Soirée Diapo (10)

Date 17/7/2007 6:00:00 | Sujet : Voyages



Journée 10 Yosemite

Le gros plus de la journée :
Le parc n'est pas très loin du Lodge, la route n'est pas difficile d'accès, on peut se promener sur du plat, la vue est superbe, régulièrement.

Le gros moins de la journée :
C'est une usine à touristes !

L’info que je regrettais de ne pas savoir :

Faire extrêmement attention aux biches et cerfs qui traversent sans prévenir sur les routes. Routes sur lesquelles il est difficile de rouler lentement...


Pourquoi je n’ai pas (Cliquez sur lire la suite)
trop aimé Yosemite ? Parce que si, parfois, durant le voyage, j’avais pu me sentir « parqué » ou « convoyé » d’un point A à un point B, jamais cette sensation ne m’a paru aussi insupportable que dans le parc vedette du grand Ouest Américain.





Entendons nous bien : le lieu est superbe. Une version exponentielle des Pyrénées. Montagnes, verdure, cascades, bonnes odeurs de fougères, randonnées et trip nature. Soit. Mais, même hors saison (nous sommes début mai lors de notre passage), le lieu commence déjà à saturer sur les points d’accueil. Et sur la route. Et sur les parkings.





J’avais déjà du mal à cacher ma déception devant la longue file de bagnoles à doubler en certains endroits (les « points photo obligatoires » : superbes, il est vrai) ou les touristes, tout comme moi, en short, déambulant un peu partout. Après tout, nous sommes sur un parcours touristique super fréquenté, un « must » à voir, doublé d’un lieu de villégiature très prisé des amerloques.





Mais devoir me fader, une fois de plus, une longue boucle en voiture, sans possibilité d'aller voir ailleurs si c’est plus vert, non. Allez, quoi, faites nous sortir des sentiers battus, juste un peu, pour voir la tête qu’ils ont. Nous n’avions qu’une journée, bien sûr, même pas, allez, une grosse après-midi ensoleillée, et nous ne pouvions pas aller bien loin… Alors « Yosemite », depuis le temps que j’en entendais parler, je m’attendais à autre chose que ce road-trip de luxe hyper canalisé.





En gros, sans trop se presser, on peut faire le tour du parc en voiture, en moins d’une heure. Si on compte un stop pour acheter une carte et la poster (la post office est mignonne), un second pour boire un coup en observant les écureuils, un troisième pour aller à la cascade qu’on voit au loin, allez, sans se presser, on a fait le tour du proprio en trois heures.



Je présume que les fans de camping et de trek sont aux anges dans un lieu pareil qui regorge de sentiers ombragés menant à des falaises à vue imprenable, des torrents de flotte fraîche emportant au loin les touristes un peu trop cons s’approchant du bord (lire à ce sujet l’hilarant bouquin recensant les morts les plus stupides des parcs nationaux américains). Si on aime le camping et les réveils humides dans la tente, bouffé par les moustiques (quelle horreur), on doit se sentir super bien à Yosemite. Ajoutez-y un accès facile et une étiquette de « Star des Parcs » et vous vous retrouvez à DisneyNatureLand en plein week-end du 15 Août, sous un soleil de plomb, plus un seul pas possible sans écraser la grosse tong d’une touriste belge. Il y en a qui aiment.





Heureusement pour nous, ça allait encore mais il faut aimer la foule. Les animaux ne sont pas farouches, loin de là, comme un peu partout dans les parcs. Nous pouvons les approcher à la condition expresse de ne pas les toucher, les nourrir, les effrayer, ce qui permet, à deux pas de la route,de rencontrer des troupeaux entiers de biches, pris en photo par des troupeaux entiers d’humains.





Pour être honnête, ça m’a gonflé. Je ne me voyais pas rester là plus longtemps, après les heures bénies de solitude dans des parcs plus poétiques (Séquoias géants…Bryce Canyon)… où nous étions seuls au monde, ou presque. Partout, à quelques mètres, une route pleine de bagnoles pour nous rappeler que nous étions bien dans une réserve survisitée. Des cris, des gosses, des vélos, des appareils photos, des chemins balisés. Bof.



Je ne suis pas branché camping (doux euphémisme) donc je n’aurais pas tenté de rester une nuit ou deux sur place mais il paraît que, à condition d’aimer la foule, on peut passer de super vacances en pleine nature. Pour ceux qui n’ont pas le budget et qui désirent voir un Yosemite miniature, je recommande une semaine dans les Pyrénées, en promenade au cirque de Gavarnie ou au lac de Bouillouses, sensations garanties. Et solitude hautement probable.



Bref. Une belle journée, néanmoins, passée à regarder passer les gens, écouter les conversations en français (Nicolas venait d’être élu) et regarder les beaux hunks américains s’équiper pour partir en rando, en short, tee-shirt blanc, dents immaculées et gigantesques, grandes oreilles bien collées et sourire commercial engageant. Après avoir eu droit à sa petite falaise et posé son équipement de grimpe dans la voiture, La Marmotte rougissait de bonheur au supermarché en choisissant ses pastèques importées du Mexique et moi, un peu fatigué de toute cette route, je me projetais déjà (honte, honte, qu’as-tu fait de ton carpe diem ?) dans la journée du lendemain, à San Francisco. Il me tardait carrément.



La nuit au Lodge fut courte, enchantée à ses premières heures par la découverte sur le câble d’une nouvelle chaîne entièrement consacrée au relooking extrême. Visages, corps, voitures, maisons mais aussi commerces ou bâtiments publics, décidemment ces américains savent faire de la bonne télé de qualité comme on n’en fait pas encore chez nous. En regardant de plus près les tarifs affichés sur la porte, plus de 300 dollars la nuit, je me suis longuement demandé comment notre agence de voyage faisait pour rentrer dans ses frais, entre le billet d’avion Paris/LA et SF/Paris, les quinze nuits d’hôtel + la location de la voiture, vu les tarifs pratiqués sur place.



Certes, le coût du dollar nous fait passer pour des nababs, ou presque, et c’est vraiment LE moment pour acheter de la monnaie ou visiter les USA. Mais tout de même, quelle est la marge de profit d’une agence de voyage ? C’est une question qui me travaille depuis. Si vous êtes arrivé jusqu'ici, non, ce n'est pas La Marmotte, en photo. J'aime pas les blonds
Allez, une dernière de la mamie qui aimait les biches, pour la route :





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