(13) On est toujours trahi par les seins

Date 1/10/2007 6:00:00 | Sujet : 3 ans

Elles se posaient la question, en me voyant, parfois certaines le demandaient, parfois elles glissaient des allusions. Et puis d’autres fois, elles ont carrément deviné que j’étais sensible au travers de mes soins infirmiers, carrément. Elles sont trop fortes.

• Grillage number ouane : le sondage.

La femme a deux trous et non un, au-dessus de l'anus, oui c’est incroyable comme cela peut paraître évident à tout homme hétérosexuel normalement constitué mais pour nous, les autres, qui n’y mettons jamais notre nez, cette précision prend toute son importance lors d’un sondage urinaire. Petite explication à l’usage de ceux qui n’ont pas l’intention de se reproduire, pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Le sexe de la femme est vertical, ça semble évident, mais il est composé de plein de lèvres, deux de chaque coté, une grande et une petite. Si introduire une sonde urinaire semble évident de prime abord (en gros, il n’y a qu’à écarter les lèvres pour enfoncer le bitoniaud), figurez-vous que ça se complique puisque nous nous retrouvons en face de deux trous, un en haut et un en bas.
Tête de l’infirmier.
« Merde, c’est lequel, déjà ? »
Réflexion intense et rapide.
Tête de ma collègue :
« Mais qu’est-ce qu’il fout ? »
La bouche de l’infirmier se pince :
« Bon, on va réfléchir en toute logique, si celui du bas est le plus proche de la terre, c’est celui qui sert à pisser, donc celui du haut doit être pour le sexe, beurk, quelle horreur, mais comment peut-on avoir envie de mettre son engin dans ce truc sans fond ? Pouah ! Bon, allez je vote pour le bas ! »
Je regarde ma collègue en souriant :
- J’y vais !
- Ah, ben quand même, l’espace d’une seconde, j’ai cru que tu n’en avais jamais vu de près !

Silence. Elle me regarde, penché sur la dame, toujours hésitant. Reprend, suspicieuse :
- Mais tu en as déjà vu de près, n’est-ce pas ?
- Hum hum…
- Attends, tu fais quoi, là, tu es beaucoup trop bas, attends, mais regarde la tête de la dame, tu vois bien que tu n’es pas au bon endroit ! Sors ! Sors ! La clepsydre !
- Mince, j’étais pourtant persuadé… J’étais tout en bas !
- Mais c’est vers le haut !
- Ah bon ?

Silence interloqué. Regard qui s’illumine. Bouche en coin narquoise. Clin d’œil grivois :
- Allez, laisse moi faire, va. On va gagner du temps… (pause. Elle trifouille. Trouve l’endroit. Décide de me reparler d’un truc plus dans mon domaine, à ses yeux :) Dis… Tu es allé faire les soldes au Printemps, alors ? Il y a des trucs sympas ?

• Grillage number tou : Vaginal Burn-out

Patiente d’une vingtaine d’années qui arrive aux urgences, en retour de voyages de noce, atrocement gênée, mais les larmes aux yeux. Milieu de nuit. Deux mecs pour la recevoir, un interne qui les aime virils et musclés et moi, qui les aime à peu près comme ça, aussi. On l’écoute. Elle nous parle de douleurs… là… (Elle montre du doigt)… depuis le début de ses noces, suite à des rapports sexuels très nombreux.
- Nombreux comment ? (demande l’interne)
- Plusieurs fois par heure, toute la nuit, je crois que mon mari est très très actif…
- Vous pouvez me donner une estimation du nombre de rapports sexuels, cette semaine ?

Elle calcule de tête.
- Je ne sais pas… Entre 30 et 40 par jour sur les sept derniers jours…
- 210 rapports sexuels en une semaine ??
- Oui, mon mari est… euh… suivi… pour une histoire d’hormones en trop. Mais bon, ça ne me gênait pas, au début, c’est juste que là, ça me brûle.

L’interne demande à voir l’objet du délit et elle baisse sa culotte, soulevant sa jupe.

