Marie Antoinette

Date 25/5/2006 6:00:00 | Sujet : Cinéma



Sofia C. manque encore sacrément de maturité (et de talent, qui, hélas, n’est pas héréditaire) pour faire passer les deux heures cinq de son film.
Marie Antoinette devient Lost in Versaillion.
Je n’avais pas aimé ce dernier, très démonstratif, très creux, très long.
Encore une fois, la musique souligne grassement les passages (le gros point faible de la réalisatrice qui se plante allégrement sur ses choix musicaux, décidant de fluoter ce qui méritait d’être à peine effleuré), n’est pas Baz Lurhman qui veut, désolé, non.
Certes, Kirsten Dunst sublime le personnage de cette Imelda Marcos Autrichienne, certes les décors sont beaux (encore heureux, c’est Versailles). L’éclairage est superbe et jamais l’apparat de la cour n’est apparu aussi paradoxalement creux, sous ses lustres.

Je regrette une paire de converse assez visible, un plan facile sur les dégâts commis par les révolutionnaires et une fin rapide, trop rapide, au moment où le personnage montre enfin sa grandeur d’âme. Quelques scènes longues car Sofia ne sait pas, vraiment pas, filmer l’ennui.
La mise en scène manque carrément d’originalité et d’élégance dans les scènes de foule, les scènes de bal. Dès qu’on dépasse les quatre personnes à l’écran, Sofia est perdue. Elle ne sait plus quoi faire de sa caméra. Ah, et Marianne FaithFull en impératrice, du grand n'importe quoi. Je n'y ai pas cru une seule seconde.

J’ai adoré le jeu de Kirsten Dunst, excellente actrice, la direction des autres acteurs également, au plus près de la caméra. J’ai été scotché par le casting, les costumes, l’idée d’une jeune femme ennuyée par sa vie, dépassée par des événements qu’elle affronte pourtant avec grandeur.
Adoré l’extrême précision avec laquelle Sofia nous montre le respect mutuel grandissant du Roi et de la Reine, l’utilisation du son, des bruitages, des accessoires. Les détails sont presque parfaits.

Il paraît que le film s’est fait huer à Cannes, je serai curieux de savoir pourquoi. Ce n’est pas encore la perfection de son père (j’y reviens car pour moi Coppola reste un nom qu’on ne peut galvauder) mais ça reste un très bon moment de cinéma.
***/5


Oli était là, aussi. Il est très beau, en ce moment, il est tout bronzé. D'habitude, il est juste beau comme un coeur.


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