Clemoon vous parle écologie

Date 19/10/2007 22:30:00 | Sujet : Vie Quotidienne

Le temps a passé, Ron gère assez bien son eau. Il bronze, il fait des câlins à sa Marmotte, il découvre la faune et la flore environnantes… et il ne nous oublie pas, il continue quotidiennement à poster des billets sur son blog (hin hin). La maison étant emplie de victuailles, il n’a pas encore besoin de faire ses courses.
Approchons-nous.
Plus près.
Encooore...
Stop ! Attardons-nous sur sa consommation d’énergie.

Ah petit rappel avant tout : les énergies fossiles viennent TOUTES à disparaître (pétrole, gaz naturel, sables pétrolifères, schistes bitumineux et charbon), même l’uranium si utile pour l’énergie nucléaire (et les projets de guerre nucléaire, cela va sans dire).

Donc, les préoccupations écocitoyennes majeures de Ron et sa Marmotte sont d’utiliser de manière intelligente l’énergie dont ils disposent, et limiter la pollution qu’ils peuvent générer sur leur île (et par extension, sur la planète). Et pas la peine de revenir à une vie de Cromagnon pour ça.

Tout d’abord, il est important de repérer quels sont les impacts environnementaux qui se trouvent un peu plus loin que le bout de notre nez. Car c’est un fait, TOUT est fait aujourd’hui pour que l’on consomme toujours plus d’énergie, même lorsque l’on croit faire attention. Dans son nouveau mode de vie, Ron aura certainement une meilleure note que nous autres, le fait de vivre sur une île déserte aidant un peu quand même…
Parce qu’en effet, il est temps de réaliser qu’on ne consomme pas l’électricité uniquement chez nous, mais aussi en prenant un ascenseur, en arborant fièrement son super aquarium lumineux à remous, en consommant des produits hors saison cultivés sous serre ;
Il est temps de réaliser que c’est bien beau de recycler tous nos beaux emballages de yaourts et autres produits frais, tous les sachets plastiques individuels de gâteaux, toutes ces magnifiques boîtes cartonnées tant utiles… au packaging. Mais quid de l’énergie consommée pour leur fabrication, ET de l’énergie nécessaire à leur destruction ?? (Je ne parlerais même pas dans ce billet de la manière dont on s’en débarrasse aujourd’hui, et encore moins de ces superbes nouveaux et plus gros incinérateurs prévus pour bientôt.)
Il est temps de réaliser qu’on n’utilise pas que l’eau de notre robinet, mais aussi celle outrageusement pompée dans l’agriculture intensive qu’on cautionne en achetant des légumes et fruits au parcours (re)doutable (encore une fois oui, et c’est pas la dernière) ;
Il est temps de réaliser qu’on fait peut-être attention à la lessive (vive les noix de lavages !!) qu’on met dans notre lave-linge (archi-plein), mais sans se soucier vraiment des substances chimiques utilisées pour la confection de notre dernier teeshirt top tendance…
Quant à la déferlante de la pratique du



Objet à usage unique. Utile, pratique, jetable.
Nécessite pas mal de matière pétrochimique.
Grossit incroyablement la masse de déchets.
Objet à usage unique. Pollueur. Très très très .
La surconsommation entraîne des dégâts à l'environnement et à la santé par l'usage non modéré des ressources naturelles.
Du rasoir pour jambes des mesdames à l’appareil photo, en passant par le téléphone portable jetable, les draps de lit jetables, sans oublier la vaisselle jetable bien sûr… Consommons ! C’est pas cher, toi prendre ! Pas encombrant, tu utilises et hop, tu jettes, toi pas hésiter !

Après le mouchoir jetable, l'appareil photo jetable,
le téléphone jetable et l'ouvrier jetable,
bientôt la planète jetable !
Inventons le jetable durable...

Source http://www.univ-ubs.fr/ecologie/jetable.html


Comme le dit malheureusement si bien Paul Ariès, politologue actuel :
Les anciens étaient des champions de la conservation longue durée. Ils savaient préserver leurs biens contre l’usure du temps et se moquaient de la mode (ce qui ne veut pas dire qu’ils n’avaient pas de soucis esthétique ou de coquetterie). L’éducation (tout comme les valeurs morales et sociales) étaient fondée sur une certaine pratique de « l’économie » et de l’ »épargne », très loin des conceptions actuelles. On portait des pièces aux pantalons et aux coudes, et un vêtement honnête se devait de vêtir toute la fratrie. […] La modernité n’a pu triompher qu’en salissant les mots anciens. La frugalité, cet art de vivre des fruits du patrimoine sans jamais consommer le capital, est devenue synonyme d’appauvrissement ; l’économe fait figure de « radin » ; l’épargnant est un « looser ». Le surconsommateur est un mec « trop » sympa et tellement patriote !
Le gaspillage des ressources se trouve ainsi paré de toutes les vertus.



