Jericho

Date 14/9/2007 18:20:00 | Sujet : Télévision

Jericho, une série bientôt diffusée sur M6.
Teaser & critique. Pas de spoilers.




Je mérite la médaille en Saindoux du Saucisson Mireille pour m’être avalé les 22 épisodes (x42 minutes) de Jéricho, en deux semaines, sans avoir gémi une seule fois.

Les critiques étaient mauvaises. Les forums balançaient des horreurs sur la série. Aucun blog sérieux ne donnait son opinion au-delà du pilote. Il fallait être un peu maso pour aller jusqu’au bout mais je l’ai fait, ouais, je l’ai fait : j’ai mon opinion sur Jéricho.

J’avais adoré Malevil (livre de Robert Merle) ou le Fléau (Stephen King), deux ouvrages traitant de la survie dans un monde moderne après un holocauste (nucléaire ou bactériologique). Le thème de Jéricho m’excitait donc : une petite ville, perdue au milieu des USA, se retrouve sans moyen de survie ou de communication après l’explosion d’une trentaine de bombes nucléaires sur les grandes villes des Etats-Unis. Ennemi inconnu (au début de la série)…Futur incertain…Plus de télé, d’eau, d’internet, de nourriture, de chauffage ou d’ordre républicain. Excellent sujet pour démarrer la meilleure série de tous les temps, non ?



A l’arrivée, le bilan est super mitigé : je ne conseille cette série (et ses 15 heures de rebondissement) qu’aux fans de SF pas trop narquois, en vacances, et pas trop anti-ricains. Parce qu’on en bouffe, du ricain, pendant les 22 épisodes. Du red-neck bien bouseux, bien à droite, con comme un paysan qui n’est jamais sorti de son église (ou de son temple, plutôt) que pour aller acheter une carabine au super-store. Ils sont tellement obsédés par Dieu et leur Président, leur femme, leur ferme et leurs armes qu’on en vient à penser qu’ils méritent leur sort.

Quel préchi-précha, quel ramassis de conneries on doit se fader dans certains épisodes, pendant des tunnels de cinq minutes, pour avoir droit un peu plus tard à une ou deux bonnes scènes, une ou deux bonnes idées. La série est freinée en permanence par son manque d’ambition : les décors ne sonnent pas « Nebraska », la ville est minuscule. Les acteurs sont mal castés, très stéréotypés (le patriarche viril en cow-boy Marlboro, le retour du fils prodigue, la pute au grand cœur, l’ado qui a le mal de vivre et surtout le vrai-faux méchant dont on sait qu’il n’est pas si méchant car il cache un double secret en lui, ouais) et les situations tiennent en trois lignes.

On se retrouve souvent devant une série à la V, chaque épisode présentant un problème qui doit être résolu dans les quarante minutes, souvent par le héros principal, qui sait tout faire, bien sûr. Présenté comme une andouille queutarde et débile en début de saison, Jake (Skeet – j’ai bien vieilli depuis Scream –Ulrich) devient omniprésent, omniscient, s'immiscant dans toutes les intrigues qu’il arrive à dénouer sans jamais trop se creuser la cervelle, aidé par des deus ex machina si tirés par les cheveux qu’on en pleure de rire.

Tout n’est pas mauvais. Mais qu’est-ce que c’est cucul la praline, qu’est ce que ça reste faible ! La saison 2 ayant été annulée, les fans se sont révoltés, envoyant 20 tonnes de noix aux Studios qui produisent la série. Gagné, et c’est un fait suffisamment rare pour être souligné, sept épisodes sont en tournage actuellement, qui boucleront (on espère) de façon définitive les événements dramatiques laissés en suspens à la fin de saison. On verra bien.

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