Qui M6 bien, chatie bien !

Date 19/3/2008 13:40:00 | Sujet : Télévision



Un billet repris ici chez Imédias ou programme-Tv.net. Un résumé de l'interview censurée est lisible chez Voici.fr.
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Mail furibard de l’attachée de presse de M6 qui exige que je la rappelle, coup de téléphone à la rédaction du Post en parallèle (la production, cette fois), ah on peut dire que ma (très classique) interview de Cédric Oheix leur a pété les couilles, en haut lieu.

A la base, pourtant, un constat simple : j’adore la Nouvelle Star, je la regarde et en parle dès que je peux, sur le Web, depuis longtemps. Un candidat me plaît plus que les autres, j’accroche d’entrée sur son univers, je fais cinq billets dessus. Je décide de le soutenir à fond, jusqu’à Baltard s’il y va. Je le contacte, il accepte de répondre dans une interview bon enfant. Nous convenons, pour mon plaisir, que je ne souhaite pas connaître son destin dans le jeu et il abonde dans ce sens : à aucun moment Cédric ne me révèle si oui ou non, ce soir, au prime, il est pris pour la suite du programme.

L’interview « paraît » hier dans un contexte que je sens lourd, sur les blogs. On parle ça et là de procès à cause d’un acteur, on parle d’un animateur télé qui assigne un site amateur et demande du lourd, du très lourd. Après les attaques sur les magazines (people ou pas people), le regard (et la pompe à fric) se tourne désormais vers le Web, cette usine à gaz insaisissable alimentant tous les phantasmes des publicitaires ou des plaignants.

(Feu ?) Les millions de lecteurs des influenceurs se transforment désormais en millions d’oreilles qui n’auraient pas dû écouter une info confidentielle. Sus à la parole ! Les blogs étaient la force vive du Web, ils sont désormais des poubelles, des miroirs déformants, les blogueurs devenant des « pirates qui ne respectent pas les règles du jeu » (je cite ce que j’ai entendu…).

L’attachée de presse de M6 me saute au visage, d’entrée :
- Comment osez-vous m’attaquer de la sorte, de bon matin ?
- Vous attaquer ? Il y avait un smiley dans mon mail, madame…
- Vos smileys à la con, vos codes à deux balles entre vous sur internet, je n’en ai rien à foutre ! Vous ne respectez rien ! Vous allez m’enlever cette interview immédiatement !
- Sinon quoi ?
- Sinon vous risquez de ne pas avoir accès aux infos que nous vous livrerons. Et vous n’assisterez pas au prime !

J’ai failli me pisser de rire dessus. Aucune envie d’aller me faire péter les oreilles à Baltard, à l’autre bout de Paris, après une heure de RER, à attendre mal assis sous des spots bouillants que la grande messe commence, sous les cris hystériques des ados boutonneux post-pubères. Merci du cadeau. Je suis mieux chez moi, sur mon canapé, mon coca à la main.

Aucune envie de relayer les communiqués de presse insipides pondus par une stagiaire sous-payée et sur-diplômée (qui sait ce que c’est qu’un smiley, elle) m’annonçant que demain aura lieu le prime symphonique ou spécial Rock Français à 20h50.

Aucune envie d’attendre trois semaines pour avoir le droit de poser deux questions super formatées à Lio, entre deux journalistes de la presse Télé, tétanisés à l’idée de perdre une exclu sur l’extraction des dents de sagesse de Virginie Effira si jamais ils demandent à quelle heure passe la prochaine émission.

Aucune envie ? Aucune envie ?

Si ! Regarder ce putain de bon programme qu’est la Nouvelle Star, avec ce putain de bon jury qu’ils ont trouvé cette année, devant ce putain de casting de OUF qu’ils nous ont dégoté, tous les jeudis, sur mon canapé, comme les années passées.

Aucune envie ?
Si ! Continuer à dire mes conneries comme je les pense, sur le ton que je veux, comme je le sens, et quand je le sens, sans me laisser emmerder par des attachées de presse hystériques qui n’y connaissent rien. Ta campagne formatée, tu te la carres, moi je parle en « Buzz », plus et mieux de ton candidat en cinq billets que toi en six mois sur des supports papiers avec horoscope et cartoon en page finale. Peux pas être plus clair.

Par respect pour Cédric, son interview passe à la trappe. Ça sent pas bon, en ce moment, sur le Web, quand on parle de choses sincères. Messieurs les lécheurs, comptez-vous.


Le Post


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