Bein ouais. On en est là aujourd’hui. Consommons consommons, on trouvera peut-être bien une solution plus tard ! Oh nooon pas une solution qui répare bien sûr ! Uniquement des petites solutions de dépannage, histoire de repousser un peu l’inévitable.

Alors franchement, certes il y a des gestes quotidiens à faire sans même plus y penser, tellement c’est facile, pas cher, et que ça peut rapporter gros, mais peut-être n’est-ce pas si incohérent de changer petit à petit certaines de nos habitudes.

Le facile immédiat :

Pour l’électricité, Ron allume et éteint la lumière chez lui.
 Les ampoules à faible consommation d’énergie sont plus chères que les autres, mais si on ne regarde que l’aspect financier, force est de constater que l’investissement est très vite rentabilisé ! La facture est amoindrie ET finis les intempestifs grillages d’ampoule ! Si si, je me rappelle le temps où nous changions les ampoules tous les 2 mois, on était à la dèche, au final, on avait régulièrement une pièce qui restait dans le noir pendant quelques jours (voire semaines)… Et bien vous pouvez me croire, ça fait 2 ans que j’ai équipé toutes mes pièces d’ampoules à basse consommation, (9 ampoules quand même), je n’en ai jamais changé !! Alors ? Quel est le problème ? Pourquoi d’ailleurs les anciennes ampoules sont-elles toujours autant commercialisées ??? Plus de détails sur le fonctionnement, les avantages et les inconvénients : http://fr.wikipedia.org/wiki/Lampe_fluorescente

 On n’allume pas pour rien (allumer le hall d’entrée alors qu’il fait jour et qu’on ne fait qu’y passer) et surtout, on éteint la lumière lorsque l’on quitte la pièce, même pour quelques minutes.

On échange ses halogènes contre des éclairages moins gourmands en énergie. Une seule lampe halogène consomme autant d’énergie que deux lave-linge !

 On ne laisse pas son lave-vaisselle ou lave-linge ou sèche-linge allumé alors qu’il a fini de tourner, voire pire, qu’il est vide. Et on ne le met en marche qu’une fois qu’il est plein d’ailleurs.

 On fait la chasse aux petites lumières rouges. Les appareils qui restent en veille peuvent représenter jusqu’à 10% de la facture d’électricité. Chaîne HiFi, télé, ordinateur, imprimante… Les débrancher si la fonction « éteindre pour de vrai » n’existe pas (honte à leurs constructeurs !)

 Le téléphone portable… Mon dieu le chargeur du téléphone portable ! Et tout autre chargeur d’ailleurs…Lorsqu’on le laisse branché, mais sans rien au bout (pas de batterie d’appareil numérique, pas de mobile, pas de pile, pas d’iPod…), il continue de consommer de l’électricité, et pas rien en plus. Si on mesure le bilan environnemental d’un produit sur l’ensemble de sa vie, quelle part relève du fabricant et quelle part dépend de l’usage qui en est fait par le consommateur ? Si la fabrication du téléphone portable représente une dépense de 100, l’énergie consommée pour leur utilisation varie de 10 à 350 ; ce pic de 350 étant atteint, justement, quand on laisse le chargeur en permanence branché sur une prise électrique.

 Adapter la puissance des lampes aux besoins : une ampoule de 100W est rarement justifiée…

 Couvrir les aliments lorsqu’on les fait chauffer (sauf le lait hum hum) ; non seulement c’est un gain de temps car la température montera plus vite, mais en plus, plus on coupe tôt et moins on use de gaz ou d’électricité évidemment.

 Profiter au maximum de la lumière du jour et optimiser son apport en privilégiant les teintes claires qui réfléchissent la lumière.


Le moins facile, petit à petit :

Ou appelé désormais la consom’action.
Cessons de croire qu’acheter moins, c’est forcément ne bouffer des pâtes, des patates, et entourés de blattes !
Arrêtons de dire que consommer mieux, c’est réserver aux riches.
Et par pitié, faut aussi s’enlever de la tête que vivre en étant conscient des impacts de nos achats, c’est réservé aux « verts » !