Nous observons, en vain, à la recherche d’une trace quelconque indiquant une inflammation mais rien ne saute aux yeux. L’interne part téléphoner pour avoir un avis gynéco et alors qu’il sort, une collègue entre et me demande un bref rapport.
- La dame a d’après elle des brûlures dues à des rapports sexuels trop fréquents mais bon… On voit rien à l’examen…
- Je peux regarder, madame ?

Ma collègue se penche et, une demi seconde plus tard, se relève en s’exclamant « Putain ! ». Me dévisage, lentement, du haut en bas. Puis narquoise, me demande à partir de quel stade de gonflement j’appellerais les pompiers pour les prévenir d’une explosion imminente. Je la regarde :
- Pourquoi, c’est gonflé, là ?
- Tu te fous de moi ? On dirait une baudruche qui va exploser… Tu as déjà vu un seul appareil génital féminin de ta vie ?
- Euh… Ouais…
- Laisse moi reposer ma question : Tu as déjà vu un seul appareil génital féminin de ta vie ailleurs que sur un livre d’anatomie ?
- Euh…
- Ok. (l’interne revient, elle le stoppe de la main)… Bon, zaza et renato, vous allez laisser faire les nanas, hein, je crois qu’il y a une arrivée de rugbymen en salle de déchoc. Allez, on dégage.



Il paraît que la dame avait les lèvres tellement gonflées que ça faisait mal aux filles du service, rien que de la regarder. Ben laissez moi vous dire que ça ne sautait pas aux yeux. D’un homosexuel.

• Grillage number fri : Chimène et Alceste.

Elle se penche pour refaire le lit, me demande de border de mon côté, vérifie la table de nuit, la sonnette, le téléphone, les rideaux. Satisfaite, elle sort de la chambre, m’indique la suivante, et sans un mot, se penche pour refaire le lit, me demande de border de mon côté, vérifie la table de nuit, la sonnette, le téléphone, les rideaux. Au bout d’une heure, avant de partir au café, elle me glisse :
- Que ça repose de bosser avec des pédés. Vous, au moins, vous nous matez pas les seins qui débordent de la blouse, à chaque fois qu’on se penche.
- Cool. J’aime pas trop qu’on m’appelle pédé, Béa.
- Comment tu veux que je t’appelle ? « Petit cul d’amour » ? A chaque fois que tu te penches pour border le lit, je me régale, grave. On en mangerait !

• Grillage number for : Soin personnalisé

« Roooooon ! » elles hurlent presque, maintenant. « Roooooooooooooon ! ». Je me penche vers le patient, lui souriant de toutes mes dents :
- Je dois vous laisser, mes collègues m’appellent pour le café depuis dix minutes, je vais me faire tuer si je n’y vais pas… A toute à l’heuuuuuuure !
- Ouais !!

J’arrive comme une fleur à la tisanerie, avise un tabouret libre, m’affale dessus et sens immédiatement les sourires goguenards des hyènes qui m’entourent…
- Quoi ?
- Tu prenais bien ton temps avec le petit étudiant sport étude natation !!
- Etbenalorsquoiii ?
- Tu le draguais ?
- Bah ! Je lui prenais la tension !
- Pour la troisième fois ce matin… Tu as raison, il a de superbes biceps !
- Mais ça va pas ! Pas du tout ! Pas du tout ! Je surveille la tension de tout le monde tout pareil, de façon globale et… euh… globale…

L’interne, une blonde que j’adore, se repositionne la mèche et me tape sur l’épaule :
- Ouais enfin, tu vas te calmer, hein, chouchou, trois fois la tension en deux heures pour une entorse simple, hein, il va pas non plus mourir de suite dans tes bras. Mais comme t’as l’air motivé et que tu soignes les gens de façon globale, et comme on est lundi, tu feras le tour des tensions de tout le service, tu me les notes. Et, globalement, je les veux prises à 16h, 18h et 20h.
- HEIN ?? Trois fois !!!
- C’est de la traumato, on n’est jamais trop prudent.
- HEIN ??

Elles ricanent toutes. N’empêche, j’avais eu son portable, au nageur. Pas elles. Il était gaulé, punaise, il était gaulé… de partout…






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