Julien Colas, l'interview

Date 8/12/2007 16:50:00 | Sujet : Télévision



Sauf autorisation formelle écrite et préalable, toute reproduction, en tout ou en partie, par quelque moyen ou procédé que ce soit, pour des fins autres que celles d'utilisation personnelle, est strictement interdite.
Pour tous les textes présentés sur ce site: Copyright R.W. 2004-2007©


- Salut Julien…Tu sais, quand je t’ai regardé, cet été, des fois, j’ai souffert pour toi. Cette pression, cette violence verbale aussi, parfois…
- Non, je ne trouve pas.

- Tu as pas été épuisé par le harcèlement que les Thénardier t’ont fait subir ?
- Je pense qu’il faut dissocier le 24/24 de ce qui était scénarisé pour la quotidienne et de ce qui était gardé pour le prime… avec la réalité. Mon aventure, pour moi, c’était deux mois et demi, point. Je n’ai pas subi de harcèlement, non. Tatiana a révélé sa personnalité petit à petit et l’a fait de manière machiavélique, il faut lui reconnaître un certain talent pour ça.

- Quelle malade, cette fille !
- Elle aurait été une femme d’empereur extraordinaire, notamment la femme de Marc Aurèle, mais je ne me suis pas senti oppressé. Tu sais, je m’entendais extrêmement bien avec Xavier, c’est vraiment quelqu’un de bien, je tiens à le préciser. Le seul défaut qu’il a, c’est sa copine. Je ne te mens pas, au bout de quelques jours, je me suis rendu compte qu’elle avait une plastique assez intéressante.

- Tu savais que TF1 voulait d’un rapport sexuel dans le loft, rapidement ?
- Oui. Faut savoir que j’étais le seul célibataire…La prod me poussait avec Tatiana énormément, sur les jeux, on me mettait en binôme avec elle, pas forcément pour qu’on ait des rapports sexuels mais plus pour créer des tensions avec Xavier.

Lire la suite
- Tu t’en rendais compte ?
- Bien sûr, c’était le jeu, une fois qu’on a signé, c’est comme ça, ils sont là pour scénariser 52 minutes tous les jours, à la quotidienne…C’est quelque chose que j’ai accepté et ils ont été correct avec moi, ils m’ont pas poussé dans les orties, ils m’ont pas mis en danger. J’ai eu conscience depuis le début que c’était un jeu, contrairement à Fred, qui s’est plaint en sortant de son secret sur les Martiens, ça l’avait fait passer pour un con…Attends, tu fais un jeu télé, tu assumes ce que tu fais, au bout d’un moment.

- Tu pèses combien ? C’est juste pour que je fantasme encore un peu…
- 185 pour 77 kilos à la dernière pesée. J’ai beaucoup mangé dans le loft, c’est vrai.

- Tu fais quoi dans la vie maintenant ?
- Je suis chroniqueur sur France II, pour XD Productions, Stéphanie Bouqurelle et Ludovic Place ont fait le pari de croire en moi, ils se sont battus pour moi. Sinon, pour Trendy Productions avec David Lantin et Philippe Jantin, il y aura Shopping Room, qui est en cours de négociation avec Filles TV. Peut-être bientôt animateur…et puis j’ai repris les antiquités…

- Oui, j’ai appris que tu travaillais à Hong Kong, avant le jeu ?
- Je dirigeais trois galeries d’art, je bossais 19 heures par jour et puis à un moment j’ai voulu prendre deux trois mois pour me reposer. J’avais envisagé de faire le pèlerinage à St Jacques de Compostelle, et puis on me propose ça. Belle somme d’argent à la clef, aussi, ce qui n’est pas à négliger ! J’hésite et puis je me dis que si j’ai un souci, je repars sur HK…Si on me filme en train de faire l’amour dans une piscine, par exemple…

- Tu avais déjà regardé des real-tv avant ?
- Non, très peu. Ma première télé à la maison, elle n’a même pas un mois.

- Jamais vu le loft ? Star Ac ? Koh Lanta ?
- Jamais rien regardé.

- Mais t’es complètement inconscient d’être parti là-dedans sans connaître un peu le concept !
- Attends, j’ai fais mes recherches sur le Web, j’ai vu qui était profilé, tu sais bien souvent ce sont des arrivistes avec pas grand-chose dans la tronche, des gens de province qui débarquent, attirés par le strass et les paillettes, qui se voient déjà en haut de l’affiche, comme dans la chanson d’Aznavour… Je me suis que j’avais un niveau d’études intéressant, un métier que je peux pratiquer partout…Moi, j’ai atteint des postes de direction, je sais travailler sur trois secteurs différents, en tant qu’antiquaire, galiériste et restaurateur, si un truc se passe pas bien, je repars à l’étranger, au pire on me fera passer pour un mec prétentieux dans le jeu, et alors ? Je m’en fous. J’avais un plan B.