Les choses peuvent se faire progressivement. Ron ne va pas bouleverser sa vie en une semaine. Ce serait idiot, et même pas fait de bon cœur. Mais un ou deux changements par mois, une ou deux résolutions régulièrement, et en peu d’années, il aura considérablement changé son rapport à la vie, son respect envers la planète, envers lui-même, et envers ses co-citoyens terriens.

Consommer mieux, c’est prendre en compte les conditions de travail des ouvriers/employés, c’est penser à l’impact écologique d’un produit de sa naissance à sa mort, c’est limiter le gaspillage des énergies.
Si on commençait ne serait-ce qu’à arrêter d’acheter à tout-va en se disant «Oh ça c’est pas cher, c’est vraiment une affaire, j’en n’ai pas besoin mais ça peut toujours servir…», à encombrer nos placards de breloques et autres gadgets dont on ne se sert qu’une fois tous les deux ans, voire jamais, à acheter du neuf alors que l’ancien convient encore très bien, à se laisser manipuler par les milliers de publicités qui finissent par nous faire croire que tiens finalement, on a besoin de ça !
Et bien ce serait déjà un grand pas.
Un effort utile peut très vite devenir une habitude louable. Se dire qu’on décide une fois pour toute de ne plus acheter toutes les semaines 2 bouteilles de coca, mais au lieu de ça, acheter une semaine sur deux un jus de fruits 100% jus et biologique (et boire de l’eau le reste du temps). Au final on n’a pas dépensé plus, on s’est déshabitué du coca qu’on ne boira qu’occasionnellement (et on y trouvera plus de plaisir), et on n’a pas cautionné le gaspillage d’eau. Car pour information :
Coca-Cola Company utilise 290 milliards de litres d’eau par an. 114 milliards sont utilisés pour la production des boissons, les 176 milliards de litres restants servent lors du processus de fabrication pour le rinçage, le chauffage ou la climatisation. Autrement dit, pour un litre de boisson, l’entreprise u(tili)se 2,5 litres d’eau.
(Hum et en plus le coca c’est pas bon pour la santé !)
Accepter que l’effet de mode est une belle merde pour l’environnement aussi ça peut jouer et faire réaliser des économies. Par exemple quand Ron était gosse (le siècle dernier, certes, mais y a pas si longtemps que ça), je suis certaine que ses parents ne lui achetaient un nouveau cartable que lorsque l’actuel était vraiment en mauvais état (ne ferme plus, prend l’eau, a été volé, abrite des souris ou que sais-je encore) . Aujourd’hui, ambiance consommation oblige, un enfant a, au minimum, un nouveau cartable tous les deux ans ! Et du coup, vive la création de déchets supplémentaires, sans parler des dépenses énergétiques liées à la production du nouveau cartable. Entre la teinture et les traitements des tissus synthétiques, un sac à dos classique concentre 75% de son impact environnemental dès la phase de production, et 15% lors de la confection (selon une étude du cycle de vie réalisée par Lafuma). Manipulés par nos impayables, pardon, je voulais dire impayés bien sûr, ouvriers d’Asie, plastique et synthétique, les deux piliers fétiches de Ma-tel et D-sney, viennent augmenter encore un peu plus notre déjà trop élevée pollution. Et n’oublions pas l’effet de serre généré par le parcours de ces supers cartables qui, belle performance, font régulièrement Atelier en Asie  supermarché en France. Parce que je parle ici de cartable, mais ce sont aussi TOUS (pas loin en tout cas) les objets en plastique de la vie quotidienne : boîtes plastiques de rangement, jouets, objets électroniques, ustensiles de cuisine, baladeurs MP3, montres, portables, appareils électriques …
(Quelle joie de découvrir « fabriqué en France» sur les boîtes Curv-r !)

« Travailler plus pour gagner plus »
Gagner plus pour consommer plus.
Consommer plus pour polluer plus.
Polluer plus pour créer plus d’emplois.

La boucle est bouclée.

Mais le terrain qu’est notre vaste planète est amené à l’être aussi.

Si tous les lecteurs de Ron commencent, à échelle progressive, à agir réellement au quotidien, avec conviction, à faire passer le mot à leurs famille, amis, collègues voisins, qui eux-mêmes… Est-ce que nos enfants pourront vivre sans avoir à présenter leurs tickets de rationnement « 5 litres Air respirable», « 3 litres Eau potable », « 30 minutes sortie en extérieur »…





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