Lu ailleurs

Date 11/4/2006 12:50:00 | Sujet : Blogs

Matoo livrait hier un billet fort intéressant sur la perception par le lecteur du blog, sur les faux-semblants, sur ce qu'on devait croire ou pas devant la multiplication des témoins et des témoignages.

Besoin très contemporain de témoigner sur la toile, bien enfermé chez soi, d'aller voir l'autre mais à sa façon, calfeutré, protégé, éclairage choisi et léché, mots réfléchis, une certaine façon de se plaindre de nos villes tentaculaires.

Il me cite, entres autres, comme "blog qui fait douter" (on me traite parfois de mytho, on pense que sous mon pseudo se cachent trois rédacteurs différents, etc...) et termine de façon très fine, sur un ton mi-figue, mi-raisin.

J'ai beaucoup aimé cette note.

Et je tombe sur ce commentaire, dans les euh commentaires, qui me fait tomber de la chaise :

"Il est mortifiant mais toujours honorable de douter. En tant que lecteur, j’ai douté, tout comme toi. Puisque tu cites le blogue de Ron : je l’ai quelque temps suspecté, non quant à la véracité de ses notes, mais quant à l’existence de son bien-aimé, dit « La Marmotte ». Il fallut l’analyse textuelle d’un billet de ladite Marmotte pour me convaincre de sa réalité : cet homme était présenté par le blogue de l’Infirmier comme d’origine espagnole ; le billet (je n’en sais plus les références, peu importe) alignait une série de subjonctifs, parfois incertains, tout à fait inhabituels chez un locuteur francophone. Sachant que les Espagnols respectent strictement l’usage du subjonctif, je fus dès lors persuadé que « La Marmotte » n’était point une invention.

En revanche, je n’ai jamais douté que le « Matoo » fût un seul et même individu, fait de chair et d’os…

Les blogues, me semble-t-il (oui, me semble-t-il, car je ne suis qu’un humble lecteur), ont leur part d’imaginaire, leur part de réel, leur part de symbolique, l’une et l’autre mêlées. Celui que je commente hic et nunc en est un exemple. D’autres aussi : témoin « More is Less ». C’est, à mon sens, un art des plus nobles que d’intriquer ces trois registres. Et comment en serait-il autrement, à moins d’imposture ou de faux-semblant ?

Comment by Jean
"


La Marmotte a éclaté de rire en le lisant. J'étais plus sous le choc. Non pas qu'on puisse douter de son existence. Non, ça je m'en fiche.
Mais qu'on puisse disséquer des écrits pour en tirer une conclusion, disséquer ce qui pour nous est un quotidien, un amusement, une routine...façon "Ah t'as lu mon billet ? T'as aimé ? Ouais ? Les stats sont bonnes ? Cool ! On mange quoi ? Ah, y'a plus de lait ! On va au ciné demain ? T'as acheté la saison 6 de Seinfeld ? Tu as pas vu mes lunettes ?" , une vie normale, quoi. Pour nous. Que je livre sans trop de fioritures, ici. Parfois un peu romancée, allez, pour faire rêver un peu sur le Prince Charmant...Mais ceux qui connaissent La Marmotte en vrai savent à quel point il demeure un être charmant, fin, attentionné et prévenant. Un vrai conte de fée, si, si.


Nous étudier à la loupe (mais avec objectivité, vraisemblablement) m'a stupéfait. On est donc scruté à ce point, lorsqu'on se livre chaque matin ? Dieu du Ciel, si j'écrivais vraiment tout ce que j'ai dans la tête, je me demande quelles seraient les vraies retombées.

Jean, avec affection,

Ron (et son hilare Marmotte)



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