Laissez moi vous expliquer (5)

Date 31/1/2008 22:00:00 | Sujet : Vie Quotidienne

Vous me posez des questions, j'y réponds.
(Pour poser une question, allez ici)


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Zelda : Que faudrait-il qu'il se passe pour que tu te considères vraiment comme un écrivain à part entière ?
Ecoute, pour tout te dire, j’ai cessé de m’excuser à ce sujet il y a quelques mois. J’ai reçu un prix pour mon premier livre, ce jour-là j’ai eu le déclic. Stephen King est un écrivain, Flaubert est un écrivain, Marc Lévy est un écrivain. Il y a des styles différents, des façons de percevoir le livre tout autant (avec snobisme, avec plaisir, parfois fébrilement ou pour faire comme les autres au moment de choisir) mais toujours au bout il y a un livre. J’écris des livres donc forcément je suis écrivain, dans tes yeux. Je ne me sens pas écrivain, j’aime juste écrire et raconter des histoires. Parfois elles sont bonnes, parfois pas. Je sais ce que je ne serai jamais mais je sais aussi ce que je procure, au quotidien, donc je peux le dire « oui, je suis écrivain, que ça vous plaise ou non, et je vous emmerde si vous pensez le contraire ». Ça n’a pas une super importance à mes yeux, tout ça. Je me suis rendu compte qu'il fallait assumer pour les lecteurs qui avait aimé le livre car ils ne comprenaient pas mon déni. Quelque part, je leur retirais un plaisir.

Zelda : A ton avis, que perdrais-tu si tu devenais uniquement un écrivain ?
Un revenu régulier et la joie de me lever le matin pour aller faire ce qui me plaît le plus : mon boulot.

Zelda : Que gagnerais-tu (éventuellement) ?
Rien de plus que je n’aie à l’heure actuelle. Des emmerdements, un ulcère de stress, oui, voilà.

Franck : Tu as vécu en Alsace ? Et à part l'expérience avec les fous, au boulot, qu'est ce que l'Alsace signifie pour toi ?
Oui, j’ai vécu trois ans près de Bâle. L’Alsace signifie pour moi, dans le désordre… La deuxième plus belle ville de France après Bordeaux (Strasbourg), Colmar et ses petites rues, le château du Haut Koenigsbourg, le pain sec car pas de boulangerie le dimanche matin, les commerces qui ferment à seize heures le samedi, les hivers à se peler le jonc grave, les courses en Allemagne pour payer moins cher, le tramway à Bâle, l’accent des Alsaciens et leur façon de prononcer mon prénom, les jours fériés en plus, la sécu qui ne fonctionne pas de la même manière, les paysans du Sundgau qui sont encore plus "roots" que ceux des Landes, les scores du Front National, l’aéroport de Saint-Louis (Bâle Mulhouse) et ses trois sorties différentes avec autoroute privative pour aller en Suisse, Mulhouse (ignoble, j’ai détesté cette ville), les gens qui parlent en Alsacien… Plein de bons souvenirs.



Zelda : Ecrivain, est-ce vraiment un métier ?Je ne sais pas. Je ne peux parler que de moi et de ce que je connais. Pour ma part, je peux vivre quelques jours sans écrire et puis ça me démange. Ça devient impératif. Je note toujours mes idées dans un petit carnet, même quand je n’écris pas régulièrement.

Zelda : Lorsqu'on devient écrivain en témoignant de son métier (prenons un exemple au hasard : "infirmier"), abandonne-t-on forcément l'inspiration en abandonnant ce métier ?
Je ne sais pas. Par superstition je dirais que oui mais au fond de moi, je ne le pense pas.

Franck : Tu vas souvent interviewer des people ? On aura toujours les interviews sur ton site d'abord ?
Non, je vais rarement interviewer des people, j’ai dû y aller quatre ou cinq fois en trois mois. Je n’y prends pas de plaisir particulier (sauf Sheila). C’est surtout une collaboration très sympa avec quelqu’un que j’aime beaucoup (Julien), je le fais autant pour être avec lui que pour aller poser des questions à des « people » (qui n’en sont pas toujours). Je m'éclate à retravailler l’interview, après, la rendre plus vivante. Les interviews sont exclusivement réservées au magazine, sauf exception...dont je reparlerai en temps et en heure.


