Here I am, Stuck in the middle with you !

Date 12/12/2007 6:00:00 | Sujet : Vie Quotidienne

La semaine dernière, alors que Carline, la dame de l’accueil, restait coincée dans l’ascenseur avec deux personnes extérieures venant visiter l’établissement, je me faisais de rire dessus. L’idée de la savoir coincée dans la cabine, pendant près de deux heures, avec deux étrangers, obligée de parler de la pluie et du beau temps, alors que c’était une visite « commerciale » (ils passaient pour découvrir la maison !), comme si de rien n’était, pendant que nous continuions à travailler dans les couloirs, en les entendant papoter, me créait des barres de rire, je me tenais à la rampe de l’escalier tellement j’en avais les larmes aux yeux.

Au bout de 1h45, trouvant que le technicien qui devait les sortir de là prenait son temps pour arriver chez nous, tout de même, je me décide à rappeler sa société :
- Madame, bonjour, c’est l’infirmier de nouveau, votre technicien n’est toujours pas là !
- Oui oui oui, je sais…
- Mais ça va faire deux heures…
- Oui oui oui, je sais.
- On est en plein Paris, en 2007, je m’étonne qu’on puisse rester deux heures dans un ascenseur, coincés !
- Et oui…
- Mais enfin, vous avez pas une explication à me donner ?
- C'est-à-dire que…. (je la sens hésitante)…c’est compliqué…
- Allons, allons, dites-moi tout, je suis infirmier, vous savez, à moi on peut tout me confier… Allons… (Je prends ma plus belle voix Sigmund F, celle qui marche à tous les coups)… J’ai besoin de comprendre ce qui se passe !
- C'est-à-dire que je ne devrais pas vous le dire mais là, je suis en train de joindre notre technicien de repos depuis une heure. Son portable ne répond pas.
- Ah ! Mais où est celui qui travaille et qu’on attend ? Il s’est perdu ?
- Non. Il est coincé dans son ascenseur !

J’ai failli me pisser dessus à l’accueil tellement je riais. Et puis fallait voir la situation : la secrétaire étant coincée dans les étages, plus personne ne pouvait ouvrir la porte du bas, qui reste fermée pour ne pas que les personnes démentes sortent dehors. A mon arrivée, deux familles attendaient dans la rue, tambourinant sur la porte, sous le regard hébété (et intérieurement hilare) d’une mamie Alzheimer, de l’autre côté de la vitre, qui ne bougeait pas d’un pouce.
- Mais ouvrez-nous, madame ! Vous ne voyez pas que nous sommes dehors ?? Madame !! Il pleut, madame !! Oh, elle doit être sourde, c’est pas dieu possible !! Madaaaaaamme ouvrez !

Deusio, la secrétaire avait fait le transfert de poste sur son sans-fil et toutes les communications de la maison (et il y en a, le soir) aboutissaient dans l’ascenseur, où elle ne pouvait les transférer dans les chambres, ne connaissant pas les numéros par cœur et n’ayant pas la liste sous les yeux… Les appels entrants ne visualisaient pas le problème immédiatement, bien sûr. Obligée de répéter mille fois qu’elle était coincée dans la cabine, elle devait garder le sourire devant les gens extérieurs alors que la panique montait, et l’énervement, aussi.

Je tape à la paroi :
- Carline, c’est Ron !
- Aaaaaaaaaaaah ! Dis moi qu’il arrive ! (voix pleine d’espoir)
- Nan, il est coincé dans un ascenseur !
- HEIIIIIIIIIIIIIIN ? (glapissement d’horreur)

(Barre de rire, je vous dis)


Bref, à dix huit heures, hier au soir, vlatipa qu’alors je racontais ma vie palpitante à la psychologue, dans l’ascenseur, PAAAAM, la porte pète. Bloqués ! On était bloqués ! Entre deux étages… Je me dis, un peu nerveux, que j’aurais pu plus mal tomber, elle est super sympa et puis elle est psychologue, donc il ne peut rien m’arriver d’angoissant.
Tu parles, Charles. Je te la vois me sauter dessus dans la cabine de 1 mètre carré, mais me sauter dessus, carrément, en hurlant :
- JESUISCLOSTROOOO JESUISCLOSTROOOOOOOO fékelkechozzzzzzzzzzzzzzzzztooooodesouittttttttte !

Hurlante, je vous dis.

Ah putain, on est pas aidé.

Comme l’être humain (sauf rare exception) est quand même pas obligé de se fader deux fois la même mauvaise expérience avec le four à pain qui brûle la main ou l’abus de beaujolais finissant à genoux d’vant le bidet, j’ai fait la chose la plus sexuellement intéressante de mon trimestre, ayant retenu la leçon de la semaine dernière : j’ai composé le 18.
En dix minutes, les Pompiers de Paris étaient là. Ecoute, ils sont pas spécialement aimables quand ils se dérangent pour une cagade technique mais punaise qu’ils sont beaux ! On en resterait coincé dans l’ascenseur par plaisir tous les soirs. La psychologue en roucoulait de bonheur avec le grand blond qui nous avait ouvert la porte et moi je voulais leur acheter des calendriers…
- On n’en a pas sur nous, monsieur.
- C’est pas grave, je passe à la caserne !

Il y avait quelque chose de totalement désespéré et de pathétique dans ma voix, ça m’agaçait, oh.





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