Laissez moi vous expliquer (6)

Date 2/2/2008 19:20:00 | Sujet : Vie Quotidienne

Vous me posez des questions, j'y réponds.
Pour poser votre question.
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Nonoche : la raison humaine est-elle, de par nature, poussée à supposer dans le monde plus d'ordre qu'elle n'en trouve?
Si je devais disserter là-dessus, je tendrais à distinguer différents types d'ordre et à montrer que la raison humaine s'attache à affirmer l'ordre là où ça l'arrange (notamment à avoir une conception bien déterministe des actions et pensées des autres hommes et animaux - par exemple il a fait ceci parce qu'il voulait cela, comme s'il y avait nécessité dans la relation de l'une à l'autre) et à nier un ordre pour préserver sa propre liberté (je ne suis pas soumis à la même nécessité que la nature, je peux choisir, bla bla bla... J'ai un libre arbitre). Ce sont des ordres différents (pas forcément totalement causaux d'ailleurs) et qui s'opposent (l'action humaine contre la nécessité naturelle). Je conclurais sur la folie humaine et l'ordre renversé. Relis Spinoza, il résume très bien tout ça !

Christophe (par mail) : T’as pas un peu l’impression d’avoir chopé la grosse tête ?
Ta question c’est comme celle sur l’œuf ou la poule, quelle que soit ma réponse, elle amènera forcément son lot de critiques ou de preuves contraires étayant une autre thèse. Pour être clair : je ne suis rien, je n’ai pas fait grand-chose.
Mon « actu » est parfois plus « paillette » que la tienne, certes. Mais l’« actu » de ma collègue Margot, c’est sa fille adolescente de seize ans qui est gravement malade. L’ «actu » de mon compagnon, c’est le recrutement de son nouveau chef d’équipe, qui le stresse depuis deux semaines. L’ «actu » est très relative : le fait que je raconte la mienne ici peut sembler prétentieux, je le conçois. Pour moi ce sont simplement des faits. Je vais te dire, quand même, que je suis fier de moi, oui, parfois.
Je suis extrêmement fier de moi quand j’arrive à intégrer des milieux dans lesquels je donne satisfaction, des milieux nouveaux à mille lieux de ma formation originelle, des milieux où les places sont très chères. Là, oui, je suis fier de moi. Je suis fier de moi, aussi, quand je vois le plaisir que j’ai pu procurer à des lecteurs, fier et étonné d’avoir été lu par un gamin de seize ans comme par mon presque centenaire favori (qui pète la forme). Je suis fier également d’arriver à écrire tous les jours ou presque. Pour le reste, j’ai mes jours avec et mes jours sans. Mais, la plupart du temps, je rentre super bien dans mes chaussures.

Franck : Ça fait quoi d'être un blogueur de renommée ? Par là j’entends, des invitations aux grands événements, dont la sortie d'Harry Potter 7 !
(la soirée, ici) Je mesure la chance que j’ai à chaque fois, en me pinçant fortement pour y croire. C’est un privilège de rencontrer des gens de milieux différents, dans des endroits où nous sommes accueillis avec les honneurs, alors que nous sommes juste de simples quidams qui avons ouvert un espace sur le web. Le blog permet un vrai brassage culturel, très enrichissant, aussi bien entre blogueurs qu’avec des créatifs, des artistes, des publicitaires, lors de soirées. J’adore ces moments. Pour des raisons qui m’échappent encore, nos espaces bloguesques attirent du monde. Des agences de buzz, des artistes ou des studios pensent qu’en nous invitant, nous allons faire parler du produit, et même en faire vendre, ce que je trouve risible… mais je n’ai pas fait de formation marketing. Peut-être que je me plante. Je retire de toutes ces attentions beaucoup de souvenirs et de plaisir. Beaucoup.

Franck : Ton deuxième livre, il sortira avant l'été ?
Zéro chance.

Surander : Comment est ce que tu arrives à combiner toutes ces activités à la fois ?
Je ne dis non à rien, j’estime que je n’ai pas le droit de refuser ce qu’on me propose. Je dormirai quand je serai mort. J’ai des semaines de taré, ce n’est pas pour rien que je me tape migraine sur migraine, des boutons et plus de dix kilos en plus en deux ans. Faut être lucide. Mais plutôt crever que de laisser ma place !

Surander : Comment la Marmotte et toi arrivez à faire durer votre couple ?
Aucune idée. Nous traversons comme tous les couples des périodes plus tendues que d’autres (c’est souvent à cause de nos rythmes professionnels, d’ailleurs) et des périodes de bonheur serein. J’essaie de le respecter autant que je peux, j’aime comme au premier jour sa droiture, sa vivacité. C’est un mec bien. Il n’y a pas de recette miracle… Mais nous faisons chambre à part et ça fait beaucoup de bien !

