Soirée Diapo (13)

Date 25/10/2007 5:30:00 | Sujet : Voyages







Et puis un jour, le moment qu’on a rêvé toute une vie arrive. On a déjà été amoureux. On a déjà voyagé. Mais aller sur le Golden Gate avec le bon, qui nous aime, qu’on aime, regarder la ville et comprendre qu’on est enfin là, tous les deux, et que tout va bien, on l'avait jamais fait.

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C’est la taille qui surprend, de loin.
Je le voyais plus grand.
Je le voyais moins grand.
Je le voyais comme ça, dans les films.
Je ne sais plus comment je le voyais, finalement.






On y est alors, aux Etats-Unis ? Pour de vrai ? On est à San Francisco, pour de vrai ? Sur le vrai Golden Gate ? On se pince un peu. Subitement, il prend une autre dimension, passant de la case « rêve » à la case « futur souvenir ». Elles n’ont pas la même taille ni la même saveur, ces cases.





C’est le bruit qui m’a le plus étonné, le bruit des voitures à quelques centimètres de nous. Un vacarme infernal qui gâche un peu le plaisir, j’avoue, mais juste un peu, je suis tout de même en train de traverser le Golden Gate, excusez du peu.









On trouve un téléphone bleu accroché à un des piliers, pour les désespérés, les candidats au suicide, un téléphone relié à une hotline de l’amitié. Il est vrai que, d’une hauteur pareille, il n’y a pas de deuxième tentative possible. Aucune protection ou filet n’empêche le promeneur de se jeter dans le vide.





Les couleurs sont impressionnantes. Le rouge est flamboyant, la mer hésite entre le vert et le bleu, la ville est pale, au loin. Alcatraz tourne au gris. Le vent se lève un peu.



Alors que je commençais à prendre un coup de soleil, le fameux Fog débarque à la vitesse d’un cheval au galop, coupant le pont en deux, nous empêchant presque de revenir sur nos pas. L’impression est saisissante d’une nappe vivante, irréelle. Je pense au film de Carpenter.



Non, en vrai, je pense à un tout autre film. J'avais 12 ans, et, moi aussi, je voulais me battre contre un méchant, tout en haut du pont...





Dédicace pour Nora, dont nous voyons le prénom gravé en plein milieu du pont, evidemment. Qui d'autre ?

Je râle alors que je m’enlève les chaussures, pestant contre les ampoules formées. Quelle idée, aussi, de génie, de vouloir se promener avec des chaussures neuves. Comme quoi, même à 8000 kilomètres de chez soi, on emmène toujours sa connerie dans les bagages. Remarque, je ne vois pas pourquoi je l’aurais laissée à la maison. Elle a le droit de prendre l’air, un peu, elle aussi.





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