78 Solde de tout compte

Date 19/8/2008 4:50:00 | Sujet : Vie Quotidienne




Aujourd'hui, j'ai donné à J'ai Lu les épreuves finales du bouquin, avec une nouvelle dédicace dans la préface et je me suis souvenu de ton incroyable petite remarque assassine, alors que je venais chez toi te souhaiter la bonne année. Assise dans ton sofa, tu me lances un bouquin que je reçois entre les jambes. Alors que je l'ouvre, histoire de voir la première phrase (je sais ainsi, d'instinct, et sans jamais me tromper, jamais, si le type sait écrire), je t'entends me balancer :
- Regarde la dédicace de l'auteur, elle m'est adressée...
- Ah, oui, tiens...
- Ça fait plaisir, quand l'auteur parle de soi dans les remerciements.
- Oui, probablement... (une lueur dans mon esprit)... Oh, mon dieu, tu attendais que je te cite dans les remerciements du mien ?
- Ben oui, quand même, ça me semble un minimum, avec tous les textes que je t'ai corrigés...
- Ah, je ne voyais pas ça comme ça. Disons que ça me semble tellement évident que j'en suis là grâce à toi que je n'ai pas voulu t'y inclure : tu es de fait dans mon cœur.
- Ce n'est pas grave et de toute façon, elle, sur son livre, y a pensé...Et puis, elle, c'est un vrai livre, chez un vrai éditeur... Ça me fait plus plaisir que le tien, au final, qui sort chez un tocard de troisième zone...

Je crois que j'étais tellement gêné (par sa méchanceté autant que par mon manque supposé de correction) que je n'avais rien dit, sur le moment, lui trouvant même une excuse, en partant. Plus de deux ans après et alors que l'injustice est réparée (la sienne, tout du moins, puisque je considère toujours qu'elle m'était si chère que je n'avais pas besoin de la nommer, sincèrement, je ne parle que rarement des gens qui me sont le plus proches, ici ou ailleurs), je ne peux m'empêcher de repenser à elle. Nous nous sommes éloignés parce que je ne lui faisais plus confiance (elle voulait être amie avec tout le monde, ce qui n'est pas possible, je me méfie des gens qui ne font jamais de choix) mais la cassure définitive se fit sur une absence de remerciement dans une préface. Ce n'est pas glorieux, comme rupture, mais c'est la vie. Son regard sur les choses, sa générosité, sa clairvoyance me manquent parfois mais sa méchanceté lorsqu'elle se sentait attaquée, non. Comment peut-on être aussi mesquin sur un détail, ce sont là des attitudes qui me dépassent. Ou pas, je suis ton mufle aujourd'hui, tu seras mon mufle demain, le temps passe, parfois les amitiés s'arrêtent mais demain le soleil se lèvera quand même.





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