Les conneries se reniflent à la pelle

Date 16/8/2007 5:30:00 | Sujet : Vie Quotidienne



Nurse Bridget à l’appareil.

Figurez-vous que j’ai une haleine de poney depuis des mois, rapport au fait que je repousse mon détartrage sans cesse : ma dentiste me terrorise. Avantage, je suis sûr que je pourrais passer une soirée nu en tête à tête contre Pingui sans tenter quoi que ce soit. Inconvénient, j’ai réellement une haleine de poney.

Ma pharmacienne, qui n’est pas la moitié d’une andouille, m’a proposé ce produit révolutionnaire qui tient dans la main et s’emporte partout, vous offrant le frisson ricqlès à pas cher, façon lame de fond glacée qui descend d’un coup d’un seul de la bouche à la culotte, wiiizzzzzzz. Option je roule des pelles à la France Entière après.



Deuxième effet Kiss Cool, je peux gratter le bouchon toute la journée avec mon ongle, grat grat grat, un petit bruit qui rythme mes visites de chambre en chambre et qui agace prodigieusement mes collègues. Et grat grat grat. Pschiit un coup de ricqlès dans le beignet…Haleine parfaite…grat grat grat…Pschiiiiiiiit un coup de ricqlès dans le beignet… Et grat grat grat. Pschiit un coup de ricqlès dans le beignet…Haleine parfaite…grat grat grat…Pschiiiiiiiit un coup de ricqlès dans le beignet…



Toute la journée, je vous dis.



Et grat grat grat. Pschiit un coup de ricqlès dans le beignet…Haleine parfaite…grat grat grat…Pschiiiiiiiit un coup de ricqlès dans le beignet… Et grat grat grat. Pschiit un coup de ricqlès dans le beignet…Haleine parfaite…grat grat grat…Pschiiiiiiiit un coup de ricqlès dans le beignet…



Quand soudain, ce matin, ce fut le drame, sur le coup de dix heures trente. Alors que je faisais grat grat grat tranquille, je vois passer le kiné, qui fait un peu de sport à ses heures perdues (il a beaucoup d’heures, le chameau) et qui passe le plus clair de son temps au lit des filles. Mais c’est pas une raison pour lui souffler mon entartrage massif dans la tronche, alors je saisis mon ricqlès et je me colle quatre ou cinq pschiiiit massifs de frisson des alpes.



Horreur Malheur Malaise.

« Mon ricqlès aurait-il tourné dans la bonbonne ? » que je me dis en moi-même, limite à deux doigts de passer par-dessus l’escalier tellement le goût que j’avais en bouche était infect ! Je me penche pour regarder le flacon et là haaaaaaan je blémis à sa vue : c’était pas le ricqlès mais le Natuspray ! Ces couillons du laboratoire pharmaceutique avaient utilisé la mini-bonbonne à fraîcheur pour y mettre leur médicament anti-crise cardiaque. Vous connaissez pas Natuspray ? Normal, vous êtes jeune et pas cardiaque. Mais si vous étiez vieux, vous en prendriez tous les matins. Sont cons, chez Natuspray, aussi, faut dire : même format, même bouchon grat-grat, même aspect lisse.



Alors que je contais hilare ma mésaventure à mon collègue, je le vis changer de couleur. Je me gratte la tête une longue seconde avant de lui poser la question qui fâche :
- Ben koikigna ? T’es embêté parce que je me suis collé un pschiit de natispray dans la bouche ? Bah, ça arrive, les conneries ! C’est rien ! Et pis je peux te dire que ça guérit pas l’haleine.
- Non, je m’en tamponne les burnes sur des pulls Célio en solde, de ta connerie. Je voudrais juste savoir ce que t’as mis dans la bouche de tous les cardiaques de la maison, ce matin.


Ben, du ricqlès, pardi, eula c'te affaire.
Ça devait pas être si mauvais que ça, en tout cas, il n’y en avait aucun qui a protesté sur le moment.




(Pour prévenir les commentaires de quiches encore plus quiches que moi : bien sûr que partie sur mes patients est fausse, je n'en suis pas à ce stade-là...)



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