- Cette histoire d’escort-boy, c’est venu d’où ?
- J’ai été casté par une amie qui était la directrice de casting …Casting sauvage, hein, pas de petite annonce, que des connaissances de connaissances. Regarde les autres candidats, ils avaient tous fait de la télé plus ou moins, moi j’étais vierge de toute télé. Deux semaines avant le jeu, on me fait faire un bout d’essai qui est vu par Alexia Laroche Joubert et Etienne Mougeotte, le casting était clos mais bon. On a cherché un secret, je ne voulais pas révéler n’importe quoi. J’ai réfléchi, c’était un jeu, donc je voulais révéler un truc sans importance, pas comme Tatiana qui a raconté sa fausse vie à la France entière. Alors j’ai sorti cette histoire d’escort…

- Tu l’as vraiment fait ?
- j’ai juste accompagné des amies du milieu artistique, j’ai été payé une seule fois sur ces trois soirées, pour accompagner des amies plus âgées, voilà…



- Y’a quand même un escort gay qui clame sur le Web qu’il te connaît, que vous avez bossé dans la même agence…
- Je trouve ça extraordinaire. On m’a même crée un frère. Mais le plus important, pour moi, ce n’était pas le secret, de toute façon, dans le jeu, c’était la personnalité. Erwan, tu vois, les gens dans la rue ils le croisent, ils vont dire que c’est le mec qui a fait Secret Story, ils vont pas lui parler de son histoire.

- Tu as eu des doutes, sur lui, d’ailleurs, la première fois que tu l’as vu ?
- Ouais. Ce qui m’attire en premier, chez une femme, c’est la finesse des attaches. Les chevilles, les poignets, le cou. Même une femme ronde aura des attaches fines, tu sais qu’au 18ème, c’était le summum de la beauté. Et je trouvais qu’il avait des attaches extrêmement fines… J’ai vite eu le doute. J’aurais pu connaître les secrets avant de rentrer dans le loft mais j’ai préféré jouer le jeu.

- Connaître les secrets avant le début du jeu ? Tu as eu un petit privilège au niveau contrat ?
- Je ne souhaite pas en parler.

- Allez, rumeur : tu étais le seul à avoir un portable dans le Loft…
- (rires) Mais faut arrêter avec ça, tu sais d’où ça vient ? On est entouré en permanence d’une vingtaine de personnes, derrière les murs et quand leurs portables sonnent, ça faisait des interférences avec nos micros… (Il imite le bruit) Une fois pour rigoler, j’ai mis la main à la poche, sur un paquet de cigarettes, en prétendant que j’avais un portable. Ça a été monté en mayonnaise par les blogueurs… J’ai rien contre les blogueurs mais certains sont d’une stupidité incroyable, ils ne réfléchissent pas plus de trente secondes avant d’écrire leurs bêtises… Si j’avais un téléphone portable sur moi dans le loft, crois-tu sincèrement que la prod me l’aurait laissé ? Je me serai fait dégager ! On s’est fait fouiller des pieds à la tête, à l’entrée du jeu, je peux te dire, c’est la Gestapo ou presque… De toute façon, quand ils nous avaient kidnappés deux jours avant le début du jeu, ils nous avaient tout retiré. On avait une nounou, un garde du corps, on vivait à l’hôtel, coupés du monde. Déplacements hyper contrôlés, cagoule sur la tête…

- Tu as oublié les caméras autour de toi, au bout d’un moment ?
- Jamais. Elles bougent, tu les entends tout le temps. Mais tu sais, j’ai montré mon cul, elles ne m’ont pas gêné une seule seconde…

- Ça a été coupé…
- Ils auraient dû couper plus encore, surtout au moment des insultes, c’était fatiguant… cette vulgarité ambiante, ça peut être drôle, mais ça va cinq minutes… Laly a montré une image d’elle que je défends absolument pas… Fille géniale au demeurant…

- Autre rumeur : tu étais le seul à savoir lire. Tu lisais quoi, d’ailleurs, dedans ?
- Un bouquin sur les Bourbons. Je suis monarchiste. Pas Royaliste, hein ! Monarchiste, c’est pas pareil.

