Soirée Diapo (1) Paris/Hong Kong

Date 1/10/2008 9:20:00 | Sujet : Voyages



Trois semaines en Asie.
Je fais les réservations pour le Japon. On part sur du Tokyo uniquement et puis on réalise que partir si loin pour rester au même endroit, c'est peut-être un peu con, non ? Il faut voir Kyoto, me souffle t'on, il faut voir Kyoto ! Ajoutons quelques jours à Kyoto. Et puis je réfléchis un instant, encore...Quitte à partir si loin, autant s'arrêter un peu en chemin, aussi, non, pourquoi pas ?

Je rêve de revenir à Hong Kong, d'y poser mes valises quelques jours, je rêve de faire découvrir à mon compagnon cette ville étourdissante ni tout à fait Chinoise, ni tout à fait Asiatique, qui parle encore l'anglais mais qui n'en a plus besoin. Hong Kong, rien que le nom invite au voyage. Soit ! Il y aura une escale à Hong Kong, l'ancienne colonie anglaise.

L'aéroport de Hong Kong a été pris sur l'océan, l'ancien, en plein centre-ville, donnait aux passagers des sueurs froides durant l'atterrissage, tant l'avion semblait toucher des roues les immeubles avant de se poser. Rien de tel (hélas) désormais : un aéroport flambant neuf, immense attend le pékin (no pun intended, ou presque) à sa descente de l'avion. J'ai choisi Cathay Pacific pour des raisons sentimentales et pratiques, ayant gardé un excellent souvenir de l'organisation à la Chinoise, quand elle marche bien (et elle marche trèèèèès bien, dans la vitrine commerciale choisie en 1997). Il suffit de passer la douane (vingt guichets ouverts en même temps, j'imagine la stupeur pour le Chinois débarquant à Charles de Gaulle, deux douaniers tirant la gueule, une file de trois kilomètres, saleté et poussière en sus) pour tomber sur le métro. J'achète une carte de transport à la semaine, au guichet pile en face du métro et, là, à quelques pas de la sortie, le voilà. Il est 7h du matin, nous sommes partis à quatorze heures la veille, avons passé la nuit à somnoler dans l'avion. Fracassés. La dame du métro nous dit de sortir à Kowloon Station et de prendre la navette gratuite numéro 7 qui, d'après elle, nous conduit directement à l'hôtel. Je suis dubitatif mais elle a raison, nous nous laissons guider et ça marche.


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Il y a ceux qui sont rive droite et ceux qui sont rive gauche, à Hong Kong aussi, mais la différence est subtile : Hong Kong est une île où tout se passe, choisir d'y dormir dessus, c'est rater une des plus belles vues du monde en ouvrant sa fenêtre. J'opte donc pour un hôtel luxueux dans Kowloon, sur le continent, juste en face, non loin de Nathan Road, l'avenue qui ne dort jamais. Courte sieste, bonne douche, nous voilà enfin parés.


La meilleure attraction de la ville est sûrement la moins chère : le ferry qui relie le continent à Hong Kong coûte quelques francs et offre une vue superbe sur la plus belle baie du monde (j'ose car je ne connais pas encore Rio) pendant une dizaine de minutes. Je déconseille la première classe, au-dessus, car nous sommes gênés dans la vue par des fenêtres et rien ne vaut l'odeur du mazout, le clapotis des vagues et le bruit ancien du moteur pour cette première prise de contact.




Mon compagnon est tout comme moi, un peu sous le choc culturel, complètement pris dans le décalage horaire : nous ne dormons pas vraiment mais c'est vivre dans un rêve éveillé que d'être là, au matin, au-milieu de ces gens affairés, alors que loin, à Paris, nous serions en train de dormir du sommeil du juste. Il ne dit rien mais je le sens heureux d'être là. Moi aussi, le retour m'émeut plus que je ne l'aurais pensé. Je suis désormais le guide et pas peu fier de pouvoir me repérer presque sans erreur, dès nos premiers pas.


De longues et larges passerelles nous conduisent d'un point à l'autre de la ville : il suffit de suivre l'affichage. Cela a l'air simple mais ne l'est pas car certaines rues ne sont pas traversables à pied, d'autres nous sont mystérieusement impossibles à rejoindre car il faut pénétrer dans une tour pour rejoindre une passerelle qui croise une autre passerelle qui s'engouffre dans une tour : comment rejoindre la rue, ensuite et comment trouver un trottoir pour aller à l'endroit désiré ? Je ne peux traverser comme je le souhaite et me laisse guider un peu par le flot.


