Travail dans l'ombre

Date 26/4/2008 18:30:00 | Sujet : Livres

Je suis arrivé assez rapidement à la moitié de ce qui constitue mon sixième bouquin (vu que le second sort cet automne, on va dire que j'ai pris un peu d'avance) dont le titre de travail est "AVPLF", ce qui sonne mystérieux comme ça mais pas du tout en vrai, ce sont les initiales des mots du titre, voilà.

Je ne prends plus aucun plaisir à livrer mes textes sur le blog, aucun, c'était amusant de passer par tous ces stades, depuis le début, à savoir écrire sans prétention, puis écrire pour le plaisir, écrire en se sachant lu, écrire avec prétention en se sachant lu, écrire en vue d'en faire un livre, écrire en se disant que ce ne sera pas assez bon pour aller dans un bouquin mais largement bonnard pour le blog et puis finir par écrire uniquement des choses qui me plaisent et me détendent en public (la Nouvelle Star) pour garder mes textes au chaud, pour moi ou qui veut bien les éditer. Je n'ai plus besoin d'un avis ou de commentaires, je me sens à l'étroit quand je suis commenté, désormais, sur des trucs que j'écris. J'ai même pensé un temps faire sauter les commentaires, ici, ce qui n'est pas très blog 2.0. Je suis reconnaissant à ce lieu d'avoir déclenché en moi le plaisir oublié de l'écriture, qui devient un besoin après avoir été un entraînement, une routine, pendant des années.

Je réalisais hier que j'ai de plus en plus de mal à me livrer sur le web, me livrer franchement comme je le faisais avant. Je sais désormais que je suis lu, par plein de gens, et que je n'ai plus envie de donner des choses persos, comme avant. Ça me fait flipper, en fait, de raconter des histoires ou des malheurs que ma famille lit, ma mère lit, mon oncle lit, ma filleule lit, mes collègues actuels lisent, ma patronne lit. Je ne faisais pas attention à tout ça, avant, j'en jouais même pas mal, mais les choses ont changé depuis le passage sur le Post, depuis le début de l'année. J'ai été reconnu trois fois en moins d'un mois et ça m'a fait grincer des dents chaque fois, comme si j'étais épié pour de mauvaises raisons, en cage presque, surveillé à distance par des gens bien intentionnés, certes, mais surveillé tout de même. Je ne prends aucun plaisir à voir ma gueule sur le Web, aucun, je le fais parce que personne ne fait à ma place ce que j'ai envie de faire dans ma tête, hélas, comme dans des interviews, mais nous venons de décider, au Post, que désormais je ferai les rencontres caméra au poing. Je n'ai pas envie de me montrer. Ça n'a aucun intérêt. J'ai de moins en moins envie de parler de moi, aussi, sauf pour poser les choses, pour ma propre mémoire. Tel jour j'étais là et j'ai fait ça. Je ne lis quasiment plus de blogs, ça m'emmerde profondément, je lis des sites de gens qui parlent de trucs, mais pas d'eux. Je réalise avec stupeur que j'ai parlé de moi sur des pages et des pages, pendant quatre ans, alors que j'aurais pu employer ce temps à tout autre chose. Il ne me reste plus que deux étapes avant d'être vraiment "tranquille" : virer mon agrégateur qui me bouffe trop de temps et... virer ce blog que vous êtes en train de lire pour le remplacer par un site classique, non remis à jour.
C'est une menace en l'air, je me connais.



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