Quelques mots

Date 25/10/2008 11:30:00 | Sujet : Vie Quotidienne

Journée épuisante, hier, alors que j'ai dû traverser Paris pour rejoindre les locaux de mon éditeur, à l'autre bout du monde ou presque. M'attendaient 68 livres à signer et à glisser dans de grandes enveloppes (je n'ai pas commis deux fois la même erreur de confier cette tâche à un stagiaire bac +10 !) et l'inspiration ne venait pas, tant j'étais sceptique : étant moi-aussi à un bout de la chaîne, désormais, ce sont par paquets de dix qu'on reçoit des cd's ou des livres, qu'on ne lit pas, non par manque d'intérêt, mais par manque de temps. Je rechignais à envoyer mon bouquin à des journaux qui avaient consacré deux pages sur le très mauvais Christine Angot (deux pages pour en dire beaucoup de mal, que voilà du temps et du papier perdu) et qui, rien qu'à lire le nom de mon éditeur, ou le thème de mon livre, allaient le reposer quelque part, avec les autres. C'est la vie, c'est la loi du marché. Je me contente déjà d'être arrivé là, d'avoir été signé, d'être soutenu réellement par mon éditeur (en personne, avec des mots humains et impliqués) et je croise les doigts pour toucher un maximum de gens.
J'ai poussé un cri d'horreur en voyant dans la liste le nom d'un journaliste que je déteste, p.dophile notoire, homme de télé et abruti de première : hors de question de payer un timbre, gaspiller un livre voire même d'être remarqué par un si malsain personnage.

(me suis permis une petite blague à l'encontre de la nana du Figaro : comme dédicace, je lui ai mis "Ce livre est échangeable contre sa somme en nature chez Gibert, dans les dix jours suivant son envoi", et j'ai mis un coup de tampon officiel de l'éditeur !)

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Vu deux excellents reportages (enregistrés en deuxième partie de soirée, quel dommage de passer si tard de si belles choses) sur la Collaboration et j'avais complètement oublié cette fuite à Sigmaringen. Me suis souvenu que Céline en avait tiré un ouvrage dont on disait le plus grand bien, tant il était cruel et drôle. Commandé ce matin. Me suis souvenu de ce compagnon de classe, dont je parlais ici sous le pseudo Aymeric :
"Ce que j’aimais aussi chez lui, c’était son sens des valeurs un peu désuets, un peu troisième quatrième république chapeau haut de forme, personnel de maison et chef de famille, dame patronnesse (carrément siècle des lumières en vrai si je réfléchis vraiment à ce que j’écris, la république devait lui faire horreur) car je n’en avais pas tellement à l’époque, moi, des valeurs.
Je me cherchais un peu beaucoup, et je ne parle pas de sexe, ça, ça faisait longtemps que j’avais fait le point dessus, non, je parlais de toutes ces choses que mes parents, faute de temps ou d’envie, n’avaient pu m’inculquer. Ce que je devais penser de la mort, de l’amour, ce que je devais faire lors d’un cas de conscience, ce qui comptait vraiment dans une vie, qui était à respecter, qui était à honnir."
Compagnon de classe qui m'avait offert les mémoires de l'amiral Auphan, son grand-père, si je me souviens bien, car elles proposaient un tout autre point de vue que nos "ouvrages scolaires écrits par des communistes". J'avais beau avoir quinze ans, j'avais décliné l'offre. J'ai (presque) perdu de vue ce garçon, qui est devenu curé d'une paroisse fameuse, loin de Paris, je serai curieux de savoir comment il a évolué, au contact du peuple.



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