- Autre rumeur, justement, elle vient de moi, celle-là, avec ton nez, je me suis dit que tu étais un Bourbon…
- Sympa, Ron ! (rire)

- Tu as pensé quoi des gens du groupe, en entrant dans le loft ? « Oh putain » ou « Cool Raoul ».
- « Oh Putain »…(rire)… Tu sais que j’ai attendu jusqu’à 23h30 pour entrer sur le plateau, j’étais super stressé alors dès que je les ai vus, la pression est retombée d’un coup… J’ai tiqué sur Maxime et Gabriel, un peu renfermés… Les triplées, je me suis dit « ah les cagoles sont de sortie » et surtout Laly, une langue de pute comme jamais j’en ai vu.

- Tu étais tenu au courant des audiences ou pas ?
- Pas du tout. Aucun contact avec l’extérieur.

- Même le public sur le prime, il criait fort, pourtant ?
- Le public, non, il est contrôlé… Ils les tiennent. On a eu le copain de Nadège qui faisait des burn avec sa moto sur le parking dehors pour lui dire « je t’aime » mais c’est tout.

- Tu as senti un tournant, dans le jeu, un changement voulu par la prod, à mi-parcours ?
- Ouais. Quand je suis passé de dix minutes au confess’ à plus de deux heures par jour.

- Ils sont combien à te poser les questions, au confess’ ?
- Y’a plusieurs journalistes, cinq ou six, tu ne vois jamais leur visage. Le truc marrant, c’est qu’ils te posent une question orientée de telle façon qu’ils attendent LA réponse qu’ils veulent avoir. Je m’engueulais très souvent avec eux, ils me prenaient pour un con, je savais ce qu’ils voulaient alors je me barrais du confess’ quand je ne voulais pas répondre. En gros, on veut te faire dire du mal ou te faire prendre parti. A un moment, la prod a franchement dépassé les bornes, sur le courrier qu’on a reçu, je ne sais pas si tu te souviens…

- Vous avez reçu chacun une lettre de l’extérieur qui vous donnait des nouvelles de vos proches…
- Voilà. On avait tous le choix entre plusieurs lettres, tous… sauf moi, qui n’en avais qu’une, de mon meilleur ami. Et tiens toi bien, cette lettre a été complètement remaniée ! J’ai vu l’original manuscrit en sortant et j’ai comparé avec la version tapée à l’ordi que la prod’ m’a rendu, tu verrais l’écart entre les deux, c’est phénoménal.

- Excellente façon de te déstabiliser…
- C’est le jeu !Ça fait partie du truc… et je vais même te dire, si j’avais tenu le rôle de Gabriel (la taupe) sur Secret Story, j’aurais été dix fois pire ! Malheureusement, le jeu n’a pas été un grand spectacle à regarder. Bizarrement, plein de choses que j’ai proposées sont apparues sous forme de jeux quelques semaines après…

- Mais tu ne t’es pas fait chier ?
- Moi je ne me fais jamais chier quand je suis avec moi. Dans ma tête, j’écrivais un bouquin sur la porcelaine de Chine.

- Comment tu tenais ? Les soirées étaient super longues, quand même !
- Je tournais à une bouteille de vodka par nuit.

- La preuve quand même que tu te souciais un peu des répercussions sur ta vie privée, c’est que la toute première chose que tu demandes à ta mère en sortant du jeu c’est comment tu es perçu…
- Oui… Mais c’était pour savoir si je devais me défendre immédiatement ou pas sur le plateau. J’avais besoin de cette info.

- Et sinon, Benjamin Castaldi, sur le plateau, sympa ?
- Je n’ai rien à dire sur lui. Question suivante.

- Tu revois qui du jeu ? Erwan ?
- Non.

- Gabriel ?
- Non.

- T’as vu, il est hétéro, Gabriel ! Y’a eu un reportage photo avec sa copine…
- Ouais, il a une forme d’hétérosexualité qui est très particulière. Comme Vincent McDoom, quoi. Il s’est même fiancé avec Marilyne. Extraordinaire. Ils vont se marier, tu sais (rires)

- Laly, tu la revois, tu lui téléphones ?
- Très peu, je n’ai pas le temps.