Zelda : Peut-on vraiment changer ?
Alors écoute, je n’ai pas pour habitude de citer Jean Jacques Goldman sauf qu'il a fait une chanson assez définitive sur le sujet et je serais bien con de te répondre sans la citer. Tu vois, si j'étais un vrai écrivain, je ne citerais pas Goldman. Lis plutôt, je suis complètement d’accord avec ça :

On ne change pas
On met juste les costumes d'autres sur soi
On ne change pas
Une veste ne cache qu'un peu de ce qu'on voit
On ne grandit pas
On pousse un peu, tout juste
Le temps d'un rêve, d'un songe
Et les toucher du doigt
Mais on n'oublie pas
L'enfant qui reste, presque nu
Les instants d'innocence
Quand on ne savait pas
On ne change pas
On attrape des airs et des poses de combat
On ne change pas
On se donne le change, on croit
Que l'on fait des choix
Mais si tu grattes là
Tout près de l'apparence tremble
Un petit qui nous ressemble
On sait bien qu'il est là
On l'entend parfois
Sa rengaine insolente
Qui s'entête et qui répète
Oh ne me quitte pas
On n'oublie jamais
On a toujours un geste
Qui trahit qui l'on est
Un prince, un valet
Sous la couronne un regard
Une arrogance, un trait
D'un prince ou d'un valet
(...)




Je crois que c’est ça, la grande illusion de l’amour, qu’on va changer l’autre ou qu’on va changer pour lui. C’est assez atroce, quand on fait le bilan. Je t’aime, tu le sais, je fais de mon mieux, mais c’est si dur, parfois.

AlexXx : Tu vas partir/ arrêter le blog ?
Ce n'est pas à l'ordre du jour. J'avais dû fermer l'an passé, abruptement, après une rencontre avec un gros barge qui me saoulait, j'avais besoin d'être tranquille. J'ai dû fermer il y a quelques mois, aussi, j'étais épuisé. Je ferme mentalement certaines semaines, quand je sens que je suis pas très bon, avant d'entamer de super semaines où j'ai la chepé, avec des billets que je peux relire un an plus tard, fièrement. Je vais passer à une prochaine étape, bientôt. Mais je l'annoncerai. C'est un endroit que j'aime beaucoup, ici, donc je le préserve.

AlexXx : Tu signes dans ce fameux magazine avec ton vrai prénom ?
Pas pour l'instant. Bientôt. Ils me font une fleur, il n'y a pas de pseudo dans ce "fameux magazine", il paraît. Mais j'ai des doutes

Rose : As-tu récemment envisagé d'arrêter ton métier pour te consacrer entièrement à l'écriture ici ou là?
Non. Arrêter parce que je n'en pouvais plus et aller vendre des disques à la fnac, oui, j'y ai pensé mille fois ces dix dernières années mais arrêter pour écrire, non. Les journées seraient longues. J'aimerais avoir un 3/4 temps pour avoir le luxe de pouvoir respirer un peu, entre les activités qui arrivent de partout. Certaines journées sont épiques. Bah, après tout, je dormirai quand je serai mort.

Rose : Quelles étaient tes sources pour pouvoir balancer avant tout le monde l'affaire Carla Bruni ?
Excellentes, tu t'en doutes, j'ai parlé de la relation Sarko/Bruni en exclusivité mondiale, trois jours avant tout le monde. On tapait Nico+Carla dans Google et on ne trouvait rien sauf mon petit blog. Ça a bien fait rigoler tout le monde quand je l'ai dit (y compris la rédac' de mon cher journal). Bon, une source, ça se dévoile pas. Tu es la centième personne à vouloir savoir mais je ne dis rien. Et, pour être définitif, la date du mariage Sarkozy/Bruni est le 02/02/2008 au matin.

Rose : Quand mets-tu à jour tes liens avec plein de petits nouveaux qu'on se renouvelle un peu ??
Ma liste de liens est régulièrement remise à jour : je sors des blogs que je ne lis plus, j’en remets que je (re)découvre de nouveau. En vérité, je lis de moins en moins de blogs, beaucoup beaucoup moins qu’au début. Je me suis autant lassé du format que du manque réel de blogs intéressants. Je lis toujours les mêmes depuis le début, et j’inclus quelques petits nouveaux, comme Gonzague ou Richard, deux blogs que je lis avec énormément de plaisir. Je me suis rendu compte que j’avais fait le tour du sujet et que j’étais rarement surpris, sur les blogs des autres. J’essaie, pour ma part, de mettre la barre un peu plus haut à chaque fois, de faire un truc qui étonnera, au moins une fois par mois, m’étonnera moi-même, d’abord, puis ceux qui lisent. Mais bon, en gros, ça ronronne bien partout : on est loin de l’effervescence de 2004/2005.

Franck : Tu viendras dédicacer en Alsace ?
A l’heure où j’écris ces lignes, les chances de faire un deuxième livre sont extrêmement réduites. Je suis épuisé de toutes ces gugusseries, ces compromis, ces prêtés pour un rendu. Si je devais dédicacer en Alsace, ce serait au magasin qui vend les cédés et les livres, près du théâtre la Coupole, à Saint Louis (68), avec grand plaisir. Là, oui.



Franck : Tu aimes bien la série Dawson ?
Jamais vu un seul épisode.

Franck : Est-ce que la marmotte est bien montée ?





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