Soirée Diapo (7)

Date 18/6/2007 5:50:00 | Sujet : Voyages



Journée 8 Sur la route de...



Pour paraphraser Bonaldi… Aller voir Las Vegas ? « Totalement inutile et donc rigoureusement indispensable »…Amis du parler vrai, de l’authentique, des sensations pures et des bonnes odeurs de forêt, passez votre chemin, Vegas n’est pas pour vous.





Moi, je voulais voir du vulgaire, du clinquant, du faux-chic, du fric étalé sans pudeur et sans goût, du sexe frelaté, lire la suite
des vieux qui dépensent sans compter et des putes qui mâchent leur chewing-gum en tendant leur carte de visite, le tout éclairé façon dix millions de watts au mètre carré pour bien éclabousser le prolo, qui en redemande.
J’ai eu tout ça. Et bien plus encore.

Et tu sais quoi ? J’en redemandais.





Le gros plus de la journée : les casinos intéressants sont tous situés en enfilade sur le Strip, à portée de jambe les uns des autres… tant qu’on peut avancer. Plus la soirée avance et plus vous ralentissez. La foule est compacte, bruyante, pressée. Ambiance braderie de Lille pour le son, parade eurodisney pour les lumières, Bordel de Madame Jeanine pour les odeurs. Et je ne parle pas de la fumée de clope, omniprésente car bien légale.



Le gros moins de la journée : on perd un temps fou pour crapahuter d’un endroit à l’autre, les hôtels sont immenses et on doit presque tous les traverser (… et donc claquer quelques dollars aux machines) pour rejoindre les points d’intérêt. Nous avons mis plus de 35 minutes pour rejoindre notre hôtel, à trois cent mètres de là.



L’info que je regrettais de ne pas savoir : Il fait très chaud dans le désert. Il ne viendrait à l’idée de personne de se promener des heures en plein soleil, tête nue, entre midi et quatre heures. Vegas est en plein désert. Les néons, les boutiques, les trottoirs nous le font vite oublier. Gare à l’insolation, au coup de chaud, au malaise, lorsqu’on passe d’une rue bouillante dépassant les 35 degrés à la clim glaciale d’un lobby d’hôtel. Un métro aérien (hors de prix : 5 dollars l’aller simple, par personne) relie les principaux hôtels entre eux. A ne pas négliger pour le retour de la balade.
De toute façon, Las Vegas, c’est mieux la nuit !






Oui, c’est vrai, je la voulais ma dose de paillettes, un petit peu. Je commençais à saturer des parcs, des écureuils, de la bonne terre saine et sauvage. Je voulais sortir ma carte bleue, claquer quelques dollars, descendre des litres de coca en m’enfilant des burgers immenses, acheter des tee-shirts, des casquettes, des souvenirs. Je voulais marcher le nez en l’air et me sentir touriste. Aller là où tout le monde va et prendre la même photo que les autres.



Nous quittons Bryce Canyon et, en allumant le GPS, je décide de ne pas écouter les conseils de la dame, prenant cap au Sud. Il faut traverser un parc national, un de plus, payer l’entrée pour n’en voir que des miettes mais passe, je m’en fiche, je veux prendre la route qui traverse Zion, le joyau situé à coté de Bryce. Longs tunnels creusés à flanc de montagne, cascades immenses et un petit arrêt pour prendre deux photos. Il est temps de continuer. Plus d’une fois, ce jour-là, le GPS se trompera en nous envoyant dans la mauvaise direction, nous obligeant à parcourir dix kilomètres de plus avant de trouver une sortie.



La chaleur est impressionnante, la route aussi. Nous descendons vers le désert. La freeway serpente entre les montagnes, et je freine comme je peux, dans les courbes, pour éviter les trucks métalliques qui dépassent sans crier gare pour se rabattre violemment, à l’arrache. Je vois se refléter plus d’une fois la voiture dans les immenses roues et je rêve à la photo que La Marmotte pense à cadrer, au bout d’un long moment.





Las Vegas apparaît, irréelle, au lointain. Nous mettons plus d’une heure à arriver au pied des tours que nous voyions déjà en hauteur, à des dizaines de kilomètres de là. Le GPS nous indique une sortie, je cherche en vain un parking et puis j’en trouve un, presque par hasard.

L’architecture des hôtels est si dépaysante que nous en perdons l’essentiel : comment y entrer, comment en sortir ? Il me paraît sur l’instant que le haut parking miteux dépassant les dix étages dans lequel je trouve avec difficulté une place ne saurait être un endroit digne des touristes du cru et j’hésite même à rebrousser chemin avant de réaliser que non, je suis bien au bon endroit et que oui, si à Vegas tout ce qui rapporte est clinquant, le reste n’est que misère d’arrière cour indigne d’intérêt. Il faut payer (et cher) pour garer sa voiture dans un endroit propre. Tant pis pour eux. Dieu soit loué, j’ai connu les chiottes des pèlerinages ou des JMJ, si bouchées et sales qu’on aurait pu penser à une tradition héréditaire de coulante odorante chez les plus croyants des cathos mais pour tout dire, désormais, je sais voir le reste du monde sale avec sérénité. Ce n’est pas l’odeur qui me gêne souvent, c’est le bruit.

(Vegas Town à suivre)







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