- Marilyne ?
- On se téléphone un peu. Quel dommage pour cette fille, la prod ne s’est pas intéressée à elle du tout alors qu’elle avait beaucoup à donner. Elle a eu plein de petites propositions en sortant, d’ailleurs, mais elle voulait juste avoir son CDI à la poste, point. Elle assume tout ce qu’elle a fait mais elle est complètement passée à autre chose

- Tatiana ?
- Tatiana ne me touchera jamais, elle a beau être aussi forte qu’elle le croit, faut vraiment qu’elle monte sur une montagne pour commencer à me voir, je me sens à des années lumière de cette personne-là, et puis culturellement, elle est d’une platitude…

- Maxime Leconte ?
- Je suis très ami avec sa grande sœur. Il gère très bien l’après-jeu.

- Nicolas ?
- Ah, Nico, c’est le mec avec qui j’ai partagé le plus de vrais sentiments, de vrais rapports, on est partis en vacances ensemble, même.

- Ophélie ?
- Ophélie, j’ai dit un jour que c’était les formes sans le fond mais je me suis trompé : elle se protège derrière sa carapace de Bimbo qui lui correspond absolument pas. Elle a eu une vie terrible mais elle est totalement positive.

- Les Triplées ?
- Elles sont adorables mais les trois ensemble, pfiuuu… Marjorie, c’est la plus dure des trois, mais elle est très attachante. Je les défends, j’aime leurs valeurs, du Sud Est. Elle sont honnêtes, pas intéressées, et n’ont pas vendu père et mère pour gagner…



- Julien, je peux te poser une question qui me taraude depuis des mois ? Je ne PEUX pas comprendre qu’intellectuellement tu sois pote avec Xavier… Plus démago, plus puant que ce mec, tu meurs !
- Démago en confess’ peut-être mais jamais devant moi. C’est pas une amitié intellectuelle, lui et moi. Xavier se confiait beaucoup à moi. Il est sympa, Xavier, tu sais…

- Ouais…sympa, le coup du steak haché frotté sur ses couilles…
- J’étais pas là !

- Sympa la tirade démago ignoble sur les restes de bouffe des candidats qu’on devrait donner aux restaus du cœur…
- J’étais pas là ! Lâche-le ! Faut arrêter, Xavier sans Tatiana est un mec adorable, c’est un partenaire de fêtes exceptionnel, il n’a pas de limites. J’aurais adoré le retrouver seul à l’extérieur mais ce n’est pas le cas, il est toujours accompagné de sa verrue !

- Je vais pas l’écrire, ça.
- Tu peux l’écrire. J’en ai rien à foutre. J’assume.

- Les gens sont comment avec toi, dans la rue ?
- Gentils, toujours. Un peu menteurs : « tu es notre préféré, le plus beau, le plus intelligent »…

- Le plus beau, c’est pas dur !
- C’est gentil, merci.

- Non mais je veux dire, vous étiez que quatorze, le plus beau, c’était donc pas dur (rires). Tu sais qu’il y aura une seconde saison de Secret Story… Tu en penses quoi ?
- Intéressant. Y’a eu une connerie, je pense, en ne prenant que deux gens qui étaient en couple… et puis les secrets… Il faudra plus de trash… J’adorerais y participer une semaine, juste une semaine…

- Sérieux ?
- Non, je plaisante. C’est hors de question… Même l’émission de Castaldi, « Le Mur », je ne veux pas la faire. « Attention à la Marche », pareil… Delarue, tout ça…… Dès que ça parle de Julien de Secret Story, désormais, je fuis.

- Tu veux qu’on te dise quoi, alors ?
- Je veux qu’on dise « Julien de l’émission Silence on Tourne ». Je regrette rien mais je suis passé à autre chose. Voilà. Désormais, c’est « Science on tourne ». France 2, samedi 14h. Tu regardes et tu me dis, ok ?
- Ok.


Et puis il est parti. Souriant, poignée de main ferme, yeux un peu moqueurs, un peu tristes aussi. Il a mis ses lunettes de soleil, m’a remercié pour la troisième fois et je l’ai perdu de vue dans la foule. Il aura traversé l’interview comme il aura traversé le jeu : à sa façon, impériale et très personnelle. Julien ne s’ennuie jamais quand il est avec lui-même. Je confirme que moi non plus je ne me suis pas ennuyé. Ce garçon méritait mieux que dix semaines à glander devant une piscine : la preuve samedi, à 14h, sur France 2. Allez jeter un coup d’œil… Il y est étonnant.




Cet article provient de Ron
http://ron.infirmier.free.fr

L'adresse de cet article est :
http://ron.infirmier.free.fr/modules/news/article.php?storyid=1750