pas deux mois, je commence à raconter ma vie à la nana de la boutique, Kim, qui reste fascinée, la bouche ouverte, un doigt emberlificotant sa longue mèche blonde pendant que l’autre tapote du bout de l’ongle surmanucuré sur la table en plexi.
Je hausse les épaules, un peu perplexe, arrivé au stade habituel de l’histoire de ma vie des six derniers mois:
- Puis après, j’ai pas refait de télé.
- Haaaaan ça c’est parce que vous y êtes allé seul la première fois.
- Comment ça ?
- Faut jamais sortir seul quand on veut devenir un auteur connu, faut avoir de la compagnie et de la bonne.
- Zêtes sûre ?
- Ouais. J'étais dans l'événementiel, avant...Tenez. (elle griffonne son téléphone perso sur une carte qu’elle me tend). La prochaine fois que vous devez aller à la tévé ou ailleurs, là où il y aura des journalistes, faites moi signe et je viendrai avec plein de copines à moi, des bombes, on s’habille ras la cuisse, on se maquille, que des canons, je vous promets que dans le lot y’en a pas beaucoup de refaites du visage ou des seins et ils tiennent tous bien droit.
- Et on fait quoi en arrivant ?
- Rien, vous vous faites rien, juste vous nous tenez la main, vous mettez des lunettes de soleil et nous on fait les putes à côté.
- Mais on va me prendre pour un barge d’arriver avec huit « putes » sur un plateau télé !
- Non. On va vous respecter. Croyez-moi, on prête qu’aux riches et ça va vous faire une sacrée réputation.
- Peut-être pas celle que j’attends !
- Tssss. Faites-moi confiance, ma meilleure amie, c’est CM et vous avez vu où elle est ? Elle fait du deuxième partie de soirée sur TF1. Elle m’explique toujours les petites combines. Ses collègues mecs, ils ont tous fait ça. Avec les gens des médias, il faut sortir les pétasses, les lunettes de soleil et l’air au-dessus des autres.
- Si vous le dites. Et vous, vous y gagnez quoi ?
- Vous inquiétez pas pour moi…


Je ne dis pas que je vais le faire, si jamais un jour j’en ai besoin, mais je me suis gardé le numéro de téléphone sous le coude… Enfin, je dis que je vais pas le faire, mon œil, je me suis promis de me taper ce délire, une fois, au moins. L’idée d’arriver en costard noir à une interview avec huit bimbos trentenaires bronzées, maquillées, coiffées et toutes chaudes de mon corps m’amuse au plus haut point, quand j’y pense.

Rien que pour voir le regard du journaliste.


(oui, c'est une histoire vraie )



Cet article provient de Ron
http://ron.infirmier.free.fr

L'adresse de cet article est :
http://ron.infirmier.free.fr/modules/news/article.php?storyid=1464