Dors, je le veux

Date 30/12/2007 9:50:00 | Sujet : Vie Quotidienne

Je ne sais pas pourquoi mais depuis que je travaille pour un salaire, les nuits avant d’aller au travail ne sont jamais faites correctement. Mon radio-réveil est branché sur six heures zéro zéro, mon portable sur six heures zéro deux, au cas où et j’ai plutôt tendance à me réveiller à la première vibration du radio-réveil qui se met en branle qu’avec la musique de Virgin radio à proprement parler.
Je n’ai jamais fait de « panne de réveil » et j’ai toujours beaucoup de mal à croire les gens qui me disent ne pas l’avoir entendu sonner. Moi, mon problème, ce serait plutôt l’inverse : les nuits où je bosse le lendemain, je regarde l’heure toutes les heures. J'adore mon boulot, en plus, je n'y suis pas stressé pour un rond. Mais je regarde l'heure toutes les heures.

C’est insupportable.

Je dors et subitement je me dis « tiens, voyons, ce serait pas bientôt l’heure d’aller au boulot ? »
Coup d’œil sur le côté : 23h45

Ah ben non, ça fait même pas une heure que tu dormais, bouffon. Je me rendors. Après ce qui me semble être une éternité ou un quinquennat de Sarkozy, je regarde de nouveau la pendule : 2h28

Ah. J’en ai encore pour trois bonnes heures, cool.

Et c’est finalement tous les matins la même histoire, vers 5h15, je me lève une bonne fois pour toutes, quarante cinq minutes avant l’heure programmée, me disant que si je me rendors je vais faire un bond de trois mètres quand le réveil va sonner.

J’arrive épuisé. Et je sais que ce soir, puisque je ne travaille pas demain, je vais dormir comme une bûche. Incompréhensible.

Ce qui me gêne le plus, dans tout ça, c’est que l’heure « normale » de mon réveil devient de plus en plus matinale, avec le temps. Chaque changement de boulot imprime en moi cette heure « normale » qui vient se substituer à la précédente. J’ai reçu en cadeau mon premier réveil lors de mon entrée en sixième. Il était programmé à 8h, je n’habitais pas loin du collège. Au lycée des curés, nous étions réveillés par la cloche de l’église qui sonnait le début de la journée, toilette de chat et départ en rang d’oignons pour la messe, 7h30.
L’école d’infirmiers me faisait lever vers les 6h45, pour être en service à 7h29, tout était chronométré à la seconde près. J’ai dû mettre le réveil à 6h en arrivant à Paris puisqu’il fallait désormais inclure ce foutu temps de transport de 45 minutes, une heure, dans tous mes déplacements.

5h15. Je suis encore loin de mon record (3h20 ou 3h30, pendant neuf mois, je vous raconterai ça un jour. A 3h20 du matin, tu ne te « réveilles » pas, on t’arrache du lit) mais je commence à trouver ça de plus en plus dur. Je connaissais quelqu’un qui disait que la pauvreté, pour lui, c’était d’avoir froid. La richesse, pour moi, ce serait de me lever à mon rythme.



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