Métro, bus, taxis, tramways (à prendre, vraiment, une fois, ils sont d'époque, fort lents, étroits, mais comme à San Francisco, ils incarnent l'histoire de la mégalopole)


Une tour gigantesque, au loin, se construit, encore plus grande que mon immeuble favori l'IFC1 et son petit frère, l'IFC2 de César Pelli. Je demande à mon compagnon s'il souhaite y grimper, "plus tard", me répond-il, en fixant nerveusement les échafaudages en bambou qui constituent la base de tous les chantiers immeubles dans cette partie de l'Asie. Stupéfiant.


Mais comment font-ils pour construire aussi vite des tours aussi grandes, en partant sur de simples bambous ?


Le bordel ambiant me plaît à Hong Kong, lorsque je marche dans la rue. Le bruit, d'abord, puis les publicités horizontales qui envahissent les avenues, se dépassant les unes sur les autres, au milieu des échafaudages, des néons anciens délavés et des odeurs de cuisine qui montent des échoppes. J'aime cette partie de l'Asie parce que je m'y sens en sécurité, aussi, jamais en danger malgré l'éloignement culturel : je ne me sens jamais déplacé dans les lieux, souvent observé, certes, mais jamais montré du doigt. On ne me harcèle pas pour me vendre des chemises ou des rolex plaquées or, les rues sont sûres et je peux marcher dans Hong Kong 24h/24 tant je m'y sens bien (...et tant la présence policière est importante !)


Rien ne doit interrompre le bizness et surtout pas la mise aux normes des prises électriques. Quel bordel : j'adore. (Marché de nuit, Temple Street)




Mon immeuble préféré, donc, l'IFC, duquel Lara Croft s'élance en chute libre dans le très mauvais film "Tomb Raider", pour les masos et qui, contrairement aux apparences, se laisse grimper !


Il suffit de laisser une pièce d'identité à l'accueil puis de sauter dans un ascenseur, direction le sommet pour la visite d'un improbable musée sur la finance, la monnaie, dont je me fiche comme d'une guigne mais qui offre une vue imparable sur l'île.


A gauche, le bâtiment plein de triangles et d'arêtes est la Bank Of China, construit en FengShui et qui, d'après la légende, renvoie toutes les mauvaises ondes sur la Bank Of America, construite juste en face. Très bel immeuble.

(Bank of China, photo trouvée sur Google)


La baie avec, juste en bas à gauche, coiffée de sa couronne d'épines ou de dents de requins, l'IFC2, le petit frère de l'immeuble dans lequel je me trouve et qui a servi de modèle "petit format" à celui-ci.


L'espace manque cruellement sur l'île de HK et le mètre carré y est le plus cher au monde : les chevaux du jockey-club sont entraînés sur le toit et plein de vieux Chinois font du Taichi, le matin, sur les corniches. On s'habitue à tout, je ne les regardais presque plus, à mon deuxième voyage.






La nuit tombe enfin, nous sommes épuisés mais nous devons attendre pour dormir, afin de prendre le pli. Il faut retraverser la baie en bateau (ou en taxi, pour les plus flemmards, en empruntant le tunnel sous-marin, prix du péage inclus dans la course et voie réservée aux taxis, j'ai bien appris ma leçon)






Tous les soirs, tous les soirs, oui, un spectacle son et lumière assez peu ambitieux permet aux curieux assis sur le continent de voir HK s'illuminer, en coopération avec les immeubles qui ont bien voulu prêter leur façade. Le spectacle se nomme "Symphony of Lights". A voir, bien sûr.


Le second (et vrai ?) visage de HK apparaît à la nuit tombée, lorsque les néons s'allument. Les immeubles laids et décrépis disparaissent, les rues se remplissent de nouveau (mais quand se reposent-ils ? Jamais...) et mes photos sont moches, car je ne sais pas encore bien régler mon nouvel appareil ! Je suis épuisé et je m'endors, cette première nuit, d'un sommeil si profond que mon compagnon se réveille avant moi, fait rarissime, le lendemain. Notre programme est chargé, nous devons rencontrer un Bouddha Géant.









Notes
Prix d'un Kentucky Fried Chicken : 4 euros
Température : élevée mais supportable
Achats : parapluie au cas-où, gants de coton, plan de ville.
Repas : midi au KFC, soir dans une gargotte (sale, je n'ai touché à rien, cuisine trop forte pour moi).
Me suis trouvé une paire de shoes de marche mais pas la valise que je cherchais. A voir demain.






Le Bonus Track :







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