Leeloo : où en es-tu avec ta maman ?
Elle lit le blog. C’est donc une question à laquelle je ne souhaite pas répondre. Mais bon... Tiens, regarde, y'a pas deux mois :


Nonoche : D’où te vient cette blessure d'enfance qui fait que tu te prends trop souvent les critiques en plein cœur ?
Tu as la réponse juste au-dessus

Dola : Donnerais-tu ta vie pour une personne, une cause ?
Pour une cause, non, pour lui, oui. S’il le fallait, je préfère qu’il soit vivant plutôt que moi. Mourir pour des idées ou une cause, je trouve ça un peu con. Aucune cause ne mérite qu’on y passe, aucune.

Surander : Souvent je vois "article publié à 5h00". C'est automatique ou bien tu te lèves vraiment à cette heure là tous les jours ?? (Ce qui expliquerait le temps que tu as pour tes multiples activités).
Secret de fabrication… mais je me lève pour de vrai tous les jours à cinq heures, dimanche inclus. En vacances aussi, oui. Je fais la grasse mat’ quand je suis fatigué, jusque sept heures, maxi. Au-delà, j’ai l’impression qu’on me vole du temps, que ma journée est foutue. Aller visiter une ville étrangère, au petit matin, c’est la chose que je préfère.

Franck : Le projet de série TV, si ça se concrétise, ça sera pas aussi nul que "Plus Belle La vie" ?
Je ne veux plus jamais entendre parler de « droits audiovisuels », de série télé, d’adaptation ou de quoi que ce soit. Je remercie mon ex-agent, la catastrophique Nathalie Mongin, pour ce ratage total que fut la vente des droits télé de mon livre… et le reste. Deux ans de perdus.

Franck : T'étais gros quand t'étais jeune ?
1982, Seignosse :


Franck : Il fait quoi dans la vie la Marmotte ?
Il est cadre dans une banque.

Franck : C'est ton salaire d'infirmier qui te permet de partir aux States ? Ou c'est le fruit d'économies bien gérées ?
Ni l’un ni l’autre. Beaucoup d’heures sup. en intérim (que je fais pendant mes vacances) + un crédit à la conso C&tel&m à 17%...Je vais toucher quelques droits d’auteurs fin juin, enfin. Je n’ai pas un rond de côté, je ne vois pas l’intérêt d’économiser : tu n’emportes pas ton fric au cimetière.

Franck : Tu bosses à plein temps? Ça t'arrive de bosser de nuit? Tu es de l'équipe du matin ou du soir? Tu bosses toujours en EHPAD? Elle appartient à quel groupe? C’est où, c'est où ???? (Stalker attitude !)
Je bosse à temps plein, de jour, de 7h30 à 18h30, dans une maison de retraite qui n’appartient pas à un gros groupe. Je ne donne pas son adresse mais si tu cherches vraiment à me « harceler », je te préviens, après le taré de l’année dernière qui est allé un peu loin avec nous, je te le dis en face, si tu m’emmerdes, je te défonce la gueule. Et ce n’est pas une image. Ça ne me pose aucun problème. Ceci dit, Franck, je ne parlais pas pour toi.

Yepok : quel est l'aspect de ta personnalité que tes intimes trouvent le plus désagréable ?

Marie me dit que c’est mon « incapacité à être totalement avec les autres, dans le moment présent, comme si j’étais en permanence sur ce qui va venir après » mais elle ajoute que « j’ai énormément travaillé là-dessus et que ça ne se remarque presque pas du tout ». Louise me fait remarquer que « je peux donner plus de moi-même à un inconnu en deux secondes qu’à un ami de quinze ans ». Henri signale que je peux « rayer dix ans d’amitié en un claquement de doigts, sans me retourner ». Emilie pense que je suis un « cœur d’artichaut » et que mon compagnon « a bien du mérite tellement je lui en fais voir ». On m’en a souvent voulu pour mon manque de franchise, je disais ce qu’on attendait de moi ou ce que je croyais qu’on attendait de moi. Je travaille depuis un an avec une psychologue comportementaliste à ce sujet, ça me fait beaucoup de bien et je suis « moi-même » désormais la plupart du temps. Mon défaut principal, à mes yeux : j’oublie parfois de remercier et je m’en veux longtemps après d'être un sale ingrat.

Clemoon : T'arrive-t-il de t'imaginer papa ?
Quelle horreur ! Jamais ! Je n’aime pas les enfants, ça m’a pris quinze ans pour l’admettre. J'avoue que ça me fait assez plaisir, de ne pas aimer les gosses, j'ai tendance à trouver ça tellement niais, ces conversations d'adultes qui ne tournent qu'autour des chiards, alors ça me détend de le dire en public : rien à battre de vos gosses ! Je viens pour vous, pas pour entendre parler d'eux !





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